NO BLOOD, NO TEARS

Titre: No Blood No Tears
ou:  
Réalisateur: Seung-wan Ryoo
Interprètes: Do-yeon Jeon

 

Hye-yeong Lee
Jae-yeong Jeong
Goo Shin
 
 
 
 
Année: 2002
Genre: Action / Thriller
Pays:  
Editeur CTV
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:

75%

Résumé:

Kyong-Son, une jeune femme abandonnée par son mari, est contrainte de travailler comme chauffeur de taxi pour payer les dettes laissée par son époux envers la mafia. Elle rencontre un jour Sujin, la copine d'un petit caïd local, et les deux femmes décident de monter une arnaque afin de s'offrir une vie meilleure.

Critique:

Polar coréen plutôt bien ficelé, NO BLOOD, NO TEARS s'appuie sur une histoire complexe dans laquelle plusieurs personnages vont s'entrecroiser. Le coup monté, l'escroquerie, les trahisons et les retournements de vestes (et de situations) sont autant d'éléments inspirés des romans policiers de gare et, fatalement, des métrages qui s'en inspirent, en particulier ceux de Tarentino (PULP FICTION en tête) et Guy Ritchie.

Comme souvent dans ce type de thrillers "pulp", le film aime promener le public et le perdre dans les méandres de nombreuses sous intrigues, s'attardant sur quelques instantanés et autres tranches de vies afin d'enrichir un scénario finalement assez conventionnel. Heureusement, le cinéaste se permet de jouer de sa caméra avec une certaine maestria et, si il n'évite pas toujours le maniérisme, il confère une certaine identité - certes très "mode" et un brin artificielle à l'ensemble.

L'utilisation des effets visuels, le travail sur la photographie (ombres, filtres), les arrêts sur image, ralentis et accélérés donnent en tout cas beaucoup de rythme à un film sinon assez classique mais dont l'intrigue retrouve parfois le charme des polars américains de séries B des années 50. Le split-screen et l'ambiance confèrent en effet à NO BLOOD NO TEARS un aspect "film noir" à l'ancienne, même si l'ultra-violence est, elle, totalement ancrée dans son époque, à l'image du cynisme amoral qui sous-tend les développements du scénario. Dommage aussi que la musique électronique colle si mal avec cette atmosphère que l'on imagine bien davantage bercée de jazz langoureux ou de rock rétro.

Au niveau des personnages, le cinéaste se focalise surtout sur celui joué par Lee Hye-yeong, une chauffeuse de taxi dure à cuire mais sur le retour, marchant perpétuellement sur le fil du rasoir et oeuvrant aux limites de la légalité, avec sur le dos les taxes laissées par son mari auprès de gangsters qui ne lui donnent guère le choix: rembourser d'une manière ou d'une autre ou finir sur le trottoir. Jeon Do-yeon incarne, elle, une jeune femme battue par son copain, un truand minable, ancien boxeur jouant les gros bras pour KGB, un organisateur de combats de chiens clandestins. Les pièces sont en place pour le drame et, lorsque les deux femmes décident de s'associer pour plumer les gangsters, le carnage commence!

Très violent, voire carrément gore, NO BLOOD, NO TEARS joue également la carte des combats de rue, des bastons sanglantes, des tabassages en règles et n'hésite pas à verser dans la pure brutalité. Les coups font très mal et manquent un peu de subtilité, l'idée étant manifestement de détailler des affrontements plus "efficaces" qu'agréables à l'œil. Quelques combats sont pourtant bien plus orientés "divertissement d'action", en particuliers ceux joués - et chorégraphiés - par Jung Doo-hong qui incarne un des hommes de mains de l'affreux gangster KGB.

L'humour, pour sa part, est présent en touches subtiles ou plus bouffonnes comme la confrérie de gangsters handicapés, une idée plutôt délirante mais pas vraiment exploitée ni réellement à sa place dans un métrage globalement sérieux.

En définitive, NO BLOOD, NO TEARS constitue un bel exemple de cinéma pop-corn efficace: le scénario ménage suffisamment de twists pour maintenir l'intérêt du spectateur et l'action et la violence continuelles provoquent de véritables décharges d'adrénalines mais, en raison du réalisme et de l'immoralité du métrage, ce n'est sans doute pas le genre de film à mettre devant tous les yeux!