PHONE

Titre: Phone
ou:  
Réalisateur: Lee Yu Jin
Interprètes: Ha Ji Won

 

Kim Yu Mi
Choi Wu Je
Eun Seo Wu
 
 
Année: 2002
Genre: Epouvante
Pays: Corée
Editeur HK Video
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Une jeune femme reçoit de mystérieux coups de téléphone sur son portable qu'elle attribue à un maniaque. Lorsque sa jeune nièce répond à un de ces appels, son comportement change dramatiquement. Effectuant son enquête, la jeune femme découvre que toutes les personnes ayant précédemment possédé son numéro de mobile sont décédées dans des circonstances mystérieuses.

 

Critique:

Voici un nouvel exemple de fantastique coréen de bon niveau. Certes on peut reprocher au film d'emprunter des sentiers déjà balisés par "Ring", "The Eye" ou la trilogie "Whispering Corridors" (dont on connait ici le second volet, à savoir "Memento Mori") mais le film possède ses propres qualités. Et ses défauts.

Il commence très fort par une efficace scène d'angoisse dans un ascenseur mais l'épouvante constitue davantage un moyen qu'une fin pour le cinéaste et "Phone" s'éloigne rapidement de cette volonté frissonnante pour privilégier le drame intimiste.

Les personnages sont efficacement croqués, en soulignant des détails inhabituels dans le cinéma de genre, comme l'impossibilité pour une des protagonistes d'enfanter et son recours désespéré à une mère porteuse. Ou encore l'attirance très oedipienne d'une fillette pour son père. Comme souvent dans le fantastique asiatique récent, la clé de l'intrigue réside dans une sordide histoire d'adultère.

Le scénario n'est donc pas particulièrement original mais il fourmille de détails intéressants et s'appuie sur une narration éclatée qui multiplie les flash-back et les sous-intrigues. Au risque de perdre le public, surtout dans son second tiers où l'intérêt retombe parfois.

Le spectateur doit donc s'accrocher pour suivre les non-dits, ellipses et allusions du script, ce qui peut désorienter les habitués des productions américaines linéaires dans lesquelles chaque élément important est souligné à gros traits, voire répété ad nauseam.

Le final retrouve - enfin! dirons certains - une atmosphère plus tendue et recèle de belles idées poético-horrifiques comme ce cadavre emmuré dont les cheveux ont continués de pousser jusqu'à former une sorte de toile d'araignée au centre de laquelle se trouve un...téléphone portable encore fonctionnel.

Voici donc une production intéressante mais inégale - un peu languissante parfois - servie par une réalisation efficace dénuée d'esbrouffes superflues. Par contre, on louera les qualités d'interprétation de la distribution et particulièrement de la très jeune Eun Seo Wu, laquelle livre une prestation absolument tétanisante.

On imagine difficilement un réalisateur occidental proposer à une actrice aussi jeune (on lui donne environ 7 ans) un pareil rôle sans songer au traumatisme possible sur son développement futur. Sans le moindre effet spécial et en usant uniquement de son talent, Eun Seo Wu livre tout simplement la performance la plus hallucinante qu'il m'ait été donné de voir sur le thème de la possession.

En résumé, une bonne approche d'un fantastique original qui se réfère à une mythologie différente, possède ses propres clichés horrifiques et bénéficie d'une narration complexe (parfois trop) et d'acteurs (enfin surtout d'actrices!) excellents. Bonne surprise!