INVASION U.S.A.
Titre: Invasion U.S.A.
Réalisateur: Joseph Zito
Interprètes: Chuck Norris

 

Richard Lynch
Melissa Prophet
Alex Colon
 
 
 
                      
                      
Année: 1987
Genre: Pif Paf Pouf!
Pays: USA
Editeur MGM
Violence: * *
Erotisme: * *
Suite:  

60%

Résumé:

Matt Hunter, un super-agent secret de la CIA à la retraite (il porte le même nom et exerce la même fonction que le héros incarné par Michael Dudikoff dans un autre actioner idiot de la Cannon, "Avenging Force"), tente d'arrêter la progression d'une armée de terroristes russo-cubains s'attaquant cruellement aux... vacanciers de Floride.

 

Critique:

Avec Chuck Norris, particulièrement dans sa période Cannon, la cause est entendue, il est impossible d'évaluer ses films d'une manière objective. En voici un nouvel exemple. Cet actioner boursouflé comporte toutes les qualités (mais si!) des productions Cannon du milieu des eighties: un racisme viscéral, une violence délirante et des situations plus idiotes les unes que les autres. Que du bonheur pour les amateurs de nanars pur jus, en somme.

Norris, apparemment sympa et animé d'une vraie conviction, aurait mérité une carrière plus glorieuse en suivant la voie ouverte par "Sale temps pour un flic" et "Oeil pour Oeil", deux excellentes séries B qui revitalisaient respectivement les codes du polars urbains et du western moderne. Il préféra signer avec Menahem Golan et s'enfoncer dans les tréfonds du Z le plus stupide, à la grande joie des fans de second degré.

Et comment prendre autrement cette production destroy qui ressemble à un comic-book survolté et joussif. Parce que, passé l'indispenssable présentation (vingt minutes maximum), c'est l'escalade dans le franc n'importe quoi. Jospeh Zito ne lâche plus sa vedette et lui offre un super-pouvoir inédit: l'ubiquité. C'est simple, Chuck est partout. Il bastonne les poseurs de bombe, envoie valser les méchants dans le décor, tabasse les terroristes, extermine les communistes, etc. A lui seul, il stoppe une invasion caricaturale. Une véritable frénésie, certes répétitive mais également irrésistible pour quiconque apprécie un second degré involontaire. Car, paradoxe du Z oblige, plus le cinéaste se veut sérieux et alarmiste (en gros: "attention, ces enfoirés d'étrangers communistes sont partout et rêvent de détruire notre beau pays"), plus il fait rire.

"Invasion U.S.A." n'est évidemment pas un grand film mais il témoigne d'une certaine conception (reaganienne, disait-on alors) du cinéma de divertissement marquée par son temps. Revu aujourd'hui, le discours haineux apparait particulièrement bête, donc inoffensif, et ne subsiste plus que les points positifs (certes limités) de ce produit. A savoir une accumulation rapide de séquences explosives qui savent contenter les afficionados, lesquels n'oublieront sans doute pas - contrairement à la critique dite sérieuse - de rire devant de tels excès. Divertissant!