LA GUERRE DES CLANS
Titre: Liu xing hu die jian
ou: Killer Clans
Réalisateur: Chu Yuan
Interprètes: Lo Lieh

 

Chen Ping
Ku Feng
Danny Lee
Yueh Hua
Yuen Biao
Norman Chu
Année: 1976
Genre: Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * *

85%

Résumé:

Pour venger l'honneur d'une jeune fille violée, l'Oncle Sun Yu, chef du clan Lung Men, délègue son meilleur assassin afin de rétablir la justice et de châtier les coupables.

Une guerre débute alors entre les clans rivaux. Meng Sheng-hun, un redoutable assassin, est délégué par un mystérieux empereur pour éliminer Sun Yu. Le tueur tente de s'introduire au sein du clan afin de gagner la confiance de l'Oncle mais sa détermination est remise en question par sa rencontre avec une belle jeune fille vivant dans la Forêt aux Papillons.

 

Critique:

Voici du beau et du grand wu xian pian. On peut souvent reprocher au genre des scénarios simplistes mais c'est loin d'être le cas ici. C'est même tout le contraire et le spectateur le plus attentif risque de se perdre dans les méandres d'une fascinante intrigue à tiroir.

Adapté d'un roman de Gu Long, lequel s'inspirait ouvertement du "Parrain" et - par extention - des tragédies shakespearienne, le fmétrage débute comme celui de Coppola: un vieil homme demande au chef du clan, ici nommé l'Oncle, de venger le viol de sa fille. Le meilleur assassin de la bande va donc réclamer justice et voilà le premier combat, inventif, barbare et splendide. Ensuite, l'intrigue se complexifie à souhait au gré des trahisons successives, des retournements de situation et des pièges d'un scénario digne des meilleurs polars.

Seule la fuite de l'Oncle, au deux tiers, apparaît moins intéressante avec son parfum BD / sérial prononcé et ses fausses pistes pas toujours convainquantes. Heureusement, le final rattrape largement cette faiblesse et propose un superbe combat.

Les chorégraphies, signées Tang Chia et Yuan Hsiang-Jeu, sont sans doute datées mais elles gardent un charme indéniable et une énergie rare qui les transforment en de véritables ballets de violences. Néanmoins, il serait regrettable de réduire l'oeuvre de Chu Yuan à une simple succession de joutes martiales: la beauté sidérante de la photographie et la qualité esthétique des décors de studios portent le film loin au-dessus du tout venant.

Ajoutons un érotisme gentillet mais réel, une interprétation convainquante et un véritable sens de la mise en scène, travaillée et pensée avec soin, pour conclure qu'il s'agit d'un film essentiel malgrè de minimes faiblesses. A coup sûr le chef d'oeuvre de son réalisateur.