ONE NITE IN MONGKOK

Titre:  
ou: One Nite In Mongkok
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Daniel Wu

 

Cecilia Cheung
Alex Fong
Chin Kar Lok
Ken Wong
 
 
Année: 2004
Genre: Polar / action
Pays: Hong Kong
Editeur Asian Star
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

La police tente d'arrêter deux chefs de Triades et un tueur à gages décidé à tuer l'un des deux, engagé par le petit voyou minable Liu, un trafiquant de GSM. Elle monte la dangereuse opération "One Nite In Mongkok" tandis que l'assassin débutant, Lai Fu, se lie avec une prostituée décidée à décrocher, Dan Dan. La nuit sera longue et violente dans le quartier le plus peuplé du monde, avec ses innombrables gangs, bordels, restos, bars plus ou moins louches, etc.

Critique:

Le retour en grâce du polar, suite aux succès des productions Milky Way et surtout de la trilogie INFERNAL AFFAIRS, permit - au début des années 2000 - la mise en route d'une poignée de titres efficaces comme ce ONE NITE IN MONGKOK signé de l'ancien acteur de la Shaw Brothers Derek Yee, reconverti depuis le milieu des années 80 dans le cinéma engagé. Ces réalisations les plus fameuses sont sans doute VIVA EROTICA et C'EST LA VIE MON CHERI.

ONE NITE IN MONGKOK utilise à bon escient une mise en scène nerveuse, avec une photographie soignée et un montage rythmé (en dépit d'une durée de près de deux heures), Derek Yee se conformant aux normes des neo-polars hongkongais. Heureusement il évite l'écueil de sacrifier le fond à la forme, aussi travaillée que soit cette dernière.

Les séquences d'action - même si elles ne constituent pas l'élément le plus important de ce ONE NITE IN MONGKOK - sont variées, efficaces et relativement nombreuses, donnant au métrage un véritable tonus et une tension permanente capable de maintenir l'intérêt. Utilisant la caméra à l'épaule et un style de réalisation très cru, qui colle aux basques des personnages à la manière d'un documentaire en temps de guerre, Yee plonge au cœur de la violence, avec réalisme mais sans complaisance déplacée, sans jamais chercher à la rendre esthétique ou agréable.

Si il ne néglige pas l'action et la violence, Derek Yee se montre fort attaché à ses divers personnages et brosse une série de portraits convaincants, de l'apprenti tueur à gages au flic intègre mais humain en passant par les gangsters et l'inévitable prostituée au grand cœur. Des archétypes du polar mais qui sont, pour une fois, aussi attachants que crédibles. Daniel Wu incarne avec beaucoup de talent l'apprenti assassin et Cecilia Cheung se montre tout aussi touchante dans son rôle de prostituée / femme battue à la fois sympathique, reconnaissante et intéressée. Lam Suet, pour sa part, joue le rôle d'un petit truand complètement minable et lâche, un simple trafiquant de téléphones portables entraîné dans une véritable guerre des gangs. Une belle galerie.

De plus, Yee ne se contente pas d'un divertissement "anodin" et se permet l'une ou l'autre réflexion, souligne les difficultés de la vie dans le Hong Kong post-rétrocession mais aussi l'attrait que l'ex-colonie continue d'exercer sur les natifs de Chine Populaire.

Inscrit dans la tradition du polar mais mâtiné de thriller, d'action, de drame et même de considérations sociales, ONE NITE IN MONGKOK est un vrai film noir "hard boiled" et désespéré qui prend le spectateur aux tripes pour ne pas le lâcher, en dépit d'un côté prévisible et d'une fin attendue. Car la réussite se situe bien davantage au niveau des multiples sous-intrigues que dans la trâme générale, il est vrai assez peu originale. Quoiqu'il en soit, l'ensemble est convaincant et s'avère une belle surprise.