CRASY KUNG FU

Titre: Kung Fu Hustle
ou:  
Réalisateur: Stephen Chow
Interprètes: Stephen Chow

 

Xiaogang Feng
Wah Yuen
Zhi Hua Dong
Kwok-Kwan Chan
Chi Chung Lam
Bruce Leung (aka Siu-Lung Leung)
Année: 2004
Genre: Kung Fu Comedy
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

60%

Résumé:

 

Critique:

Alors que la plupart des anciennes stars ont quitté la désormais ex-colonie britannique, Stephen Chow demeure une des dernières valeurs sures locales. Précédé d'une importante campagne de promotion, CRASY KUNG FU a battu les précédents records hongkongais de SHAOLIN SOCCER et largement consolidé la gloire de Stephen Chow, à présent reconnu dans le monde entier!

Est-ce à dire que le métrage est une véritable bombe? Pas vraiment. Après un début en fanfare (et un gros clin d'œil à son précédent hit, ponctué de la réplique imparable "no more football"), CRAZY KUNG FU se lance (et même se vautre pour employer un terme plus péjoratif!) totalement dans la comédie d'action, sans guère se soucier de son scénario. Celui-ci est en effet des plus limité et le concept alléchant (une maison de repos peuplée de paisibles retraités qui sont, en réalité, des maîtres de Shaolin) ne semble pas exploité avec suffisamment de pertinence.

L'intrigue est vague, un peu relâchée même, et part dans tous les sens sans se soucier d'aboutir quelque part, s'attardant sur des scènes n'ayant pas beaucoup d'intérêt ou en expédiant d'autres qui auraient, au contraire, mérité un minimum de développement. Frustrant! Le principal, ici, semble de donner au public un spectacle complètement délirant, d'où une utilisation surabondante d'effets spéciaux décoiffant. Une véritable surenchère de délires câblés qui explose visuellement toutes les tentatives précédentes en ce domaine. Yuen Woo Ping est une nouvelle fois promu responsable de ce concentré d'action énergique mais, il faut le reconnaître, un brin lassant. Un défaut que ne possédait pas SHAOLIN SOCCER, en partie par son sujet beaucoup plus original et propice à une véritable folie nonsensique.

Malheureusement, donc, il faut bien admettre que CRAZY KUNG FU déçoit. Si le spectateur suit les aventures de Chow et ses amis le sourire aux lèvres, il ne rit quasiment jamais. L'essentiel reste l'action et celle-ci est balancée sans pratiquement accorder le moindre répit au spectateur. On frise même l'overdose et les réceptifs au style (voltiges, câbles, burlesque) risquent de rester de marbre devant cette kung-fu comedy nouvelle manière.

Bien sûr, il serait malvenu de jeter le bébé avec l'eau du bain et de prétendre qu'on ne passe pas un bon moment devant CRAZY KUNG FU. Techniquement, tout cela est d'ailleurs très bien fait: mise en scène adéquate et ample, décors bien exploités, affrontements furieux: la technique est là même si il manque une certaine fluidité pour éviter à l'ensemble un côté un peu démonstratif. C'est au niveau des enjeux dramatiques que le métrage échoue, même si on ne demandait pas à Chow un pensum sur le sens de la vie, on eut aimé davantage que ce dessin animé en live. Car, la plus grosse référence de CRAZY KUNG FU est certainement les dessins animés à la Tex Avery, avec ses poursuites entre Bip Bip et Will Coyote ou entre Tom et Jerry. Ca court, ça saute, ça se tape dessus, mais sans se faire vraiment mal, et, au final nous avons un divertissement calibré pour plaire au public le plus large possible. D'où un développement des personnages et des pistes de scénario voisinant le zéro absolu. Ca bouge beaucoup, mais pour nous faire oublier que rien ne se passe vraiment, en clair on a l'impression que Stephen Chow n'arrête pas de bouger pour dissimuler le fait qu'il brasse du vide.

Dommage que toute cette agitation ne débouche, finalement, sur pas grand-chose et que le résultat trahisse un manque d'inspiration comique évident, entre gags éculés et passages déjà vus et revus.

Reste donc une certaine conception du cinéma de divertissement, puisant à tous les genres, des plus nobles aux plus bis, du kung fu au burlesque en passant par le polar / gangster et la comédie musicale. Une conception formatée et commerciale mais pas déshonorante pour autant, qui font de CRAZY KUNG FU un sympathique pop-corn movie du samedi soir.

Ce n'est peut-être pas grand-chose mais, parfois, on sait aussi s'en contenter. En se disant que pareil sujet aurait pu être bien, bien mieux exploité.