|
Six ans après , Liu Chia Liang revient sur le personnage de Wong Fei Hong à l'occasion de cette pseudo-séquelle tardive, tournée à la fin de la grande mode des arts martiaux, au crépuscule de la Shaw Brothers.
Wong Fei Hung avait longtemps bénéficié d'une forte popularité et, après les nombreux métrages interprétés par Kwan Tak-Hing, il retrouva - à la toute fin des seventies - les faveurs du public. On vit ainsi débarquer , et .
Martial Club suit donc la tendance dominante en présentant un Wong Fei Hung (Gordon Liu) encore jeune et bondissant. Mais, à la différence des titres précités, le métrage de Lui Chia-Liang montre un personnage déjà expert en kung-fu et, surtout, sur la voie d'une rare sagesse.
Au début du film il est encore espiègle, bagarreur et en quête de représentation. Fei Hong ne perd pas une occasion de défier son meilleur ami, également fils d'un maître des arts martiaux, issu d'une école en concurrence avec celle de Po Chi Lam. Après toute une série de rebondissements et de combats fort plaisants, le drame va se nouer.
L'ami de Fei Hong aime en effet fréquenter les bordels et il ne perd pas une occasion d'impressionner les prostituées, échangeant des démonstrations martiales contre des calins gratuits. On devine que cette attitude n'est pas du goût de Sifu Liu Chia-Liang et le vantard sera sévèrement puni: un rival, profitant de ses mains nouées, va lui briser les jambes, mettant à mal la neutralité des différentes écoles de la ville.
Suite à une série de quiproquos et de péripéties (pas toujours très crédibles, avouons le), Wong Fei Hong devra défendre l'honneur de son école et lutter contre un maître venu du Nord. Une voie qui le menera logiquement sur le chemin de la sagesse.
Martial Club est nettement moins "philosophique" que , lequel recelait quelques sentences vraiment réfléchies et intelligentes sur les arts martiaux, les épreuves de la vie et les apprentissages qui en découlent.
Cette "suite" est plus axée divertissement, à la manière des kung fu comedy alors triomphantes. Dès le début, nous assistons à une démonstration de danse du lion, avec un Liu Chia-Liang décidé à nous expliquer les règles de cette compétition assez nébuleuse pour les occidentaux. On apprend ainsi que les deux "acteurs" déguisés ne peuvent jamais se renifler l'arrière-train. Ensuite intervient la danse elle-même, très belle et bien chorégrapiée, avec de nombreux figurants exécutant des figures complexes alors que les lions s'affrontent avec panache.
Si toute la première partie donne dans la kung fu comedy légère et relativement classique on note pourtant un étrange personnage, le "combattant nordiste" (joué par Wang Lung-Wei) qui se trouve toujours au mauvais endroit et au mauvais moment. Il n'a rien d'un méchant mais, dupé par les vrais méchant de l'histoire, il croise à plusieurs reprise la route de Wong Fei Hong. Mais, étonnament, ce "Nordiste" va refuser de se battre alors que tous se tapent dessus autour de lui.
Figure emblématique de la sagesse, sa retenue va faire comprendre au héros Wong Fei-Hong la véritable finalité pacifique des arts martiaux.
Le combat final entre les deux adversaires dans une ruelle étroite qui gène leur mouvement reste évidemment un grand moment, tout en énergie retenue et en respect mutuel.
Ce sont ces deux personnage, "le méchant qui n'en est pas un" et "le héros qui n'en est pas encore un" qui donnent vraiment au film son originalité et lui évite de n'être "que" un bon kung fu pian de plus.
Même si tout n'est pas parfait (les décors réutilisés d'une production à l'autre ne sont pas toujours parfaitement employés, quelques péripéties paraissent très naïves, certains éléments du script peu vraissemblables laissent songeurs,…) Martial Club est un bon Shaw Brothers et un bon Liu Chia-Liang. Mais en existe-t-il de mauvais? |