KRRISH

Titre: Krrish
ou:  
Réalisateur: Rakesh Roshan
Interprètes: Hrithik Roshan

 

Rekha
Priyanka Chopra
Naseeruddin Shah
Sharat Saxena
 
 
Année: 2005
Genre: Science-fiction / Action / Romance
Pays: Inde
Editeur  
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

Krishna, un jeune homme ayant hérité d'immenses pouvoirs de son paternel se rend dans une grande ville de Malaisie sur l'invitation d'une journaliste intéressée. Là il devient le super-héros Krrish.

Critique:

Vendu comme le premier film de super-héros bollywoodien, KRRISH est également la suite de KOI…MIL GAYA, un décalque d'E.T. mixé avec DES FLEURS POUR ALGERNON nous présentant les aventures de Rohit Mehra, l'idiot du village auquel un gentil extra-terrestre va léguer ses pouvoirs. Supposé mort, Rohit a un fils, Krishna, doté lui-aussi de nombreux pouvoirs mais quand même un peu limité au niveau du cerveau, recueilli par sa grand-mère dans un bled perdu. Evidemment, notre Krishna va rencontrer la bombe Prya (La Miss Monde 2000 Priyanka Chopra), laquelle se laisse séduire par le beau gosse et son côté naturel et campagnard avant d'imaginer, sous les conseils de sa peste de copine et collègue, de l'exploiter en le ramenant à Singapour pour révéler ses pouvoirs dans l'émission de télé dont elle est la présentatrice.

Toute cette introduction, pour amusante qu'elle soit (parfois), s'avère malheureusement bien longuette et ne décolle jamais vraiment, d'autant que les idées développées (le monde moderne c'est pas bien, faut pas faire passer le pognon avant l'amour, trahir un ami pour être célèbre c'est pas gentil) n'ont rien de particulièrement originales. Assez prévisible, cette première partie donne aussi dans une certaine naïveté qui rappellera les pires souvenirs d'enfance de ceux qui furent traumatisé par La Petite Maison dans la prairie. Lorsque Krishna endosse plus ou moins l'identité d'un fantôme pour effrayer la petite troupe de joyeux campeurs, KRISSH vire en outre au gros comique facile, ponctué par deux chansons sans éclat.

En résumé, le spectateur ronge son frein et attend que le timide gamin se décide enfin à revêtir le masque et le costume du super-héros Krissh…ce qui arrive au bout d'un peu moins de deux heures de projection. A ce moment, heureusement (et enfin dirons les esprits chagrins!), le métrage change d'orientation et délaisse sa romance sucrée et ses gags balourds pour un festival d'action plutôt jouissif même si aucunement révolutionnaire.

Tony Ching Siu Tung s'offre d'ailleurs un petit voyage sur le tournage pour mettre au point (et au poing!) les chorégraphies efficaces et spectaculaires. Sauvetage périlleux dans un chapiteau de cirque enflammé, entraînement express au kung-fu, combat contre des motards ou une armée de simili ninja, course poursuite à travers la ville avec bonds gigantesques (aidé par le jet d'eau d'une fontaine), KRISSH tient bon la rampe du spectacle pop-corn sympathique, d'autant que le look du héros possède un charisme indéniable. Le très musclé Hrithik Roshan, aussi à l'aise dans la comédie que dans le drame, la bagarre ou la danse, mène donc les opérations et permet à l'ensemble de ne jamais ennuyé le spectateur, du moins passé la barre des premières 90 minutes pas vraiment passionnantes.

Attendu par beaucoup, sans doute fantasmé comme le spectacle bollywoodien bourrin ultime, KRISSH ne peut - fatalement - que décevoir. Il possède pourtant de véritables qualités, à commencer par le souci de donner une personnalité riche et intéressante à son héros. La belle Priyanka Chopra, pour sa part, n'a pas vraiment un rôle très développé mais elle compense en jouant résolument la carte du charme et de la grâce. Le reste du casting n'offre que des compositions routinières sans génie particuliers mais jamais vraiment insupportables non plus, quoique la copine de Prya en rajoute un peu trop dans le style "oui je suis une salope vénale, ça te dérange?"

Les effets spéciaux, pour leur part, ne peuvent évidemment pas rivaliser avec des blockbusters comme SPIDERMAN ou X-MEN mais ils ne sont pas raté pour autant et, finalement, les trucages numériques passent assez bien à l'écran, pour peu que l'on fasse l'effort de ne pas se focaliser sur leurs menues imperfections.

Découpé un peu artificiellement en trois partie de durée plus ou moins égales (la romance de notre Tarzan des montagnes, la venue à la ville - là aussi digne de TARZAN A NEW YORK ou de CROCODILE DUNDEE pour prendre un exemple plus récent, et la partie actionner pure et dure), KRISSH aurait grandement gagné à se voir raccourci d'une petite heure, tant le début semble laborieux. Il ne faut pas, de toutes façons, comparer KRISSH aux trop nombreux métrages inspirés par les Marvel (ou les DC) Comics sortis depuis le début du XXIe siècle.

Et, si on veut réellement comparer KRISSH à une œuvre antérieure alors il est frappant que sa progression dramatique (et son ton général qui s'apparente davantage à une comédie romantique qu'à un pur film d'action) s'inspire bien davantage du grand ancêtre du genre, à savoir le SUPERMAN de Richard Donner. D'autres emprunts évidents vont vers la littérature de science-fiction et quelques idées de Philip K. Dick sont pompées plus ou moins adroitement…à savoir que le cinéaste utilise des éléments scénaristiques déjà vus dans PAYCHECK ou MINORITY REPORT.

On ne peut qu'espérer, à présent que les origines de Krissh ont été exploitée en long et en large, un troisième long-métrage qui emprunterait enfin la voie attendue: celle du pur "super hero action movie" avec un super vilain charismatique à combattre!

Prévisible mais divertissant, KRISSH n'est ni le monument espéré par certains ni le complet ratage dénoncé par d'autres. Juste un divertissant honnête qui permet de passer une soirée plutôt agréable.