UN SEUL BRAS LES TUA TOUS

Titre: Dubei Dao
ou: The One Armed Swordsman
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Jimmy WANG Yu

 

Chiao CHIAO
Ying-zi PAN
Chi-chin YANG
 
 
 
Année: 1967
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite: Le bras de la Vengeance

75%

Résumé:

Un serviteur meurt pour protéger son maître et ce dernier, en remerciement de ses services rendus, adopte l'orphelin, Fang Gang. Ce-dernier développe ses talents martiaux mais la fille du maître, amoureuse et jalouse, lui coupe le bras droit dans un accès de rage. Fang Gang trouve refuge auprès d'une belle demoiselle qui lui enseigne la technique du kung-fu de la main gauche...

 

Critique:

Ce film emblématique marque véritablement la naissance du Wu Xia Pian moderne, Chang Cheh délaissant les belles héroïnes prisés naguère (comme dans le fameux Hirondelle d'Or) pour un mâle fier et énergique.

La violence monte donc logiquement d'un cran et les lames laissent cette fois des plaies béantes et dégoulinantes de sang. Jimmy Wang Yu, alors débutant, s'impose également en véritable star avec ce rôle de sabreur manchot qu'il reprendra à maintes reprises: dans la séquelle toujours signée Chang Cheh bien sûr mais également face à Zato-Ichi ou à David Chiang (One Armed Swordsmen) ou même dans des déclinaisons abatardies (One Armed Swordsman Vs The 9 Killers, la saga du Boxeur Manchot, etc.)

Wang Yu n'est pas un véritable artiste martial mais sa posture assurée, sa manière de marcher lentement le sabre levé à l'horizontal et la conviction de son regard suffisent largement à ne pas mettre en doute sa soif de vengeance.

Au niveau des combats, ils sont nombreux, sanglants à souhaits et plutôt bien chorégraphié, entre autre par Liu Chia-liang (qui joue également un des vilains), et s'avèrent enthousiasmantes. Bien sûr ce sont des joutes à l'ancienne, sans câbles, accélérés ou trempolines mais elles passent vraiment bien. Le combat dans la maison de thé est d'ailleurs excellent, tout comme le final barbare à souhait.

Quelques longueurs sont néanmoins palpables, le métrage souffrant parfois de dialogues un peu superflu ou de passages romantiques un rien pesant. L'interprétation des deux actrices paraît aussi parfois "too much", dans le sens où ce pseudo triangle amoureux ne convaint pas vraiment. Chiao Chiao ne parvient pas toujours à faire ressentir sa douleur devant la crainte de perdre son amant (après avoir déjà perdu son père) pour des questions d'honneur et de tradition martiale. Dommage car certains dialogues sont, à ce niveau, plutôt bien pensés et éclairent d'un autre regard ces thèmes souvent abordés dans le Wu Xia Pian.

Un détail également étrange réside dans la facilité avec laquelle les méchants exterminent (c'est le mot) les membres du Clan du Sabre d'Or. Il leur suffit d'une épée-gadget et d'une dague dissimulée pour triompher de combattants pourtant émérite. Un peu facile d'autant que le "truc" ressert sans cesse et qu'aucun des chevaliers ne parvient à lui trouver une parade.

Malgrè le poids des ans, Un Seul Bras les Tua Tous demeure convaincant et ne paraît pas trop daté. Quelques séquences ont cependant vieilli: la mort du père de Wang Yu semble un peu exagérée. Quant à la manière dont le héros perd son bras, on reste un rien dubitatif devant la facilité avec laquelle la jeune demoiselle opère son forfait.

Néanmoins, la critique est facile et l'art est difficile. Une maxime qui s'applique plus que jamais à ce métrage matriciel dont l'importance fut immense sur le cinéma Wu Xia. Il connut d'ailleurs plusieurs décalques et remakes, les principaux étant Frères d'Armes (What Price Survival) et The Blade.