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Ce pur produit old-school constitue une des
premières illustrations cinématographiques "modernes" de la
vie du patriote Fong Sai Yuk, lequel fut le héros de très nombreux
métrages dès les années 20. Mais, évidemment, nous connaissons
surtout les versions plus récentes de cette intrigue, comme
celles proposées par Chang Cheh dans sa saga Shaolin, celle
de Ringo Lam et Tsui Hark (LE TEMPLE DU LOTUS ROUGE) ou le diptyque
THE LEGEND OF FONK SAI YUK, réalisé par Corey Yuen Kwai avec
Jet Li au début des années 90.
PRODIGAL BOXER débute par un pari qui tourne
rapidement en affrontement. Fong Sai Yuk, jeune homme fougueux
expert en kung-fu, tue au cours de cette bagarre un rival. Le
père du combattant décédé cherche évidemment à se venger et
engage deux maîtres de kung-fu, lesquels ne sont que trop heureux
de se débarrasser de la famille Sai Yuk, coupable de se mêler
un peu trop souvent de leurs affaires louches. Après le meurtre
de son père Fong Sai Yuk réclame à son tour vengeance mais sa
mère insiste pour qu'il perfectionne ses arts martiaux durant
un an. L'entraînement commence…
Métrage kung-fu sympathique mais standard,
PRODIGAL BOXER repose largement sur les épaules d'un tout jeune
Meng Fei, artiste martial émérite ayant débuté l'année précédente
dans le classique LES CINQ DOIGTS DE LA MORT de la Shaw Brothers.
Il tient ici un rôle intéressant (qu'il reprendra quelques années
plus tard dans une suite intitulée PRODIGAL BOXER 2: SECRET
OF THE SHAOLIN POLES et en 1979 dans PRODIGAL BOXER 3) et parvient
à concilier jeu dramatique, décontraction et spontanéité juvénile.
Sans oublier des aptitudes martiales élevées régulièrement exposées
à l'écran.
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Les combats, relativement nombreux, ne sont
pourtant pas tous d'une exceptionnelle qualité et l'on constate,
comme souvent dans les productions à petit budget de cette époque,
que les "stars" possèdent un niveau impressionnant alors que
les figurants se révèlent juste passables et tombent rapidement
sous les coups, sans pouvoir réellement lutter. Dommage aussi
que le final soit un peu décevant. Après s'être fait copieusement
rosser à deux reprises par les méchants Iron Fist et Iron Legs,
notre héros les bat bien trop facilement durant le duel final
avant de défaire le chef en quelques secondes. L'aspect non
conventionnel de ce final réside cependant par sa localisation
sur une sorte de ring devant un public et par le fait que Fong
Sai Yuk ne tue aucun de ses adversaires: le premier fait une
mauvaise chute, le second est empalé par un bout de bois et
le dernier meurt lors de l'écroulement du "ring".
Le film prend un certain temps pour poser son
intrigue, même si celle-ci est assez rudimentaire, et adopte
un rythme assez lent, s'attardant quelque peu sur la vie quotidienne
des personnages plutôt que d'enchaîner uniquement les combats
et les séquences d'entraînement. Notons aussi que la jeune femme
censée être la mère du héros est bien trop jeune et jolie pour
le rôle mais on ne s'en plaindra pas vraiment même si la vraisemblance
en prend un coup.
La mise en scène, pour sa part, est très classique
et use parfois du ralenti ou même du split-screen, sans oublier
quelques effets typiques des seventies comme les écrans noirs
sur lesquels coulent du sang. Rien de transcendant mais une
certaine volonté de soigner un minimum le boulot, également
perceptible via des "productions values" certes réduites mais
qui ne donnent pas dans le misérabilisme pour autant. Les costumes
et décors sont ainsi supérieurs à la moyenne du genre et la
photographie est souvent belle, certains plans possèdent même
une vraie recherche qui les porte bien au-dessus de la concurrence.
PRODIGAL BOXER est donc un kung fu très traditionnel,
globalement sérieux (l'humour y est rare) qui joue à la fois
la carte dramatique et celle des combats, aboutissant à une
œuvre divertissante qui sort du lot par le soin apporté à sa
réalisation.
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