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Ce film de Chang Cheh met une fois de plus
en scène le groupe d'acrobates martiaux des Venoms et utilise,
comme de coutume, le célèbre monastère de Shaolin comme toile
de fond d'une intrigue convenue.
Les Manchous, effrayés par les moines Shaolin,
craignent la révolte et un général Qing (Johnny Wang) organise
une terrible machination visant à dresser le Shaolin du Nord
contre son homologue du Sud, espérant ainsi aboutir à leur complète
destruction mutuelle. Vaincus, trois maîtres sudistes décident
de perfectionner leurs techniques mais, au final, le machiavélisme
du général Qing est mis à jour. Nord et Sud s'allient donc pour
l'ultime affrontement.
INVINCIBLE SHAOLIN bénéficie d'une réputation
flatteuse et s'avère, en effet, être un des meilleurs métrages
dans lequel officie les Venoms, troupe d'acteurs devenue culte,
en particulier aux Etats-Unis. Pourtant, l'ensemble n'est pas
exempt de défaut. Le scénario, en premier lieu, se veut plus
complexe et ambitieux que de coutume mais ne parvient jamais
à convaincre totalement le spectateur. La construction de cette
machination ne parait, en effet, jamais véritablement crédible,
le cinéaste ayant manifestement renoncé à proposer une intrigue
réellement solide pour se concentrer sur ce qui, sans nul doute,
intéresse la majorité de son public: une suite de combats de
très haute volée. Les séquences d'entraînement, sur le modèle
de la kung fu comedy, méritent elles aussi le détour, comme
en témoigne cet étudiant forcé d'apprendre le style de la mante
religieuse. Il doit mesurer sa force sans briser des œufs et
doit, en guise de punition, avaler tout ceux qu'il casse. Les
autres apprentis combattants sont soumis à un entraînement similaire
afin de maîtriser différentes techniques, comme le bâton ou
le Wing Chun. Etirement des membres à l'aide d'élastiques géants,
pompes sur un doigt et cassage de planches à répétition sont
aussi au menu, dans un joyeux délire de techniques surhumaines
à rendrent jaloux les super-héros Marvel.
Parmi les kung fu "Shaolin" de Chang Cheh,
cet INVINCIBLE SHAOLIN se situe au-dessus de la moyenne et offre
au spectateur sa dose d'affrontements culminant dans une impressionnante
bataille finale. Si il n'est pas aussi délirant que CRIPPLED
AVENGERS, le métrage propose néanmoins quelques idées déjantées
ou complètement kitsch (selon sa tolérance personnelle aux exagérations
coutumières du genre style coup de pied brisant un crâne d'un
seul coup) et se révèle bien sûr fort sanglant.
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Robert Tai s'occupe en partie des chorégraphies
et, si elles n'atteignent pas le niveau de douce démence mâtiné
de boucherie décomplexée de ces futures réalisations, elles
n'en sont pas moins de bon niveau et tout en excès. Sympathiques,
donc. Les Venoms sont ici en grande forme et brillent aussi
bien par leurs capacités martiales exceptionnelles que par leur
bonne humeur et leur franche camaraderie, laquelle transparaît
dans chaque séquence et élève le film au-delà des standards
du genre. Définis sommairement mais avec talent par leur style
respectif, les personnages sont bien typés et tranchent avec
les héros unidimensionnels et par trop "bêtement" héroïque de
nombreux titres semblables.
INVINCIBLE SHAOLIN ne propose sans doute rien
de véritablement nouveau sous le soleil et les fans de la Shaw
Brothers et de Chang Cheh ne seront guère surpris par les thèmes
développés (honneur jusque dans la mort, amitié virile à la
limite du copinage gay pride, respect du maître,…) ni par les
circonvolutions finalement attendues du scénario. Pourtant,
tous les éléments s'emboîtent avec une réussite et une efficacité
que l'on retrouve, en définitive, assez peu dans les métrages
mettant en scène les Venoms, plaçant sans contestation possible
INVINCIBLE SHAOLIN dans le peloton de tête de leurs films.
En dépit de son budget relativement réduit,
de son aspect prévisible et d'un certain classicisme, INVINCIBLE
SHAOLIN est donc bien une œuvre distrayante, parfois drôle,
parfois violente mais toujours agréable à suivre.
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