NAKED WEAPON

Titre: Chek Law Dak Gung
ou: Naked Killer 2
Réalisateur: Tony Ching Siu Tung
Interprètes: Maggie Q

 

Marit Thoresen
Anya
Daniel Wu
Cheng Pei Pei
 

                      
                      
                      
Année: 1992
Genre: Action Sexy / Girls With Guns
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

80%

Résumé:

Jack Shen, un agent de la CIA, enquête sur la disparition d'une quarantaine de fillettes. Celles-ci ont en fait été enlevées par Madame M qui, durant six ans, va apprendre aux jeunes filles tout les secrets du meurtre et de la séduction. Au terme de leur entraînement, elles doivent s'entretuer et seuls les meilleurs iront jusqu'au bout: devenir les tueuses les plus implacables de la planète

 

Critique:

Un pur produit de divertissement dans la lignée des meilleures catégorie 3. Ici, le redoutable scénariste et producteur Wong Jing s'est surpassé pour caser un maximum d'influences en 90 minutes. Le bonhomme s'inspire donc de "Nikita" pour l'intrigue, de "Battle Royale" pour toute la partie située sur l'île, de "Matrix" pour les combats, de "Mission Impossible 2" pour certains effets visuels, de "Code Name: Shiri" pour la romance, de son propre "Naked Killer" pour le coté violent et sexy, etc. Bref, c'est follement original!

Pourtant, le film procure un bonheur devenu rare en ces temps de cinéma formatté et poussif. D'abord, parce que les chorégraphies cablées sont impressionnantes et les actrices très belles. Tony Ching Siu Tung - qui a quant même signé des films plus prestigieux, avouons le - possède une belle maîtrise de la caméra et le prouve par une série de scènes virtuoses.

Ses chorégraphies parviennent même à faire illusion alors que les actrices n'ont aucune compétence martiale. Le principal résidé d'ailleurs dans les poses qu'elles adoptent entre chaque coup, en lançant un clin d'oeil complice au spectateur, style "tu as vu comme j'ai de beaux seins?". La beauté du mouvement est ici bien plus importante que la véritable efficacité des techniques mais qu'importe!, le réalisme n'est pas primordial.

Les fusillades sont tout aussi délirantes et irréalistes mais on ne va pas chipoter pour autant, au contraire: elles confèrent au film un ton indéniablement comic-book. Lequel excuse les pires excès sans le moindre problème. Parlons d'ailleurs de ces excès, indissociables de la Catégorie 3. Ils sont enthousiasmants mais ne donnent pas pour autant dans le malsain gratuit. Disons que le métrage parvient à être sexy et érotique sans vulgarité et sans nudité intégrale, en mettant surtout en valeur la plastique splendide des actrices. Certaines séquences peuvent quand même paraître limites pour les non-initiés, entre autres les nombreux viols collectifs, les tueries d'enfant et le saphisme branché. Niveau violence, le métrage se veut brutal mais, là non plus, Ching Siu Tung ne verse pas dans le gore pur, même si il transforme une de ses actrices (Anya) en véritable china doll dans un final surprenant. On reste donc dans la bonne (!) moyenne des catégorie 3, sans les excès écoeurant de "Run & Kill", "Raped By An Angel" ou autre "Day Without Policeman".

Parfois plombé par un comique bien lourd, le scénario ne se préoccupe aucunement de vraissemblance et aligne les pires incohérences sur un rythme alerte qui rappele les séries B d'aventures sexy / gore italiennes des seventies. Les dialogues, quant à eux, sont particulièrement crétins et les scènes se voulant dramatiques ne le sont pas vraiment. Voir Daniel Wu répéter en boucle, sans que l'on comprenne bien ses raisons, "What Am I saying? Am I an idiot?" reste un pur moment de décalage bis, comme si nul n'était vraiment dupe de tout ça.
En résumé, le cinéaste murmure au spectateur: "ne réfléchis pas trop et apprécie le spectacle, je te propose les belles filles du monde et des bastons violentes, tu ne va pas t'en priver quand même?"

Et effectivement, pourquoi ne pas se laisser porter par cettee énergie communicative, surtout que Cing Siu Tung multiplie les clins d'oeils et pompe des séquences entières aux classiques de Hong Kong, que ce soit "The Killer" ou "Iron Monkey". La psychologie des personnages reste basique et la relation amoureuse entre Charlene et Katt peu exploitée, même si le cinéaste évite en partie les stéréotypes.

En dehors des séquences mouvementées (en fait, lorsqu'il n'y a à l'écran ni sexe ni violence) on s'ennuie un peu mais, heureusement, le rythme est soutenu. Le spectateur vient voir ce genre de produits pour les séquences violentes ou érotiques et comme Wong Jing est un producteur avisé, celles-ci sont nombreuses et variées.

Finalement, on peut applaudir cette série B décomplexée, pleine de punch et de jolies filles en tenues sexy qui revitalisent superbement le Girls With Guns. Ce n'est pas du grand cinéma, c'est bourré de faiblesses mais, malgrè tout, on s'amuse du début à la fin sans le moindre ennui.
Une certaine idée du bonheur, en somme.