LA 36eme CHAMBRE DE SHAOLIN

Titre: The Master Killer
ou: 36Th Chamber Of Shaolin
Réalisateur: Liu Chia-liang
Interprètes: Gordon Liu

 

Hsiao Hou
Lo Leih
Lee Hoi San
Norman Chu
 
 
Année: 1978
Genre: Arts Martiaux / Aventures
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side "Les essentiels de la Shaw Brothers"
Violence: * *
Erotisme: *
Suite: Retour à la 36eme Chambre

90%

Résumé:

Un jeune chinois patriote nommé San Té décide de lutter plus efficacement contre l'oppression des envahisseurs Mandchous. Pour cela il rejoint le monastère de Shaolin et commence un difficile entrainement au travers de trente cinq chambres dans lesquels il doit perfectionner ses aptitudes physiques et spirituelles.

 

 

Critique:

Voici LE classique du kung fu. Le seul, le vrai, l'unique. A lui seul il lança la fructueuse vague Shaolin qui compte des centaines de succédanés de qualités variables. Devenu culte un peu partout dans le monde, le film inspira les artistes les plus divers, jusqu'au groupe hip-hop Wu Tang Clan qui intitula leur premier album "Enter The 36Th Chamber". L'ouvrage de référence Ciné Kung-Fu reprenait également une photo tirée du film en guise de couverture. Bref, il était temps que le métrage accède à la reconnaissance par la grâce du DVD, d'autant que les seules versions visibles dans nos contrées étaient de médiocres cassette vidéo amputée de toute la première partie et par conséquent de son contexte historique.

Le premier tiers nous présente donc la vie quotidienne de San Té et les raisons de sa haine envers l'envahisseur Mandchou. Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle et les difficultés de l'occupation sont décrites, proposant un contexte politique un peu ardu pour le non-initié mais intéressant.

Le deuxième tiers consitste en un long entrainement dans le temple de Shaolin et préfigure les copies ultérieures qui reprendront ces séquences jusqu'à l'usure. Car, le cinéaste est véritablement novateur à une époque où les films de kung-fu expédiaient généralement l'apprentissage en quelques plans de musculation. Ici, la dimension spirituelle de l'art martial n'est pas négligée et chacune des chambres développe une des qualités physique ou mentale nécessaire au disciple. Le rythme s'accélère durant toute cette partie, symbolisant la progression rapide de San Té dans la maitrise du kung-fu. Les premières chambres sont longuement décrites, ensuite, le réalisateur les résume par quelques plans rapides et significatifs (sinon le seul entrainement du héros aurait nécessité au moins trois heures de métrage!).

C'est probablement ces trois quart d'heures anthologiques qui valent au film sa réputation de classique et il est vrai que le dynamisme de ces scènes, associé à un humour efficace et à une réalisation nerveuse, permet de passer un excellent moment. Ensuite, le dernier tiers nous conte la vengeance de San Té, sur un schéma bien connu et un brin moins intéressant que ce qui précède. Mais les combats sont efficaces et plein d'entrain, malgrè une certaine brièveté, notamment lors de la joute finale.

Il est certain que le film a légèrement vieilli, en ce sens que, à l'instar de bien des oeuvres séminales largement copiées depuis, cette trente sixième chambre a perdu une part de son originalité. Néanmoins, la réalisation reste moderne, le rythme prenant et l'ensemble, soutenu par des interprètes puissants et charismatiques, demeure largement - très largement même! - au dessus du tout venant de la production kung-fu. Un petit chef d'oeuvre, pas moins!