MATRIX

Titre: The Matrix
Réalisateur: The Wachowski Brothers
Interprètes: Keanu Reeves

 

Laurence Fishburne
Carrie Anne Moss
Hugo Weaving
Gloria Foster
Marcus Chong
Joe Pantoliano
Année: 1999
Genre: Science-fiction
Pays: USA
Editeur Warner
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite: The Matrix Reloaded

90%

Résumé:

Thomas "Néo"Anderson est un informaticien travaillant pour une grande société. La nuit il officie en tant que pirate informatique, dans l'attente d'un signal de Morpheus. Ce-dernier finit par prendre contact avec Néo et lui propose un marché: connaitre la vérité sur la Matrice. Néo accepte et decouvre la vérité: la Matrice est une gigantesque simulation générée par les machines afin de maintenir en esclavage des humains élevés comme du bétail pour leur servir de piles énergétiques.

 

Critique:

Sorte de condensé de la culture populaire la plus immédiatement bourrine et jouissive (action, références pour les nerds, kung-fu, coté sexy fétichiste assumé ) confronté à une certaine intellectualisation bienvenue ( sf philo,scénario complexe et obscur traversé de séquences monumentales), le brulot atomique des frères Wachowski s'impose comme une oeuvre phare de ces dernières années.

En révélant les prouesses martiales chinoises à des critiques qui ne connaissaient que Bruce Lee et un Jackie Chan entraperçu en vidéo, les cinéastes ont permis l'émergeance d'un courrant cinématographique riche dans lequel la supenseion d'incrédlité est la norme. Car les frères Wachowsky parviennent véritablement à transcender leurs limites, emprunts et références pour accoucher d'un ensemble cohérent et inventif.

Puisant leurs idées dans la science-fiction cyber-punk (les oeuvres de William Gibson mais aussi les ancêtres lointain comme le Philip K Dick de "Substance Mort" et "Ubik" ou surtout le roman "Simulacron 3" de Daniel Galouye - dans lequel des informaticiens découvrent que la réalité est une simulation informatique à l'échelle du monde), la contre-culture, les bandes dessinées, le cinéma martial câblé et les théories philosophiques diverses dont la pensée platonicienne, les deux frères réinventent le genre.

Pour cela ils utilisent nombres d'idées et ne cherchent pas une absolue vraissemblance ou un sérieux papal. Ils mêlent plutôt les références (Morpheus tire les humains du sommeil, l'homme nouveau s'incarne dans un Néo messiatique aidé par sa muse Trinity, selon les conseils d'une Oracle malicieuse) dans un ensemble disparate et pourtant efficace qui demande au spectateur de se laisser porter par l'intrigue et de ne pas en analyser chaque mot. Car, comme la vie réelle, Matrix refuse la rigueur absolue et laisse certaines questions en suspens, certains faits non résolus et certaines séquences ne tiennent donc pas parfaitement la route.

Qu'importe, ce sont celles là qui s'imposent comme les plus immédiatement jouissives: combats en apesanteur, super-pouvoir hérités des comics US, entrainement aux arts martiaux réglé par Yuen Woo Ping (et qui renvoient immanquablement à son chef d'oeuvre, "Legend of a Fighter"), prédominance du look et du visuel outrageusement glamour: bref les Wachowski citent leurs influences et donne la primauté au style. En recyclant clichés, situations connues, figures imposées et références avouées avec leur sens visuel exceptionnel, ils se rapprochent de Tarentino et accouchent, comme ce dernier, d'un univers à la fois totalement personnel et paradoxalement ultra-référentiel. Au point d'avoir à leur tour engendré des quantités de décalques, immitations et parodies plus ou moins inspirées.

Pas la peine d'en dire plus, "The Matrix" est sans hésitation possible un des deux ou trois meilleurs films de science-fiction des années 90, aux cotés de Dark City ou Truman Show. Qui ont d'ailleurs comme point commun de proposer une réalité fabriquée de toutes pièces.

Immanquable et toujours aussi passionnant après une dizaine de visions: "The Matrix has you!"

 

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