LA DERNIERE CHEVALERIE
Titre: Hao Xia
ou: Last Hurrah for Chivalry
Réalisateur: John Woo
Interprètes: Damian Lau

 

Wei Pai
Wei Chiu-hua
Mars
 
 
                     
Année: 1979
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * * *
Erotisme: *

70%

Résumé:

"Le jeune seigneru Kao Pun est poignardé par sa future femme lors d'un attentat commandité par Pak Chung-to, ennemi héréditaire de son clan. Blessé, humilié, reclus, Kao met au point un plan diabolique pour se venger. Mais pour cela il doit avant tout s'attacher le respect et l'amitié du jeune chevalier Chang. Inconscient qu'il est l'instrument d'une terrible machination, Chang accepte de défier Pak Chung to avec l'aide inopinée de Tsing-yi, un sabreur génial mais alcoolique." (résumé tiré de la cassette vidéo HK)

 

Critique:

John Woo a seulement trente et un ans mais déjà plusieurs succès commerciaux à son actif lorsqu'il réalise ce film. Celui qui fut l'assistant du maître Chang Cheh sur quelques Wu Xia Pian prestigieux rêve de rendre hommage au cinéma avec lequel il a grandi. Pourtant, il est conscient qu'une page est tournée: les héros d'antan, aux valeurs désuettes et à l'honneur anachronique, n'ont plus court.

La nouvelle vague (représentée par Tsui Hark et quelques autres), commence à déferler et, à l'aube des eighties, plus rien ne sera comme avant. John Woo livre donc un Wu Xia Pian crépusculaire et nostagique, à la manière de Sam Peckimpah qui confronte des cow-boys à cheval armés de six coups au monde moderne des automobiles et des mitrailleuses contre lesquels ils ne peuvent lutter. A ce niveau on peut rapprocher ce film du nostalgique "Coups de Feu dans la Sierra" et de " La Horde Sauvage" avec ces êtres désabusés conscients d'être désormais obsolètes dans un monde en mutation.

Dès son titre ("le dernier baroud de la chevalerie") et son générique (des personnages figés dans les pages poussiéreuses d'un livre, aux côtés d'une épée inutile), le cinéaste installe un climat de fin de règne. Mais les éléments hérités de Chang Cheh restent prépondérants: sous-texte homo-érotique transparent, violence exacerbée lors des combats très sanglants, recherche du frère, trahison et amitié déçue, etc.

Dans cette oeuvre saignante, John Woo nous offre déjà les fondements de son art et, malgré une intrigue un brin confuse et des affrontements parfois lassants, il signe une oeuvre attachante, en équilibre entre le passé glorieux et le futur encore incertain. Comme il le fera encore dans "Le Syndicat du Crime" ou "The Killer".
Evidemment, l'ensemble masque difficilement son âge et les décors en carton pâte, souvent assez laids, peuvent rebuter les plus pointilleux. On appréciera davantage ce film pour sa valeur historique et pour les bases qu'il pose quant à l'avenir du cinéaste que pour ses qualités intrinsèques. Même si il reste agréable à suivre.