LA RAGE DU TIGRE

Titre: The New One Armed Swordsman
ou: San duk bei do
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: David Chiang

 

Ti Lung
Ku Feng
Chen Sing
Wong Ching Ho
Li Chiao
Sunny Yuen Shun -Yi
Fung Hak-On
Hsu Hsia
Année: 1971
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * * *
Erotisme: *
Suite:  

85%

Résumé:

Après une défaite lors d'un duel le chevalier Lei Lei se tranche le bras. Comprenant que son vainqueur est un personnage peu recommandable, le Sabreur Manchot décide finalement de se venger.

Critique:

LE classique ultime du Wu Xia Pian, de l'avis de beaucoup. Et il est vrai que la Rage du Tigre demeure, plus de trente ans après sa réalisation, un des chef d'œuvres du film de sabre chinois. Chang Cheh livre ici une œuvre barbare devenu culte, d'une authentique sauvagerie (quoique moins sanglante que le second volet), servie par des interprètes charismatiques et pétri d'un héroisme tel qu'il confine à la folie suicidaire.

Encore plus délirant, encore plus cruel, cet ultime épisode de la saga du Sabreur Manchot est une apothéose de violences outrancières dans laquelle chacun des héros n'hésite jamais à se précipiter dans la mort pour des questions d'honneurs ou d'amitiés. Amitiés viriles mais aux composantes homo-érotiques évidentes. Le tout baigne dans une esthétique splendide, qui va de la flamboyance des magnifiques décors de studios à la démesure des extérieurs et en particuliers de cet incroyable pont qui devint indissociable du métrage. Avec son bras tranché, David Chiang reprend le rôle d'un Sabreur Manchot autrefois dévolué à Jimmy Wang Yu. Il utilise son bras unique avec une destérité inégalable et offre aux spectateurs un final éblouissant.

Alors, oui, La Rage du Tigre reste un classique et un des plus grands films de la Shaw Brothers, même si on y retrouve, forcément, les "défauts" (mais en sont-ce vraiment?) inhérents aux productions de la firme datant de la même époque: un certain côté kitsch, une véritable naïveté dans les rapports humains, une exagération des sentiments qui confonnd parfois l'héroïsme et le masochisme, comme en témoigne la scène où David Chiang se tranche le bras. Cette mutilation étant ici volontaire, contrairement à Wang Yu qui, dans le premier volet, devenait infirme suite à une traitrise.

Le film est, surtout et avant tout, un formidable divertissement baroque, brutal, sans répit, une sorte d'ode à la camaraderie amplifiée par des combats d'une rare violence. Même si les chorégraphies sont souvent sommaires et que les interprètes sont loin d'être des acrobates accomplis, l'impressionnant déferlement gore reste jouissif

Pas la peine d'en dire plus, voici un mètre-étalon du Wu Xia Pian. Ou, pour parler clairement, un chef d'oeuvre incontournable.