LE BRAS ARME DE WANG YU CONTRE LA GUILLOTINE VOLANTE

Titre: Du bi quan wang da po xue di zi
ou: The One Armed Boxer 2
ou: The One Armed Boxer Vs The Flying Guillotine
ou: Master of The Flying Guillotine
Réalisateur: Jimmy Wang Yu
Interprètes: Jimmy Wang Yu ( Le Boxeur Manchot)

 

Kam Kang ( Fung Sheng Wu Chi)
Fei Lung ( Yakuma Jiro)
Chung-erh Lung ( Wu Xaio Die)
Liu Chia Yung( Le Maître Yoga)
Lung Wang ( Yakuma)
Année: 1975
Genre: kung-fu
Pays: Taiwan
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *

75%

Résumé:

Un boxeur manchot affronte un redoutable maître de kung-fu muni d'une guillotine volante! Ce dernier cherche à venger ses disciples jadis assassinés par le manchot

Critique:

En 1971, Jimmy Wang Yu avait tenté d'imposer son personnage de boxeur manchot dans un "One Armed Boxer" des plus délirants qui marchait sur les traces du "One Armed Swordman" de Chang Cheh, déjà incarné par l'acteur.

Le film - qui a surement fait vendre beaucoup d'herbe magique tant il apparait délicieusement "autre" - fut un échec, ce qui n'empêcha pas Wang Yu de signer cette suite alors qu'il se trouve à Taïwan. Les deux lamas du premiers volets vont donc être vengés par un type armé d'un gadget meurtrier destiné à décapiter ses adversaires.

Ce n'est pas la première fois que cette arme apparait puisque Ho Meng Hua avait déjà signé "The Flying Guillotine" (qui connut également deux suites). Mais revenont à notre Boxeur Manchot dont Liu Chia-Liang (si!) va chorégraphier les combats alors qu'il officie parallèlement sur la série Shaolin réaliséz par Chang Cheh.

Que retenir de ce film? Il est à coup sûr devenu culte: Quentin Tarentino l'adore, les fans sont nombreux, les articles parfois totalement dythirambique (voir Pierre Patin et sa rubrique bis dans un très vieux Mad Movies des eighties) et on trouve même un groupe punk nommé From First To Last ayant pondu un morceau intitulé "The One Armed Boxer Vs The Flying Guillotine". Apparemment les amateurs ne manquent pas. Il est vrai qu'il s'agit d'un des kung-fu pian les plus déjantés de l'histoire du cinéma.

La musique va d'un hard-rock ringard à des compositions de synthé très kitsch, les dialogues fumeux (les scénaristes n'avaient surement pas de petits problèmes dans leur plantation, eux!) reculent très loin les limites de la bêtise et les techniques de combat sont totalement absurdes. N'oublions pas quelques scènes de fight hallucinantes, des passages surréalistes (qui peut expliquer pourquoi le méchant vieillard fait pivoter sa tête comme la possédée de "L'Exorciste", einh?), des décors variés et, bien sûr, un tournoi central où chacun se tape dessus. Les combats homériques s'enchaînent alors durant près d'une demi heure.Et les techniques utilisées ont de quoi surprendre, y compris les habitués du kung fu bis. On trouve donc un indien capable d'allonger ses bras de plusieurs mètres et qui lance un hibou en guise d'arme mortelle (!), un aveugle qui utilise tantôt la fameuse guillotine volante, tantôt des grenades, etc. Jimmy Wang Yu lui-même nous régale en marchant en équilibre sur un panier d'osier avant de carrément marcher au plafond (il retient sa respiration pour être plus léger!).

On constate aussi que plusieurs séquences débutent de manière tout à fait traditionnelle pour basculer soudain dans le franc n'importe quoi, comme si Wang Yu voulait absolument étonner le spectateur, au risque de filmer au petit bonheur les passages les plus improbables.Citons aussi cet interminable passage où le maitre aveugle reçoit une planche de bois gravée d'un seul caractère (un seul!) avant qu'une voix off ne nous explique le caractère en question style "lorsque vous recevrez ça nous serons morts de la main d'un boxeur manchot et nous espérons que vous saurez nous venger et bla bla bla". Du pur délire, sans compter que l'aveugle détruit ensuite sa maison à coup d'explosifs, comme ça, pour le plaisir gratuit de faire des explosions à l'écran!

Autre moment important: la mort atroce du thailandais, piégé par Wang Yu dans une pièce au sol brulant alors qu'il ne se bat pied nu. Il fallait oser, d'autant que Wang Yu lui même quitte la cabane en piteux état mais plonge aussitôt ces petits petons dans l'eau froide. Trop drôle!

Et, finalement, il reste le monstreux (et débile) final dans lequel Wang Yu se suspend au plafond d'une fabrique de cercueil et balance des petites pierres pour rendre fou le combatatnt aveugle, lequel déclenche une série de pièges mortels et se prends une volée de hache dissimulées!

Objectivement, l'ensemble parait naze et mal foutu mais rarement aura t'on pris un tel panard devant une série Z. De la musique pompée de ci de là aux combats mollassons mais impayables en passant par le jeu complètement caricatural du casting au complet, ce Bras Armés'avère irrésistible.

Un vrai bonheur pour les fans de curiosités excessives et déconnantes. Les autres s'abstiendront.