LA MORT EN LIGNE

Titre: One Missed Call
ou: You've got a call
Réalisateur: Takeshi Miike
Interprètes: Koju Shibashi

 

Shinishi Tsutsumi
Kazue Fukiishi
 
 
 
 
Année: 2003
Genre: Epouvante
Pays: Japon
Editeur Metropolitan
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

Des jeunes filles reçoivent d'étranges appels sur leur portable. Ces messages viennent d'un futur proche et annoncent leur mort.

Critique:

ONE MISSED CALL vient après une série de titres mettant en scène des fantômes japonais (ou coréens) comme RING, THE GRUDGE, MEMENTO MORY, DARK WATER et THE PHONE, difficile donc d'affirmer qu'il se montre particulièrement original. Au contraire, il s'agit d'une réalisation tout à fait traditionnelle et classique ce qui, de la part d'un cinéaste aussi déjanté que Takashi Miike, peut surprendre.

L'intrigue se déroule de manière très linéaire, les personnages cherchant à découvrir l'origine d'une malédiction qui terrasse une série de jeunes après que ces derniers aient reçus un étrange appel sur leur portable. Apparemment, les coups de fils viennent de leur futur proche, ont été émis depuis leur propre mobile et annoncent l'heure de leur trépas.

Mmouais! Comme on le voit, la construction du scénario décalque complètement celui de RING, revisité par THE PHONE, un très sympathique shocker coréen qui, lui-même, constituait une sorte de remake officieux du film de Hideo Nakata. Bref, impossible d'échapper à ces références, souvent pesantes il faut bien l'avouer. L'explication du mystère réside, comme souvent, dans une enfance maltraitée et une fillette morte avant l'heure qui désire se venger. Là non plus, guère de surprise mais un traitement réussi. Miike ne cherche donc pas à innover, il se contente de filmer avec talent et efficacité un script balisé.

Les séquences angoissantes, pour leur part, sont assez rares mais elles fonctionnent plutôt bien. Miike aime placer sa caméra de manière à révéler peu à peu le fantôme, toujours tapi derrière l'héroïne et prêt à lui poser la main sur l'épaule. Cela fonctionne de manière sporadique car nous sommes aujourd'hui un peu blasé mais, avec l'aide d'une bande son stressante (peu de musique mais des effets sonore poussés qui exploitent largement les possibilités du 5.1.), le réalisateur réussit généralement à atteindre son but. Le passage le plus intéressant demeure malgré tout celui concernant l'émission de télévision au cours de laquelle une victime désignée va être "exorcisée" sans succès. Une petite mise en boîte de l'exploitation du paranormal, de la télé-réalité et de la crédulité plutôt bien ficelée. Au moins, le film fait il preuve, à ce moment, d'un minimum d'originalité.

Outre ses emprunts flagrants, le principal défaut de ONE MISSED CALL reste sans doute sa lenteur et son rythme beaucoup trop mollasson. L'ensemble aurait sûrement beaucoup gagné à se voir resserrer un tant soit peu. Avec une durée d'une heure cinquante, Miike n'évite pas quelques longueurs et l'attention (et la tension) se relâche dangereusement au point que le spectateur frise la somnolence. Dommage!

Le final, fort décevant, incohérent et à la limite du n'importe quoi, n'aide pas non plus à laisser le public sur une impression vraiment favorable. Alors certes, techniquement, il n'y a pas grand-chose à reprocher à Miike et son équipe: la photo est fort belle, la mise en scène assure le boulot et les acteurs sont convaincants. Mais tout ça parait indubitablement un peu vain. Dès le départ on sait où le film va nous mener et aucune, je dis bien aucune, surprise ne fera dévier de ses rails une intrigue beaucoup trop convenue pour passionner.

Après la trilogie nippone originelle, la version coréenne, les réinterprétations américaines et les nombreuses imitations plus ou moins inspirées, il semble grand temps que les cinéastes asiatiques trouvent de nouvelles manières d'effrayer le public sous peine de tourner complètement en rond. Quoique le succès rencontré par ONE MISSED CALL laisse songeur. Le métrage connut donc deux suites et devrait prochainement être "remaker" par les Américains.

Beaucoup d'honneurs pour un produit commercial calibré et sans grandes ambitions qui, néanmoins, se laisse voir d'un œil distrait.