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LES GRIFFES DE JADE représente l'exemple typique
du Wu Xia Pian féminin, alors en bout de course puisque la Shaw
Brothers, sous l'influence de Chang Cheh, commençait à préférer
aux belles demoiselles les virils épéistes. La transition se
double ici d'un passage de flambeau symbolique entre Cheng Pei
Pei et sa suivante, Shih Szu, que la Shaw souhaitait imposer
pour assurer la succession de Cheng Pei Pei, partie se marier
aux Etats-Unis.
L'intrigue des GRIFFES DE JADE se centre donc
sur l'apprentissage de la jeune Shih Szu auprès de la légendaire
Cheng Pei Pei, auquel vient se greffer une rivalité amoureuse
pour Lo Lieh. Le ton se veut donc assez léger, parfois même
joyeux, même si Ho Meng Hua ne peut résister à l'appel de la
violence lors d'une série de séquence bien saignantes inspirées
par Chang Cheh. On peut aussi noter que Tarentino s'inspira
manifestement du passage où Cheng Pei Pei demande les bras et
la tête de ses ennemis pour imaginer l'affrontement de la Mariée
et des Yakuzas dans KILL BILL.
Les chorégraphies sont plutôt efficaces, en
dépit d'un certain manque de maîtrise au niveau des câbles (et
de passages où les interprètes sont visiblement doublés). Elles
sont assurées par Leung Siu-Hung, avec une belle énergie. Même
si le rythme des GRIFFES DE JADE paraît aujourd'hui un peu lent,
il permet néanmoins à Ho Meng Hua de bâtir une intrigue plus
sophistiquée que de coutume, dôtée d'une véritable progression
dramatique et d'enjeux aujourd'hui classiques mais intéressants.
Par ses thèmes, son introduction tentée par
le (faux) fantastique, son décorum (village isolé terrorisé
par les vilains, chevaux et dilligence) et même par sa musique,
le métrage se rapproche également des Westerns crépusculaires
tournés en Italie (et même aux Etats-Unis) à la même époque.
Durant la première heure, LES GRIFFES DE JADE
semble néanmoins un peu mièvre, surtout dès que le cinéaste
se frotte aux chassés croisés amoureux, toujours très naïfs
et peu crédibles. Néanmoins, le tout demeure sympathique et
l'une ou l'autre séquences spectaculaires maintiennent l'intérêt.
Les 25 dernières minutes, pour leur part,
jouent la carte de l'action non stop et délivrent leur quota
de combats musclés et bien violent. A ce niveau, LES GRIFFES
DE JADE ne se prive pas de nombreux effets gore, très peu réalistes
certes mais finalement divertissants. Les bouts de bois dans
les yeux et les décapitations graphiques (une marque de fabrique
de Ho Meng Hua) sont bien présents.
Si LES GRIFFES DE JADE s'avère, au final, inférieur
à sa réputation c'est probablement vu le nombre de productions
similaires sorties depuis sur nos petits écrans. Mais, quoiqu'il
en soit, le film reste une réalisation plus qu'honorable qui
mérite sans conteste une vision.
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