| Résumé: |
La police tente d'arrêter deux chefs de Triades
et un tueur à gages décidé à tuer l'un des deux, engagé par
le petit voyou minable Liu, un trafiquant de GSM. Elle monte
la dangereuse opération "One Nite In Mongkok" tandis que l'assassin
débutant, Lai Fu, se lie avec une prostituée décidée à décrocher,
Dan Dan. La nuit sera longue et violente dans le quartier le
plus peuplé du monde, avec ses innombrables gangs, bordels,
restos, bars plus ou moins louches, etc.
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| Critique: |
Le retour en grâce du polar, suite aux succès
des productions Milky Way et surtout de la trilogie INFERNAL
AFFAIRS, permit - au début des années 2000 - la mise en route
d'une poignée de titres efficaces comme ce ONE NITE IN MONGKOK
signé de l'ancien acteur de la Shaw Brothers Derek Yee, reconverti
depuis le milieu des années 80 dans le cinéma engagé. Ces réalisations
les plus fameuses sont sans doute VIVA EROTICA et C'EST LA VIE
MON CHERI.
ONE NITE IN MONGKOK utilise à bon escient une
mise en scène nerveuse, avec une photographie soignée et un
montage rythmé (en dépit d'une durée de près de deux heures),
Derek Yee se conformant aux normes des neo-polars hongkongais.
Heureusement il évite l'écueil de sacrifier le fond à la forme,
aussi travaillée que soit cette dernière.
Les séquences d'action - même si elles ne constituent
pas l'élément le plus important de ce ONE NITE IN MONGKOK -
sont variées, efficaces et relativement nombreuses, donnant
au métrage un véritable tonus et une tension permanente capable
de maintenir l'intérêt. Utilisant la caméra à l'épaule et un
style de réalisation très cru, qui colle aux basques des personnages
à la manière d'un documentaire en temps de guerre, Yee plonge
au cœur de la violence, avec réalisme mais sans complaisance
déplacée, sans jamais chercher à la rendre esthétique ou agréable.
Si il ne néglige pas l'action et la violence,
Derek Yee se montre fort attaché à ses divers personnages et
brosse une série de portraits convaincants, de l'apprenti tueur
à gages au flic intègre mais humain en passant par les gangsters
et l'inévitable prostituée au grand cœur. Des archétypes du
polar mais qui sont, pour une fois, aussi attachants que crédibles.
Daniel Wu incarne avec beaucoup de talent l'apprenti assassin
et Cecilia Cheung se montre tout aussi touchante dans son rôle
de prostituée / femme battue à la fois sympathique, reconnaissante
et intéressée. Lam Suet, pour sa part, joue le rôle d'un petit
truand complètement minable et lâche, un simple trafiquant de
téléphones portables entraîné dans une véritable guerre des
gangs. Une belle galerie.
De plus, Yee ne se contente pas d'un divertissement
"anodin" et se permet l'une ou l'autre réflexion, souligne les
difficultés de la vie dans le Hong Kong post-rétrocession mais
aussi l'attrait que l'ex-colonie continue d'exercer sur les
natifs de Chine Populaire.
Inscrit dans la tradition du polar mais mâtiné
de thriller, d'action, de drame et même de considérations sociales,
ONE NITE IN MONGKOK est un vrai film noir "hard boiled" et désespéré
qui prend le spectateur aux tripes pour ne pas le lâcher, en
dépit d'un côté prévisible et d'une fin attendue. Car la réussite
se situe bien davantage au niveau des multiples sous-intrigues
que dans la trâme générale, il est vrai assez peu originale.
Quoiqu'il en soit, l'ensemble est convaincant et s'avère une
belle surprise.
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