LA LEGENDE DE ZU

Titre: Shu Shan Zheng Zhuan
ou: The Legend of Zu
Réalisateur: Tsui Hark
Interprètes: Ekin Cheng

 

Cecilia Cheung
Patrick Tam
Sammo Hung
Zhang Ziyi
 
 
Année: 2001
Genre: Fantasy
Pays: Hong Kong
Editeur Asian Star
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

35%

Résumé:

Le royaume de Zu est protégé du Mal par ses chevaliers dotés de pouvoirs magiques...Mais la cruelle Insomnia tente une fois de plus de l'envahir et...euh...(après je n'ai rien compris!)

 

Critique:

Legend of Zu était sans doute le film le plus attendu de ces dernières années par les fans de cinéma asiatique. Même si l'original a vieilli, il demeure une date importante et on espérait voir Tsui Hark accoucher d'une séquelle sublime. On est malheureusement loin du compte. Le début du métrage annonce pourtant un déluge visuel magnifique et grandiose. Mais cette impression s'estompe rapidement. Le scénario est totalement incompréhensible, ce que confesse d'entrée Dionnet dans sa courte présentation. Plus grave, les personnages sont insignifiants, figés, dénués de la moindre émotion. Ekin Cheng a autant d'expression qu'une mauvaise cinématique de jeu vidéo et Cecilia Cheung se contente d'être très belle. Mais c'est tout. Il est impossible de ressentir la moindre sensation autre que purement "primaires" à la vision de se déchaînement tape à l'oeil. Au bout de vingt minutes on pense que Tsui Hark va se calmer et ralentir la cadence pour permettre à l'esprit d'assimiler tout ça. Mais non, il fonce de plus belle.

Le cinéaste semble décider à battre Stormriders sur son propre terrain. Verdict: le film de Law, tout mineur qu'il soit, était assez sympathique et prenant. Celui de l'enfant prodige de Hong Kong est bien plus important à tout point de vue, c'est indiscutable, mais on s'y ennuie comme rarement. Zu 2 ressemble donc à une démonstration de jeu vidéo pour laquelle manque la manette et dans laquelle on doit se contenter d'être passif. Les effets spéciaux sont pourtant globalement réussis (malgré des passages vraiment limites et d'autres - assez rares - totalement ratés et affreux). L'inverse de Green Snake en fait, un film où les effets hyper nuls gachaient le plaisir d'un récit poétique et inventif. Et surtout esthétiquement beau. Alors que Legend of Zu est parfois horrible à regarder: d'une laideur qui écorche les yeux. Pas toujours certes, car il faut reconnaître à certaines séquences une véritable grâce. Mais elles sont rares. Même si Zu 2 assure correctement (quoique maladroitement) au niveau du visuel, il échoue sur tous les autres tableaux. Pas de rebondissements, pas d'implications, pas le moindre moment vraiment mémorable, juste une accumulation de séquences "jouées" (le mot est inadéquat) par des acteurs filmés devant un blue-screen. L'absence totale d'humour et le coté pompier, mégalo et prétentieux de l'ensemble fait vraiment peine à voir et les motivations des héros restent obscures ou vite expédiées.

Quelques fulgurances nous font regretter le gâchis: les ailes composées de lames, l'épée en forme d'orbe lunaire, la fée maléfique. Peu de choses en fait. L'ennui s'installe et domine. Au bout d'une demi-heure on commence à s'assoupir. Passer la première heure est un exploit. Et on est content d'arriver au bout en se disant que jamais, plus jamais, on ne s'infligera une seconde fois ce trip pénible et raté.

Reste la musique de Ricky Oh (non pas celui de Nam Nai Choi!) qui possède une véritable force envoûtante. Ambiance arabisante, puissance pure, atmosphère majestueuse,...Cette musique nous emporte et en met plein les oreilles, aidée par un son très tapageur et des effets 5.1. assez remuants même si pas toujours parfaitement équilibrés.

En résumé, Zu 2 est une baudruche vide et ringarde, déjà datée et soporifique. Et tant pis pour les fans du film...aveuglés peut-être?

Pour le DVD, c'est le désert ou presque: un court making of, quelques filmographies, une petite présentation et basta. Pour ne rien arranger l'image est assez moyenne et ne rend pas toujours justice aux couleurs et aux contrastes. Reste un gros son 5.1. sans finesse et une piste française pour les naïfs qui espèrent y comprendre quelque chose.