MAFIA Vs NINJA

Titre: Mafia Vs Ninja
ou: Hong men jue e zhe
Réalisateur: Robert Tai
Interprètes: Alexander Lou

 

Eugene Thomas
Tong Lung
Sliver How
Silvio Azzolini
 
 
Année: 1984
Genre: Kung Fu
Pays: Taiwan
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Un jeune homme se trouve mêler aux affrontements entre les bandes rivales de la mafia chinoise et japonaise.

Critique:

Réalisé en 1984, alors que la mode ninja s'empare (mollement) du monde via les séries de la Cannon (souvenez vous de perles comme L'IMPLACABLE NINJA, NINJA 3 ou encore la saga AMERICAN NINJA), ce film de Robert Tai reprend évidemment toutes les qualités (et les défauts) des œuvres (hum!) du cinéaste.

D'abord, le héros, est joué par l'inévitable Alexander Lou, l'homme au physique de bœuf, aux muscles saillants et aux tics nerveux pompés sur ceux de Bruce Lee. Bref, un homme, un vrai, qui frappe d'abord (beaucoup), parle ensuite (mais très peu) et réfléchi (enfin parfois, donc pas souvent!). Notre Alexander se la joue un peu JUSTICIER DE SHANGHAI, un peu BIG BOSS, bref il est jeune, il a le cœur pur et il débarque dans la grande ville où il se fait vite copain avec un autre bagarreur de rue. A partir de là nos amis trouvent toujours une raison de se battre avec des méchants, en particuliers les Japonais, ces fourbes, qui ne perdent jamais une occasion d'humilier les pauvres Chinois de la campagne et qui refont le coup du "pas de chien, pas de Chinois, pas de chiens de Chinois" qu'ils ont vu la veille dans un Bruce Lee.

Or nos héros sauvent la vie d'un parrain local du crime organisé (que l'on appellera logiquement Mafia pour faire court même si on est loin de l'Italie) et se mettent à son service, démasquant immédiatement un traître qui voulait faire exploser son patron (le parrain donc, faut suivre, c'est pas très compliqué!) dans un superbe effet spécial effectué avec trois pétards pirates et une bombinette à fumée déjà utilisée. Bref, cette tentative d'assassinat ratée énerve le grand méchant japonais (et son armée de Ninja) qui engage un Samouraï, un Ninja, un lanceur de couteau au costume extravagant (acheté aux puces après le tournage d'un western spaghetti sans doute) et le plus reconnaissable, l'immense Eugene Thomas, acteur exécrable mais kickboxer doué.

Après la mort du Parrain, notre Alexandre décide de se venger, réduisant encore un peu son jeu d'acteur au profit d'une énergie bagarreuse décuplée: d'un pas alerte il va aller exploser les 4 tueurs précités, allant d'un côté de l'écran à l'autre, comme un personnage de jeu vidéo. Dès lors les séquences de transition (poussives comme toujours chez Robert Tai) disparaissent pour ne plus laisser qu'un enchaînement de combats: dès que l'un se termine, un autre commence.

Des combats évidemment câblés et délirants, représentatifs du style si…personnel…du cinéaste et qui offrent aux spectateurs un amusement certain à condition d'accepter les effets classiques: accélérations, raccords hasardeux, film passé à l'envers,…Bref, la totale même si Tai semble se maîtriser un peu durant la première moitié du film pour se lâcher complètement ensuite, en particulier durant les vingt dernières minutes où Alexander affronte plein de Ninja aux capacités surnaturelles.

Citons ainsi quatre combattants pouvant se changer en des tas de feuilles bougeant à toutes vitesse…il faut le voir pour le croire, et encore, même ainsi on a du mal. Mêlant d'authentiques performances martiales d'excellent niveau à une foultitude de bizarreries aux limites de l'incompréhensible (le montage est fait n'importe comment), les combats restent logiquement l'argument principal de ce film, sans doute bâclé (aucune volonté de dissimuler un tant soit peu toutes les erreurs techniques) mais certainement généreux et plein de dynamisme.

MAFIA Vs NINJA commence donc assez classiquement, à la manière de nombreux kung fu bis à petit budget, pour glisser progressivement vers le déjanté. Abandonnant en grande partie son concept initial (LE JUSTICIER DE SHANGHAI rencontre LA FUREUR DE VAINCRE) au profit d'un joyeux portnawak, le métrage n'atteint pas encore les sommets de NINJA FINAL DUEL mais devrait contenter les fans du cinéaste le plus outrancier du cinéma martial de série B.

Bref, rien à voir avec un "bon film" au sens classique du terme mais un grand moment de divertissement bis à savourer sans arrière pensées.