LA LEGENDE DU DRAGON ROUGE

Titre: Hong Xiguan zhi Shaolin wu zu
ou: New Legend of Shaolin
Réalisateur: Wong Jing
Interprètes: Jet Li

 

Chingmy Yau
Tse Mui
Damian Lau
Adam Cheng
Jacqueline Ng
Deannie Yip
Année: 1994
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

55%

Résumé:

Hung Hei-kwan, un jeune homme ayant suivi l'entrainement de Shaolin, survit à une attaque de son village et part sur les routes en compagnie de son jeune fils. Ils rencontrent une jolie demoiselle et sa mère, deux escrocs, qui désirent s'approprier la fortune d'un riche marchand.

 

Critique:

La Légende du Dragon rouge constitue un nouvel exemple du cinéma selon Wong Jing, lequel adapte son humour gras et burlesque aux contraintes du Kung Fu historique. Le moins que l'on puisse dire est que la sauce ne prend pas vraiment. Pourtant, la "version internationnale" a été allégée et expurgée des gags les plus lourds, réservés pour leur part aux marchés asiatiques. On n'ose donc imaginer le niveau de l'humour à l'origine. Ou plutôt si, pour avoir vu un paquet de produits estampillés Wong Jing, on l'imagine très bien!

Jet Li reprend donc un rôle de héros, guerrier solitaire (quoiqu'accompagné de son fils) en butte aux affreux Mandchous après la destruction du temple de Shaolin. Pas très novateur d'autant que le métrage vient après la trilogie Shaolin et les Fonk Sai Yuk. C'est d'ailleurs Corey Yuen Kwai qui se charge des combats, lesquels sont efficaces, aériens et bien délirants, même si l'abus de câbles risque de décourager les allergiques. L'utilisation d'un montage excessivement découpé et l'obscurité de bien des séquences ne permet pas non plus de profiter pleinement des duels martiaux. Jet Li ne semble d'ailleurs pas donner la pleine mesure de son talent et sa performance athlétique parait un cran en dessous de celle vue dans le dyptique précité consacré à Fonk Sai Yuk.

Tse Miu, lui, incarne le fils de Jet Li (comme dans My Father Is A Hero) et, du haut de sa petite dizaine d'années, est franchement impressionnant. Il nous régale régulièrement de séquences d'affrontements martiaux du plus bel effet. Quand à Chingmy Yau, elle est toujours aussi belle, sexy et innocemment provocante, accompagnée de sa maman (Deannie Yip) complètement givrée et cupide. Ce qui permet des gags bien pipi-caca-cul comme les aime Wong Jing: si certains font sourire, la plupart s'avèrent franchement navrants.

Tout cela éloigne drastiquement le spectateur de la trame initiale et substitue une comédie romantique très grasse au récit vengeur originel. Il faut attendre la dernière partie pour retrouver le vilain en chef, décidé à tuer cinq jeunes élèves de Shaolin sur le dos desquels est tatoué la carte d'un fabuleux trésor. Wong Jing tente alors de reprendre les rennes de son scénario mais semble incapable de se concentrer sur son sujet, comme si approfondir un minimum la moindre séquence risquait d'ennuyer le public. Pour éviter cet écueil, le producteur et cinéaste choisit la voie la plus facile: multiplication des sous-intrigues peu passionnantes, quiproquos dignes du Vaudeville et brusques changements de ton, passant de scènes sanglantes et deséspérées à d'autres se vautrant dans la bouffonerie la plus pénible.

On note également un coté fantastique avec un méchant invulnérable qui roule dans une sorte de machine de guerre indestructible et des combats à la lance rondement menés. Enfin, Wong Jing se permet des hommages comme ce début au cours duquel un jeune enfant doit choisir entre un jouet et une arme blanche...sans savoir que s'il choisit le jouet son père le tuera. Un décalque évident du Baby Cart japonais.

En résumé, cette Légende n'a rien de mémorable et constitue, au mieux, un divertissement sympathique. Au pire il s'agit d'une production médiocre, indulgente et sans beaucoup d'intérêt dans laquelle de nombreux talents se sont fourvoyés.