LOVE BATTLEFIELD

Titre: Ai zuozhan
ou: Love Battlefield
Réalisateur: Pou-Soi Cheang
Interprètes: Eason Chan

 

Niki Chow
Kenny Kwan
Carl Ng
Zhiwen Wang
Hailu Qin
 
Année: 2004
Genre: Polar / Action / Drame / Romance
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:  

75%

Résumé:

Un jeune couple, Yiu et Ching, décide de partir passer des vacances en Europe. La veille du départ, leur voiture est volée et Yiu décide de remettre le voyage pour signaler le vol, provoquant une dispute avec son amie. Il est finalement pris en otage par les voleurs…

Critique:

Bel exemple de thriller intelligent et efficace, LOVE BATTLEFIELD s'inscrit dans la lignée des meilleures productions Milky Way de Johnny To en proposant un scénario simple mais original ménageant son lot de scènes romantiques et de passages violents. Basé sur un kidnapping mené avec rythme et énergie, le métrage s'intéresse pourtant tout autant à ses personnages avec une belle histoire d'amour difficile en prime. L'ensemble navigue donc du polar au "film de gangsters" en passant par le drame, la romance et le suspense. LOVE BATTLEFIELD offre également son content de passages brutaux, saignants et violents et adopte un ton souvent désespéré jusqu'au final émouvant à souhait, que l'on jugera touchant ou trop excessif selon sa propre sensibilité. N'empêche que ce type de "unhappy end" complètement lacrymal et mélodramatique retrouve le panache des vœux films hollywoodiens qui n'hésitaient jamais à en "faire trop" ou à laisser mourir un personnage important, une tendance complètement oubliée à l'heure des obligatoires fins heureuses. La tension, elle, ne retombe jamais et devient même de plus en plus prenante au fil d'un métrage peu avare en scènes fortes et en montées d'adrénaline. Les acteurs, tous très bons, sont particulièrement crédibles et convaincants, ce qui permet de digérer les quelques incohérences et séquences "un peu grosses". Le cinéaste Soi Cheng, pour sa part, soigne le produit, se permet quelques effets visuels stylés (parfois gratuitement tapent à l'œil), des cassures de rythme, une photographie esthétique et laisse la musique bercer adéquatement l'ensemble du métrage. Malheureusement, certaines scènes sont plutôt ratées et même carrément décevantes. Dans l'une d'elles, le héros part secourir une femme enceinte sur le point d'accoucher alors qu'il vient péniblement d'échapper à ses kidnappeurs, ladite femme étant évidemment une complice des gangsters. Cette scène ne fonctionne pas du tout et se révèle de plus inutile, sans posséder l'aspect outré de certains films hongkongais qui parviennent à faire passer la pilule lorsque le scénario devient invraissemblable. Mais ce ne sont que de menues scories. Sombre, sans espoir, LOVE BATTLEFIELD s'avère prenant et mené avec une belle maîtrise. En dépit des fausses notes précitées, il s'agit donc bien d'une vraie réussite du polar HK de ce début de XXIème siècle. Et ça fait du bien!