LES GRIFFES DE JADE

Titre: The Lady Hermit
ou: Zhong Kui Niang Zi
Réalisateur: Ho Meng Hua
Interprètes: Cheng Pei Pei

 

Lo Lieh
Shih Szu
Wang Hsieh
Fang Mien
 
 
 
Année: 1971
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite:

75%

Résumé:

Le village de Baijang est soumis, chaque nuit, aux exactions de démons tuant sans pitié les personnes non protégéés par des charmes vendus bien chers par les Taoïstes locaux. Une jeune épéiste ambitieuse, Ciu Lin, arrive à Baijang à la recherche de la légendaire Chasseresse, une maîtresse des arts martiaux ayant disparu depuis trois ans, suite à une défaite contre le redoutable Diamant Noir…Cachée sous le pseudonyme de Yu-Shuang, la Chasseresse perfectionne ses dons et développe le kung fu du Tigre afin de contrer son féroce adverse.

Critique:

LES GRIFFES DE JADE représente l'exemple typique du Wu Xia Pian féminin, alors en bout de course puisque la Shaw Brothers, sous l'influence de Chang Cheh, commençait à préférer aux belles demoiselles les virils épéistes. La transition se double ici d'un passage de flambeau symbolique entre Cheng Pei Pei et sa suivante, Shih Szu, que la Shaw souhaitait imposer pour assurer la succession de Cheng Pei Pei, partie se marier aux Etats-Unis.

L'intrigue des GRIFFES DE JADE se centre donc sur l'apprentissage de la jeune Shih Szu auprès de la légendaire Cheng Pei Pei, auquel vient se greffer une rivalité amoureuse pour Lo Lieh. Le ton se veut donc assez léger, parfois même joyeux, même si Ho Meng Hua ne peut résister à l'appel de la violence lors d'une série de séquence bien saignantes inspirées par Chang Cheh. On peut aussi noter que Tarentino s'inspira manifestement du passage où Cheng Pei Pei demande les bras et la tête de ses ennemis pour imaginer l'affrontement de la Mariée et des Yakuzas dans KILL BILL.

Les chorégraphies sont plutôt efficaces, en dépit d'un certain manque de maîtrise au niveau des câbles (et de passages où les interprètes sont visiblement doublés). Elles sont assurées par Leung Siu-Hung, avec une belle énergie. Même si le rythme des GRIFFES DE JADE paraît aujourd'hui un peu lent, il permet néanmoins à Ho Meng Hua de bâtir une intrigue plus sophistiquée que de coutume, dôtée d'une véritable progression dramatique et d'enjeux aujourd'hui classiques mais intéressants.

Par ses thèmes, son introduction tentée par le (faux) fantastique, son décorum (village isolé terrorisé par les vilains, chevaux et dilligence) et même par sa musique, le métrage se rapproche également des Westerns crépusculaires tournés en Italie (et même aux Etats-Unis) à la même époque.

Durant la première heure, LES GRIFFES DE JADE semble néanmoins un peu mièvre, surtout dès que le cinéaste se frotte aux chassés croisés amoureux, toujours très naïfs et peu crédibles. Néanmoins, le tout demeure sympathique et l'une ou l'autre séquences spectaculaires maintiennent l'intérêt.

Les 25 dernières minutes, pour leur part, jouent la carte de l'action non stop et délivrent leur quota de combats musclés et bien violent. A ce niveau, LES GRIFFES DE JADE ne se prive pas de nombreux effets gore, très peu réalistes certes mais finalement divertissants. Les bouts de bois dans les yeux et les décapitations graphiques (une marque de fabrique de Ho Meng Hua) sont bien présents.

Si LES GRIFFES DE JADE s'avère, au final, inférieur à sa réputation c'est probablement vu le nombre de productions similaires sorties depuis sur nos petits écrans. Mais, quoiqu'il en soit, le film reste une réalisation plus qu'honorable qui mérite sans conteste une vision.