MEMENTO MORI

Titre: Yeogo goedam II
ou: Whispering Corridors 2
Réalisateur: Kim Tae-Yong, Min Kyu-Dong
Interprètes: Min-sun Kim

 

Yeh-jin Park
Young-jin Lee
Jong-hak Baek
Min Han
 
   
                      
Année: 2002
Genre: Epouvante
Pays: Corée
Editeur CTV
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite: Whishing Stairs

80%

Résumé:

Une lycéenne nommée Min-Ah découvre le journal intime de deux jeunes lesbiennes: Hyo-Shin et Shi-Eun. Peu à peu, pourtant, la relation amoureuses des deux filles bat de l'aile et Shi-Eun se montre de plus en plus indifférente. Hyo-Shin est alors retrouvée morte: apparemment elle s'est suicidée en se jetant du toit du lycée. Mais, ensuite, des événements mystérieux surviennent dans l'école.

 

Critique:

Surfant sur la vague de l'épouvante basée sur les fantômes et le surnaturel, "Memento Mori" se veut une suite de Whisper Corridors mais entretient peu de liens avec ce dernier film. Ici, on traite d'un collège de jeunes filles maudit et les réalisateurs en profitent pour attaquer de front le thème éminement tabou, en Corée plus qu'ailleurs, de l'homosexualité féminine.

Les cinéastes aboutissent à un métrage soigné se voulant à la fois une illustration de thèmes classiques du fantastique, une histoire de fantôme, une oeuvre effrayante, une dénonciation du système éducatif coréen et un manifeste pour la différence, ce qui lui valut une solide réputation critique. L'histoire d'amour est ici privilégiée et les actrices sont aussi convaincantes que frâiches et spontanées. D'ailleurs, les cinéastes disent avoir rusés pour obtenir une interprétations aussi juste de ces jeunes débutantes. Lorsque les deux lesbiennes s'embrassent en pleine classe, les actrices jouant les chipies n'étaient pas au courant de ce qui allaient arriver. Leur réaction de dégoût n'est absolument pas feint et traduit malheureusement la réalité d'un pays encore bien rétrograde à ce niveau.

Malgré une construction en flash-backs complexes dans laquelle le spectateur risque de se perdre, la mise en scène très travaillée et inventive permet de passer un bon moment. Quelques longueurs et intermèdes pseudo-humoristiques un peu ennuyeux gâchent à peine le plaisir ressenti devant cette oeuvre fascinante à laquelle on reprochera peut-être une finale excessivement spectaculaire (inspirée par "Carrie") sans doute moins réussie. Néanmoins, cette vision originale et asiatique du fantastique semblera surement très novatrice aux occidentaux. Une bonne surprise, donc.

Le troisième épisode, "Whishing Stairs", est sorti en 2003 avec moins de succès.