LE SABRE INFERNAL

Titre: Tien ya ming yueh tao
ou: The Magic Blade
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Ti Lung (Fu Hung-Hsueh)

 

Lo Lieh (Yen Nan-Fei)
Ku Feng
Yuen Biao
Ching Li
Lili Ly
Alan Chui Chung San
Norman Chu
Corey Yuen Kwai
Année: 1976
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side Video
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Un épéiste et son rival, interrompus en plein duel nocturne, s'associent pour contrecarrer les plans de monsieur Yu. L'objectif de ce dernier est de posséder une puissante arme, mystérieuse et terrifiante, appelée les plumes de paon. Avec elle, il espère devenir le maître du Monde des Arts Martiaux. Les deux combattants décident de trouver le redoutable artefact avant le maléfique Mr Yu et ses tueurs.

 

 

Critique:

Considéré comme un grand classique, cette adaptation d'un roman de chevalerie de Gu Long, célèbre en Asie, était très attendue. Sa vision n'en fut que plus décevante. Le scénario, en premier lieu, paraît totalement incompréhensible et les personnages agissent souvent au mépris du bon sens pour aboutir à un twist final attendu et peu convainquant. Chacun s'affronte pour la possession d'une arme fabuleuse qui apparaît, en vérité, légèrement ridicule.

L'intrigue, décousue, se résume à une suite de saynettes: parfois efficaces, parfois ennuyeuses. L'épisode entre la prostituée malade et le chevalier "fleur jaune" constitue une belle réussite, comme le combat final et la séquence du miroir qui le précède. Mais le reste du métrage n'est pas de ce niveau. Quelques affrontements barbares sauvent les meubles mais les chorégraphies sont datées et abusent des cables.

Les interprètes sont cependant très bons, en particulier Ti Lung qui incarne un chevalier intelligent, parlant peu et plus préoccupé par la perspective de sauver sa vie que son honneur. Un personnage que l'on rapproche, évidemment, des pistoleros mal rasés de Sergio Leone plus que des cow-boys bien propres et purs du western ricain.

Malgrè ce scénario peu intéressant, on retrouve les qualités plastiques de Chu Yuan qui livre des décors fastueux et une photographie superbe. Il amène le film largement au-dessus du tout venant des productions de l'époque, quoique certaines prises de vues de studio (la lune à l'horizon) soient vraiment limites. Mais la beauté stupéfiante des images ne masque pas totalement la déception provoquée par ce film mythique. Il faut pourtant avouer que le travail de Chu Yuan est digne d'éloge et, dans un genre souvent considéré comme infâmant par la critique bon teint, il a réussi a éléver le propos et la qualité visuelle de son métrage à un niveau rarement égalé.

La mise en scène est donc efficace et travaillée de bout en bout, avec une véritable science formelle et une authentique maîtrise du langage cinématographique. Chu Yuan, en fait, se démarque de ses collègues et adopte volontiers les codes du polar noir et du western afin de dépasser les limites parfois pesantes imposées par le carcan du Wu Xia.

Pourtant, je fus déçu à la vision de ce film, auquel j'ai largement préféré "Killer Clans", "Clans of Intrigues" et autres "Jade Tiger". Il est difficile d'expliquer cette déception; disons que fus incapable de m'immerger dans l'intrigue, restant en surface et m'attardant sur la forme (superbe) au détriment du fond et de l'émotion. Une certaine poésie plutôt efficace, quelques considérations philosophiques simples mais bien énoncées, un érotisme discret mais palpable constituent pourtant d'autres qualités appréciables du métrage.

Notons, enfin une belle scène de combat où les guerriers adoptent les positions de pièces d'échec chinois. Mais cela ne suffit pas toujours à emporter l'adhésion. Une déception, relative mais réelle malgrè tout, en regard de l'attente.