NATURAL CITY

Titre: Natural City
ou:  
Réalisateur: Byung-chun Min
Interprètes: Ji-tae Yu

 

Jan-un Lee
Rin Seo
Eun-pyo Jeong
 
 

 

 

 

 

Année: 2003
Genre: drame / science-fiction
Pays: Corée
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

35 %

Résumé:

Un homme est une androïde s'aimait d'amour tendre mais la société ne pouvait les laisser vivre en paix.

Critique:

Grosse production coréenne vendue comme un film de science-fiction et d'action dans la lignée de Matrix, ce Natural City s'avère une terrible déception. Min Byung-chun se veut émouvant et intelligent, il n'est que pompeux, prétentieux et ennuyeux.

Pour son scénario, le bonhomme n'a guère été chercher loin: il s'inspire éhontément de Blade Runner et tente de retrouver l'équilibre action / émotion / réflexion du chef d'œuvre de Ridley Scott. Mais il se plante dans les grandes largeurs.

Dès le départ, le héros est amoureux de la femme cyborg Ria et cette passion n'est guère appréciée. A cette trame convenue et mal exploitée, le cinéaste ajoute de gros emprunts à l'univers de Ghost In The Shell et à d'autres classiques de la SF, cinématographiques et littéraires. Philip K. Dick doit d'ailleurs posséder ses fans en Corée tant ce Natural City semble pétri de son influence: au Blade Runner précité on ajoutera ainsi sans hésiter Total Recall et Minority Report. Le courrant cyber-punk dont Dick fut un lointain inspirateur n'est pas oublié non plus puisque les lecteurs voraces reconnaîtront des thématiques largement traitées par des auteurs majeurs comme K.W. Jeter, Bruce Sterling ou - surtout - William Gibson (dans Neuromancien et autres).

Au niveau des rares scènes d'action Min Byung-chun se tourne bien davantage vers Matrix et pompe sans vergogne son esthétique (à l'image du nettement plus sympathique Returner et du sous-estimé Equilibrium) Car, autre défaut rédhibitoire, Natural City se présente comme un blockbuster alors qu'il s'apparente bien davantage à un mauvais film d'auteur avec tous les défauts inhérents à ceux-ci: manque de profondeur et de crédibilité, rythme assoupi, coquetteries formelles inutiles et démonstratives, plans exagérément étirés, acteurs le regard vide, etc.

Lorsque le cinéaste se décide à offrir une ou deux séquences plus mouvementées il opte résolument pour une esthétique ayant fait ses preuves mais à présent éculée: demoiselle en cuir faisant des pirouettes, ralentis et bullet-time-like absolument insupportables encore aggravés par un montage hasardeux et brouillon sans doute voulu comme tel pour retranscrire la confusion de la bataille... mais complètement raté en définitive.

Avec un script aussi bancal (malgré une volonté inutile de complexifier à plaisir un récit bateau par des sous intrigues sans intérêt), une réalisation aussi plombée et des influences si énormes qu'elles finissent par phagocyter totalement le métrage, il reste bien peu à quoi s'accrocher.

On peut néanmoins reconnaître au film un certain sens visuel: la photographie est très belle, les décors plutôt réussi et l'environnement futuriste (un brin rétro) assez bien développé, avec des tonalités de couleurs étudiées. Rien de fondamentalement original avouons le mais un univers visuel plutôt convaincant servi par des effets visuels souvent très beau.

On peut se laisser prendre quelques minutes à ce livre d'images attractif mais force est de constater au final que Natural City n'engendre qu'ennui et somnolence. Certains se montrèrent pourtant indulgent, le cinéma coréen étant assez "à la mode" ces derniers temps, même si le résultat s'approche dangereusement du gros navet sans intérêt.