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Réalisé en 1984, alors que la mode ninja s'empare
(mollement) du monde via les séries de la Cannon (souvenez vous
de perles comme L'IMPLACABLE NINJA, NINJA 3 ou encore la saga
AMERICAN NINJA), ce film de Robert Tai reprend évidemment toutes
les qualités (et les défauts) des œuvres (hum!) du cinéaste.
D'abord, le héros, est joué par l'inévitable
Alexander Lou, l'homme au physique de bœuf, aux muscles saillants
et aux tics nerveux pompés sur ceux de Bruce Lee. Bref, un homme,
un vrai, qui frappe d'abord (beaucoup), parle ensuite (mais
très peu) et réfléchi (enfin parfois, donc pas souvent!). Notre
Alexander se la joue un peu JUSTICIER DE SHANGHAI, un peu BIG
BOSS, bref il est jeune, il a le cœur pur et il débarque dans
la grande ville où il se fait vite copain avec un autre bagarreur
de rue. A partir de là nos amis trouvent toujours une raison
de se battre avec des méchants, en particuliers les Japonais,
ces fourbes, qui ne perdent jamais une occasion d'humilier les
pauvres Chinois de la campagne et qui refont le coup du "pas
de chien, pas de Chinois, pas de chiens de Chinois" qu'ils ont
vu la veille dans un Bruce Lee.
Or nos héros sauvent la vie d'un parrain local
du crime organisé (que l'on appellera logiquement Mafia pour
faire court même si on est loin de l'Italie) et se mettent à
son service, démasquant immédiatement un traître qui voulait
faire exploser son patron (le parrain donc, faut suivre, c'est
pas très compliqué!) dans un superbe effet spécial effectué
avec trois pétards pirates et une bombinette à fumée déjà utilisée.
Bref, cette tentative d'assassinat ratée énerve le grand méchant
japonais (et son armée de Ninja) qui engage un Samouraï, un
Ninja, un lanceur de couteau au costume extravagant (acheté
aux puces après le tournage d'un western spaghetti sans doute)
et le plus reconnaissable, l'immense Eugene Thomas, acteur exécrable
mais kickboxer doué.
Après la mort du Parrain, notre Alexandre décide
de se venger, réduisant encore un peu son jeu d'acteur au profit
d'une énergie bagarreuse décuplée: d'un pas alerte il va aller
exploser les 4 tueurs précités, allant d'un côté de l'écran
à l'autre, comme un personnage de jeu vidéo. Dès lors les séquences
de transition (poussives comme toujours chez Robert Tai) disparaissent
pour ne plus laisser qu'un enchaînement de combats: dès que
l'un se termine, un autre commence.

Des combats évidemment câblés et délirants,
représentatifs du style si…personnel…du cinéaste et qui offrent
aux spectateurs un amusement certain à condition d'accepter
les effets classiques: accélérations, raccords hasardeux, film
passé à l'envers,…Bref, la totale même si Tai semble se maîtriser
un peu durant la première moitié du film pour se lâcher complètement
ensuite, en particulier durant les vingt dernières minutes où
Alexander affronte plein de Ninja aux capacités surnaturelles.
Citons ainsi quatre combattants pouvant se
changer en des tas de feuilles bougeant à toutes vitesse…il
faut le voir pour le croire, et encore, même ainsi on a du mal.
Mêlant d'authentiques performances martiales d'excellent niveau
à une foultitude de bizarreries aux limites de l'incompréhensible
(le montage est fait n'importe comment), les combats restent
logiquement l'argument principal de ce film, sans doute bâclé
(aucune volonté de dissimuler un tant soit peu toutes les erreurs
techniques) mais certainement généreux et plein de dynamisme.
MAFIA Vs NINJA commence donc assez classiquement,
à la manière de nombreux kung fu bis à petit budget, pour glisser
progressivement vers le déjanté. Abandonnant en grande partie
son concept initial (LE JUSTICIER DE SHANGHAI rencontre LA FUREUR
DE VAINCRE) au profit d'un joyeux portnawak, le métrage n'atteint
pas encore les sommets de NINJA FINAL DUEL mais devrait contenter
les fans du cinéaste le plus outrancier du cinéma martial de
série B.
Bref, rien à voir avec un "bon film" au sens
classique du terme mais un grand moment de divertissement bis
à savourer sans arrière pensées.
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