NAKED KILLER

Titre: Chi Luo Gao Yang
ou: Raped By An Angel 2
Réalisateur: Clarence Ford
Interprètes: Chingmy Ya u

 

Simon Yam
 
 
 
 
 
Année: 1992
Genre: Guns With Gun / Polar Erotique / Cat 3
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite: Naked Weapon

75%

Résumé:

Kitty, une jeune femme séduisante, tombe amoureuse d'un flic impuissant nommé Tinam. Dans le même temps, elle aide une fille enceinte brutalisée par son amant. Après le meurtre de son paternel par un puissant homme d'affaire corrompu, Kitty se rend dans les bureaux de l'assassin et, après avoir évité de justesse un viol collectif, elle accomplit sa mission en compagnie d'une tueuse professionnelle nommée Cindy. Cette dernière va l'aider à parfaire ses qualités de meurtrière au cours d'une série de tests. Mais, Baby et Princesse, un couple de lesbiennes sadiques, ont décidé de supprimer Cindy.

Critique:

Un fleuron du Girls With Guns, sexy et violent à souhait. Ecrit et produit par le redoutable Wong Jing, Naked Killer connut un immense succès et généra une flopée de séquelles plus ou moins officielles (Naked Weapon, Raped By An Angel) et de nombreuses imitations.

Pourtant, Wong Jing s'inspire lui-même de Black Cat, Basic Instinct et, surtout, Nikita, trois gros succès récents. Il plonge sans hésiter dans le sexy-thriller racoleur avec une histoire délirante et putassière. Les starlettes sont incroyablement belles et affublées de tenues cuir fétichistes propres à réveiller les fantasmes des spectateurs mâles. Mais elles rechignent à montrer leurs seins et leurs fesses, qui ne seront que brièvement dévoilés. Les caresses et gâteries entre filles sont pourtant suffisamment nombreuses pour contenter les érotomanes.

Les péripéties de l'intrigue donnent, elles, dans le n'importe quoi inspiré par le serial: on citera, par exemple, le rouge à lèvres empoisonné ou cette séquence délirante qui montre l'héroïne enfermée dans une cave avec un violeur déchaîné.

Un petit test concocté par son instructrice, laquelle aura droit à un traitement similaire de la part de son élève: deux sadiques excités lâchés à ses trousses.

On le voit, impossible de prendre tout ça au sérieux, surtout que l'humour involontaire voisine avec des gags pachydermiques: un flic bouffe avec délectation une saucisse alors que son équipe cherche le pénis tranché d'une victime (rire!). Citons aussi, pour la bonne bouche, les dialogues très raffinés, du style, "je vais te déchirer les tétons sale pute" (le groupe Gronibar apprécierait sûrement!).

Niveau réalisation, Clarence Ford hésite entre une esthétique vidéo (rappelant aux nostalgiques les mythiques Hollywood Night du samedi soir) et un certain sens de la mise en scène, à base d'effets visuels, d'esbroufes et de filtres bleutés faisant leur petit effet.

La scène érotique clé est même savante et belle (tout en restant suggestive) et monte, en parallèle, les câlins de l'héroïne avec son boy-friend flic et les caresses sensuelles des tueuses lesbiennes.

Simon Yam, pour sa part, livre une prestation correcte et joue un flic désabusé et romantique, devenu dépressif et impuissant après avoir accidentellement abattu son frère. Les actrices, elles, sont splendides et le cinéaste ne leur en demande pas plus. D'ailleurs, elles ne sauraient donner plus, leur jeu étant assez limité.

Au final, Naked Killer est une oeuvrette mineure un rien décevante si on songe au culte qui l'entoure. Mais, malgré ses défauts et longueurs ennuyeuses, ce divertissement correct propose son lot de scènes gentiment sexy ou violente, sans excès toutefois. Sympathique et très bis.