ONG BAK

Titre: Muay Thai Warrior
ou:  
Réalisateur: Prachya Pinkaew
Interprètes: Panom Yeerum, dit Tony Jaa

 

Petchtai Wongkamlao
Pumwaree Yodkamol
Suchao Pongwilai
Chatthapong Pantanaunkul
 

                      
                      
                      
                      
Année: 2002
Genre: Baston
Pays: Thailance
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Pour récupérer la tête du Bouddha sacré de son village, un jeune homme part à Bangkok et tombe dans l'enfer des combats clandestin de Muay Thai.

 

Critique:

Tous les dix ans se lève un artiste martial qui repousse les limites de ce qu'un homme peut accomplir avec son corps. Bruce Lee. Jackie Chan. Jet Li. Et maintenant Tony Jaa. Jamais personne n'a été aussi loin dans les cascades démentielles et les combats hallucinants. Une machine humaine. Un effet spécial vivant!

Mais ses cascadeurs ne sont pas en reste non, eux non plus: ils supportent des coups à tuer des éléphants. Coup au visage sur un type qui roule en moto. Double coups de genoux sur un méchant qui traverse le plancher sous le choc. Chute de dix mètres sans tapis ni trucages. Coup de coude d'une monstrueuse puissance. Hallucinant! Sans avoir la grâce aérienne du kung-fu, les combats de Muay Thai présentés ici sont d'une brutalité inégalée.
Trois scènes, surtout, se détachent: dans la première Tony Jaa montre ses capacités et enchaîne les acrobaties dingues (passage dans un cerceau de barbelé entre autres).

La seconde consiste en une course poursuite en Tuk Tuk particulièrement démente. C'est simple, on n'avait pas vu de cascades plus incroyables depuis "Police Story" il y a vingt ans!

La dernière est un long affrontement, en hommage, à Bruce Lee, qui se termine par un combat final à vingt contre un absolument barbare.

Est-ce à dire que "Ong Bak" est un chef d'oeuvre? Non, hélas. Hors des scènes d'action, le film est creux et sans grand intérêt. L'interprétation, elle, est pénible: Tony Jaa manque de charisme et garde un visage figé. Son co-équipier, lui, mérite des baffes tant il est crispant dans son numéro de side-kick comique.

La mise en scène, pour sa part, sert la vedette dans ses démonstrations mais peine à exister en dehors de ça. Quant aux ralentis et scènes montrées sous tous les angles, elles tiennent davantage de la promotion que d'une réalisation véritablement efficace. C'est même un peu pénible. Le cinéaste désire prouver que les acteurs ne sont pas doublés, d'accord, mais cette louable volonté confine à l'esbroufe et s'avère préjudiciable à l'efficacité du métrage.

Bref, la psychologie des personnages est minimale, l'intrigue invraisemblable et le fond historique / culturel thaï à peine évoqué. Seules les prouesses martiales retiennent l'attention du spectateur et celui-ci éprouve un peu la même sensation que devant un porno extrême: l'envie de se repasser les prouesses physiques des soi-disant acteurs en accélérant ce qui les entoure.

La première demi-heure de "Ong Bak" est, à ce titre, poussive et ennuyeuse. De plus, l'humour est quasi absent et les rares tentatives dans ce domaine peu convaincantes.

Néanmoins, la puissance de Tony Jaa est suffisante pour que le spectateur écarquille les yeux une dizaine de fois (au moins) en se disant "ce type est fou, comment peut-il faire ça?".

NOTE:
Cette critique concerne la version thaïe originale et non le remontage européen de Luc Besson. Sont donc présentes les scènes de transition (en particulier les relations entre la jeune droguée et sa soeur), le montage initial des séquences d'action et la musique électro ou traditionnelle. Ne pas devoir subir les beat hip hop de la version Besson - une vraie Tragédie! - est déjà un bonheur en soit!