PRISON ON FIRE

Titre:  
ou:  
Réalisateur: Ringo Lam
Interprètes: Chow Yuen Fat

 

Tony Leung Ka Fai
Roy Cheung
Tommy Wong
William Ho
Victor Hon
Frankie Ng
Année: 1987
Genre: Drame
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: Prison on Fire 2

75 %

Résumé:

Lors d'une agression Ka-Yiu défend son père et provoque accidentellement la mort d'un voyou. Il échoue dans un univers inconnu pour lui, celui de la prison, et doit lutter pour sa vie, avec l'aide de Ching, un prisonnier qui aime jouer au clown.

Critique:

Le film de prison est un genre codifié qui puise à la fois dans le drame social et le récit policier, si ce n'est dans le thriller d'action. La plupart des titres du genre suivent une voie immuable (amitié naissante entre détenu, démêlées avec les chefs de gangs, tentative de viol dans les douches, persécutions menées par un maton sadique, etc.) qui aboutit généralement, lors du climax, à une tentative d'évasion spectaculaire, comme par exemple dans les chef d'œuvres du genre, Midnight Express et The Shawshank Redemption.

Ici, Ringo Lam suit une autre direction et c'est tout à son honneur. Pas d'évasion finale, pas de coup de théâtre, pas de véritable suspense au sens strict du terme, juste le quotidien d'une poignée de détenus. L'un se nomme Ka-Yiu (Tony Leung). C'est un type ordinaire, qui ne pensait sans doute jamais se retrouver derrière les barreaux.

Lors d'une agression, il défend son père roué de coups par des voyous. Il les poursuit et pousse l'un d'eux sous les roues d'un véhicule. Il écope de trois ans de prison et échoue dans un univers dur, violent et humiliant, régi par des règles implicites qu'il ne connaît et ne comprend pas. Une seule idée le fait tenir le coup: sa petite amie l'attend dehors. Mais va-t-elle l'attendre aussi longtemps?

L'autre est Ching (Chow Yuen Fat), un homme qui purge une longue peine et préfère prendre les choses de manière distanciée. Il semble perpétuellement en représentation et joue au clown pour oublier sa femme décédée. Son fils grandit dehors, sans vraiment le connaître autrement que lors des brèves visites. Incidemment, cette manière de vivre "à la légère" lui épargne sans doute bien des ennuis puisque les autres prisonniers, pour la plupart membres des triades, le laisse relativement en paix.

Et, comme souvent, ce sont les puissants qui pactisent et les faibles qui trinquent. Micky, le "chef" du pénitencier, va ainsi se placer aux cotés d'un des matons, Hung (Roy Cheung) et imaginer un stratagème pour se tirer d'un mauvais pas. Ka Yiu est alors accusé de traîtrise au profit des gardiens, le pire crime possible dans cette société cloisonnée. Ka Yiu va devoir compter sur Ching pour espérer survivre dans cet environnement hostile.

Ce qui intéresse surtout Ringo Lam ce sont les rapports qui se tissent entre les différents protagoniste de cette société en miniature. Prison On Fire est donc avant tout un drame humain réaliste, sans effets spectaculaires, qui s'achemine vers une conclusion brutale et rageuse. Dans le dernier quart d'heure, la violence sourde éclate finalement de manière sauvage et sanglante.

La mise en scène est efficace quoique assez neutre, à l'image de la photo, conférant au métrage une atmosphère sèche véritablement réussie.

Servi par une interprétation adéquate (tout en retenue pour Tony Leung, légèrement cabotine pour Chow Yun Fat, au bord de la rupture pour Roy Cheung), Prison On Fire mérite largement une vision attentive.