PHANTOM THE SUBMARINE

Titre: Phantom the Submarine
ou:  
Réalisateur: MIN Byeong-Cheon
Interprètes: CHOI Min-Su

 

JEONG Wu-Seong
YUN Ju-Sang
SON Byeong-ho
SEOL Gyeong-Gu
 
 
Année: 1999
Genre: Guerre / Thriller
Pays: Corée
Editeur Asian Star
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

Le premier sous-marin nucléaire coréen, dont l'équipage est uniquement composé de marins supposés morts, est détourné par un officier devenu fou, décidé à se venger du Japon en déclenchant l'apocalypse nucléaire.

Critique:

PHANTOM THE SUBMARINE est un thriller d'anticipation coréen se déroulant presque exclusivement dans un sous-marin nucléaire. Un militaire condamné à mort est "exécuté" aux yeux du monde et envoyé dans le Phantom, le premier sous-marin nucléaire coréen. Rapidement il va se heurter à des mutins bien décidés à utiliser les missiles…

Sous-genre du film de guerre, le thriller aquatique en huis clos a donné lieu à quelques bons films récents, en particulier A LA POURSUITE D'OCTOBRE ROUGE et USS ALABAMA. Il est évident que les Coréens s'inspirent beaucoup de ces deux titres pour concocter un scénario sympathique mais pas vraiment original, qui se laisse regarder avec plaisir mais manque un peu de nerf ou de l'une ou l'autre surprise pour maintenir l'intérêt durant toute la projection.

Au niveau des séquences chocs citons celle au cours de laquelle un marin avale la clé qui permettrait au commandant du Phantom de déclencher l'apocalypse nucléaire. Le commandant décide alors d'anesthésier l'homme et de lui extirper la clé du ventre. Mais, pressé par le temps et menacé par un sous-marin nippon, les marins coréens décident d'éventrer purement et simplement leur camarade récalcitrant. La violence méchante se taille ainsi quelques séquences bien brutales durant la projection et cela donne à ce PHANTOM THE SUBMARINE un petit côté barbare et divertissant pas désagréable.

Tout le métrage est soigné (interprétation, photo, montage) mais sans vraiment s'élever au-dessus d'une honnête moyenne. Chacun accomplit son boulot avec application mais sans vraiment s'impliquer. Min Byeong-Cheon s'en sort pour sa part avec une mise en scène très tendance, typique des blockbusters coréens récents. Utilisation d'effets visuels, esbroufe, ralentis et ficelles directement héritées d'un Tony Scott en méforme ou d'un clip. Ce n'est pas mal fichu mais le spectateur commence à avoir l'habitude de ce genre de réalisation très mode qui sacrifie pas mal la dramaturgie à l'autel du "plein la vue". Néanmoins, cette manière de filmer passe assez bien et n'est pas vraiment gênante.

Le film souffre également d'un budget insuffisant en regard des ambitions, qui se traduit surtout par quelques effets spéciaux tout juste passables. La musique (pas mal emphatique et un peu clichée elle aussi) et le gros son viennent, heureusement, dynamiter un peu l'ensemble mais il faut également avouer que le métrage n'est pas vraiment crédible. Le personnage du commandant est esquissé à gros traits et sa folie est immédiatement évidente au point qu'il est difficile de croire que l'équipage va continuer à le suivre et à lui obéir. Seule la dernière partie nuance un peu le propos mais ne parvient pas toujours à convaincre pour autant.

Le petit sous texte politique (revanche envers les Japonais), lui, est assez peu exploité mais donne lieu à certains dialogues un peu philosophiques parfois réussis mais qui apparaissent aussi un peu artificiels. Trop écrits sans doute ils ne parviennent pas vraiment à convaincre dans le contexte de stress permanent et d'apocalypse planétaire annoncée.

Reste un final surprenant qui s'éloigne radicalement des conventions du "everybody loves a happy ending" à la ricaine, permettant de conclure la projection sur une note finalement positive. En résumé, PHANTOM THE SUBMARINE est un très honnête thriller qui sait tenir en haleine le spectateur malgré l'une ou l'autre baisse de régime.

Sans être le "meilleur film de sous-marin depuis A LA POURSUITE D'OCTOBRE ROUGE" comme le prétend un peu pompeusement Dionnet (et ABIMES tu l'oublie?) l'ensemble assure son rôle de divertissement relativement intelligent un peu plus profond (ouh, elle est facile celle-là) que la moyenne des blockbusters.

Donc, pourquoi pas?