LE HEROS MAGNIFIQUE

Titre: The Magnificent Butcher
ou: Lin shi rong
Réalisateur: Yuen Woo Ping
Interprètes: Sammo Hung

 

Kwan Tak-hing
Lee Hoi-san
Fan Mei-sheng
Lam Ching-ying
Fung Hak-on
Yuen Biao
Chung Fat
Année: 1979
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

75%

Résumé:

Lam Sai Wing, un boucher, étudie auprès de maître Wong Fei Hung mais parvient toujours à s'attirer des ennuis. Un jour, il croise la route d'un élève d'une école rivale qui hurle car on vient de lui prendre une pièce aux échecs. Le boucher croit qu'il s'agit d'un vol et l'histoire dégénère. Les deux écoles s'affrontent ensuite. Le boucher finit par tuer un méchant mais son père, qui refuse de voir en son fils un criminel, décide de le venger. Heureusement un mendiant apprend à Wing quelques belles techniques.

 

Critique:

Sammo Hung incarne ici le Boucher Magnifique, disciple du grand Wong Fei Hung, lequel est une nouvelle (et avant-dernière) fois incarné par Kwan Tak Hing, interprète mythique et symbole vivant du personnage. Après une belle démonstration, le vénérable acteur décide pourtant de quitter l'écran durant la quasi-totalité du métrage, laissant Sammo Hung prendre le relais.

Le film dévie alors vers plus de folie, vers une ambiance moins old-school. De l'humour mais aussi de la cruauté et un peu de violence, à l'image des premiers longs-métrages de Sammo Hung où la comédie s'effaçait parfois devant des passages brutaux. Ici, de la même manière, Yuen Woo Ping utilise adroitement les deux comédiens vedettes à sa disposition, éclipsant le vieil homme sage pour laisser parler l'énergique Sammo.

Il faut avouer que le spectacle est donc particulièrement plaisant, malgré le coté naïf et un peu lourdingue de la comédie cantonaise. Pas toujours très intelligente, donc. Comme en témoigne la scène où un aveugle pisse dans un pot tenu par Sammo Hung lors d'une punition. Tout le début du métrage est également assez pesant au niveau comique, mais pas au point de devenir insupportable, heureusement.

Après un premiers tiers humoristique, environ, la tonalité devient nettement plus dramatique et l'aspect comédie tend à disparaître en grande partie. Comme dans d'autres films de Sammo Hung, nous avons droit à une scène de viol suivi d'un suicide. Puis à pas mal de morts violentes. Yuen Woo Ping semble donc s'adapter au style du petit gros bondissant, après la légèreté complète de ces deux succès avec Jackie Chan. Intervient finalement un mendiant alcoolique, réplique conforme de celui de Snake in the Eagle Shadow et Drunken Master. Simon Yuen aurait dû l'incarner à nouveau mais le destin en a décidé autrement. C'est donc un Fan Mei-sheng souvent doublé qui prend le relais et redonne à l'ensemble un ton plus léger.

L'intrigue étant assez peu développée, ce sont majoritairement les combats qui retiennent l'attention et, au niveau chorégraphies old-school, il faut avouer que nous sommes ici en présence d'une qualité incroyable. Rapidité et puissance se combinent pour offrir au spectateur une démonstration martiale ahurissante. De la très belle ouvrage, avec des techniques variées (comme celle du chat!) qui devraient ravir les amateurs.

Dommage que les gags pachydermiques et la minceur du scénario gâchent un peu le plaisir. Mais le Héros Magnifique reste un bon classique du genre. Son rythme est relativement bien dosé, avec un début assez lent axé sur la comédie (la partie la plus faible, indubitablement) mais ensuite un crescendo continu qui culmine, dans la dernière demi-heure, par une série de combats époustouflants.

Pas un chef d'oeuvre mais à coup sûr un grand kung fu old-school.