NINJA FINAL DUEL

Titre: Ninja The Final Duel
ou:  
Réalisateur: Robert Tai
Interprètes: Alexander Lo Rei

 

Alan Lee
Lee Yi Min
Alice Tseng
Eugène Thomas
 
 
Année: 1985
Genre: Ninja délire
Pays: Hong Kong
Editeur Kung Fu Classics
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Shaolin Dolemite

70%

Résumé:

Pour prouver la supériorité des arts martiaux japonais sur le kung-fu chinois, une escouade composée de Ninjas aux redoutables techniques décide de détruire le monastère de Shaolin.

 

Critique:

Film culte parmi les amateurs de nanars kung-fu explosif, Ninja Final Duel est un grand moment de n'importe quoi assumé. Pas la peine de s'attarder sur le scénario puisqu'il est inexistant. Pas la peine de détailler les qualités de mise en scène du film puisqu'elles sont minimales. Non, l'important, ici, ce sont les combats. Je dirais même plus les combats délirants.

Les Sept Eléments Ninjas, mené par l'impayable Alan Lee, veulent en découdre avec Shaolin et c'est parti pour de la baston frénétique!

Alan Lee est vêtu de façon extravagante: costume blanc ridicule et short. Il utilise une flûte pour soumettre ses adversaires et peut se téléporter avec des grands "pouffff" sonores.

Les techniques utilisées par l'armée ninja sont, elles, au nombre de Sept. Le coup de poing éclair d'Okinawa, le déplacement sous la terre à la vitesse de la lumière, etc.

Les plus belles aptitudes sont pourtant celles de la Water Spider Assault: les ninjas chevauchent des immenses araignées de plastiques et attaquent par les fleuves en pagayant comme des fous. Hilarant!

Les Ninjas déguisés en féroces félins munis de lames afin de grimper aux arbres sont aussi particulièrement drôles et Robert Tai n'hésite pas à user de subterfuges antédiluviens (pellicule à l'envers, escamotage à la Méliès) pour surprendre le public.

Pour combattre les infâmes guerriers de l'ombre, l'union est nécessaire entre les moines chinois (menés par Lee Yi Min), leurs homologues nippons (Alexander Lou et un clown exaspérant), le maître Noir impassible, les combattants californiens (deux idiots avec des boucles d'oreilles risibles et de superbes autocollants sur le front). Sans oublier une inconnue qui connaîtra une fin brutale.

Le duel final peut donc commencer. Il occupe toute la seconde partie du métrage, réalisé avec un budget de misère mais un enthousiasme qui palie aux nombreux défauts. Les trucages sont grossiers, les câbles visibles à bonne distance, les costumes délirants, genre "soirée travestie dans une boite gay branchée", les décors sentent le carton pâte mais le spectateur s'amuse.

Car les combats sont entraînants malgré leur chorégraphie exagérément câblées, leur coté outré et leur violence, à la fois cartoonesque et kitsch. Robert Tai les filme avec une vraie énergie et se permet des gros plans sur les muscles tendus ou les visages crispés, lorsqu'il ne s'attarde pas trente secondes sur un acteur en pleine agonie sur-jouant affreusement en crachant du ketchup.

Question rythme, le film n'ennuie pas, à condition d'accepter un postulat de base idiot et une intrigue composée uniquement de combats débiles entrecoupés de scènes à l'humour hyperlourd.

Malheureusement, on note quelques longueurs durant la première partie du métrage et dès que l'action se déroule la nuit on ne voit strictement plus rien. Des ninjas noirs dans la nuit noire sur les pierres noires, nul ne les voit! A moins qu'il ne s'agisse d'un défaut du DVD, à la photographie honteusement sous exposée, disponible pour un prix dérisoire, en version anglaise avec des sous-titres néerlandais optionnels. Mais avec une connaissance de base de la langue de Chuck Norris vous devriez comprendre les enjeux de l'intrigue.

Les trois premiers quart d'heures ne sont donc pas exempt de temps morts: une fois les Sept Eléments Ninja présenté (un grand moment!), il faut subir les épreuves à rallonges de Alexander Lou contre une bande de kung-fu fighters sans grand génie. C'est longuet et pesant.

Ensuite, heureusement, les péripéties se succèdent et le résultat oscille du fun au pénible. Les accélérés de la mise en scène sont parfois insupportables mais, généralement, ils passent bien dans le bordel ambiant et rappèlent les grandes heures de Benny Hill.

Signalons qu'il faut attendre le dernier tiers du film pour assister à la séquence attendue: le "final duel" entre les Ninja et les Shaolin.

Pourtant, on note quand même quelques idées bien démentes comme cette très belle guerrière (Alice Tseng) qui, surprise dans son bain par les méchants ninja, se bat à poil durant deux minutes avant de se confectionner un très seyant bikini en un clin d'oeil.

Citons également une utilisation de thèmes connus au mépris total des copyrights puisque l'accompagnement musical est piquée par-ci par là. On reconnaît ainsi l'intro bien connue Ghostbuster, tellement incongru que cela en devient génial.

Bref, Ninja Final Duel pâtit un peu de sa réputation de monument du nanar jouissif car il l'est sans doute un peu moins qu'espéré.

Il s'agit néanmoins d'un authentique moment de bonheur pour le fan de kung fu bis bien barré et réjouissant. Et il mérite certainement une ou deux visions, de préférence avec quelques copains, une bière et des pop-corn.