OPERATION SCORPIO

Titre: Palette
ou: Jie zi zhan shi
ou: The Scorpion King
Réalisateur: David Lai
Interprètes: Chin Kar-lok

 

Liu Chia Liang
Frankie Chin (Sonny le Scorpion)
 
 
 
Année: 1990
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Hong Kong
Editeur HK Legend
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

75%

Résumé:

Un jeune homme néglige ses études au profit de sa passion: le dessin. Frêle et mal dans sa peau, il se rêve en défenseur des opprimés. Exclu de l'université, il est contraint de travailler dans un restaurant mais s'intègre également à une école de culturisme.

 

Critique:

On connaît surtout David Lai pour un Wu Xia Pian fantaisiste plutôt agréable, le fameux "Saviour Of The Soul". Mais l'homme n'est pas vraiment un génie de la mise en scène et la première séquence de cet "Operation Scorpio" laisse craindre le pire. Le spectateur est plongé dans une sorte de caricature délirante et mal filmée qui pâtit d'effets visuels désastreux. De mauvais augure!

Et puis, surprise, le héros se réveille: ce début bâclé était volontaire et, par la suite, le film trouvera un style nettement plus honorable. Certes, nous sommes devant un produit commercial et roublard mais on accroche rapidement à l'intrigue, fut-elle prévisible et banale. On retrouve en fait le charme naïf des kung-fu comedy du début des eighties avec leurs éléments indispensables: un vieux maître qui a renoncé à se battre, un élève dissipé, un méchant aux aptitudes exceptionnelles, des entraînements difficiles, etc.

Ce schéma fut longtemps illustré par Liu Chia-liang ("Shaolin contre Ninja", "Dirty Ho", "Martial Club", "Challenge of the Masters", "La 36eme Chambre de Shaolin", etc.) et il n'est guère étonnant de le retrouver ici au poste d'acteur et de chorégraphe. Parlons donc de l'aspect martial du film, absolument monstrueux. Il est, tout d'abord, envisagé comme un mode de vie et non un simple sport.

A l'image du médecin Wong Fei Hong dans les films de Yuen Woo Ping, le cuistot ancien tueur des Triades, est un pratiquant du kung-fu dans le plein sens du terme. Chacun de ses gestes respire la noblesse, la précision, la puissance.

Préparer un repas, découper des légumes ou nettoyer un wok sont donc des instants où s'expriment le kung-fu, autant sinon plus que lors des combats. A l'image du héros de "Karaté Kid" ("frotter!, lustrer!, recommencer!"), ou du disciple récalcitrant coincé sur son échafaudage dans "Retour à la 36eme Chambre de Shaolin" (de Liu Chi-liang, justement!), le jeune aspirant apprend l'art martial sans s'en rendre compte. Il découvrira aussi que le muscle n'est pas tout puisque le bodybuildé culturiste sera incapable de défaire le redoutable Sonny Scorpion. Une belle opposition entre force et souplesse qui débouche sur un combat titanesque. Frankie Chin, acteur rare plus souvent directeur de combat, livre ici des pirouettes démentielles qui élèvent les affrontements vers des sommets rarement atteints.

En utilisant la technique peu courante (et graphiquement splendide) du Scorpion, il se montre bien plus convainquant que le méchant des "Cinq Venins Mortels" de Chang Cheh. Chacune de ses apparitions repousse les limites de ce qu'un humain peut accomplir en terme de prouesses physiques.

Un véritable bonheur qui culmine lors du duel final - MONSTRUEUX! - au cours duquel notre valeureux héros aura recours à toutes ses ressources (y compris son imagination et ses dessins) pour vaincre cet adversaire hallucinant de sauvagerie. Malgré une mise en scène pas toujours inspirée et des passages à l'esthétique un peu faible (éclairage coloré, mouvements de caméra hasardeux, décors cheap et visuel très téléfilm), cette "Opération Scorpio" demeure une belle réussite de la comédie kung-fu. Rythmée, drôle, enlevée et souvent soufflante, bref: à voir!