LA VENGEANCE DE L'HOMME A UN SEUL BRAS

Titre: The One Armed Swordsman Vs The Nine Killers
ou: Du bi quan wang
Réalisateur: Chang Wang Chi
Interprètes: Jimmy Wang Yu

 

Lo Lieh
 
 
 
 
 
Année: 1976
Genre: Kung Fu
Pays: Taiwan
Editeur Kung Fu Classics
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

55 %

Résumé:

 

 

 

Critique:

Jimmy Wang Yu a bâti toute sa carrière sur le personnage emblématique du Sabreur Manchot, qu'il incarna une demi-douzaine de fois à partir de One Armed Swordsman. Il en livra également une déclinaison avec le Boxeur Manchot qu'il joua deux fois.

Dans le métrage qui nous occupe, Wang Yu synthétise en quelque sorte ces deux héros charismatiques puisque si le titre fait référence à un épéiste, l'acteur n'utilisera jamais la moindre épée. Déconcertant. Au niveau du scénario, pas grand-chose à dire. Wang Yu se promène, rencontre quelques personnes et sa bagarre. Il défie ainsi un maître au Xiangqi (les échecs chinois) et triomphe. Pour éviter le déshonneur, le vieillard se suicide. Il sauve également une belle demoiselle attachée sur le sol par un méchant désireux de la rendre plus docile. Un peu plus tard notre manchot va affronter un type armé d'une ridicule épée longue de près de deux mètres.

Les combats se succèdent donc de manière routinière et aucun ne brillent franchement, quoiqu'ils soient d'un niveau acceptable; sans plus ni moins.

Au final, nous avons droit à un petit coup de théâtre lorsque le Manchot se fait trancher le bras par le méchant. Vous l'avez deviné, il n'était pas manchot en réalité. Pourquoi ne pas se servir de ses deux bras en ce cas? Aucune idée, apparemment, ce final est juste un gimmick un peu idiot. Comme dans la plupart des films mettant en scène Wang Yu, les dernières images sont sanglantes et dramatiques à souhait. Pourtant, le spectateur éprouve quelques difficultés à s'intéresser réellement à ce qui s'apparente un peu trop à une simple (et un brin lassante) succession de duels martiaux.

Esthétiquement l'ensemble est assez pauvre: décors naturels (comprenez les sempiternels champs et forêt, une ou deux maisons et pas grand-chose d'autre), la photo est terne, la réalisation sans génie et le montage parfois hasardeux.

Tempérons toutefois ces propos tant la qualité déplorable du DVD proposé rend difficile une critique objective. Le film saute souvent, certains plans semblent avoir disparus, l'image est sous-exposée et la durée réduite (74 minutes) laissent penser que des passages entiers ont été sabrés, eux aussi. Quand au doublage anglais il est abominable: pas de synchronisation entre les mouvements des lèvres et les répliques échangées et des dialogues affligeants. Seule consolation: ils sont aisément compréhensibles pour les non-anglophones.

Tourné à une époque où Wang Yu avait des problèmes judiciaires sérieux (un meurtre sur les bras quand même!) et où l'étoile de la star avait totalement perdu son éclat, cet enième aventure du Sabreur Manchot constitue une simple curiosité. Pas vraiment désagréable mais sans grand intérêt, le résultat ne retrouve jamais la flamboyante violence des précédents films mettant en scène ce héros ambigu. Il s'agit donc, en résumé, d'un kung-fu pian banal et noyé dans la masse des productions à petit budget de cette époque.