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"Infernal Affairs" fut un des plus grands succès du cinéma de Hong Kong. On peut le comprendre à la vision du film: il possède tout les éléments que l'on aime et qui ont fait la spécificité des productions HK.
Le scénario est en apparence simple (on pense un peu à "Heat" ou à "Donnie Brasco") mais la trâme de base possède de nombreuses intrigues connexes pour entretenir l'intérêt. Les personnages de la psy, du chef de la police (Anthony Wong), du gangster un peu abruti ou du chef mafieux (Eric Tsang) sont typés avec suffisamment d'intelligence pour éviter d'être simplement les faire-valoir du duo principal.
Il est vrai que celui de l'épouse écrivain de Ming n'est pas vraiment développé et vrai que les personnages féminins sont en retrait et moins travaillé. Mais le métrage est ramssé et rythmé, sans s'apesantir sur les détails, et la plastique avenante des interprètes féminines compense cette caractérisation un peu expeditive.
Le film se focalise en fait sur les interrogations identitaires des deux "héros" et leurs questionnement: le sens de l'existence et, plus généralement, le bien et le mal. Cette réflexion apporte le sel nécessaire à un divertissement intelligent et passionnant. Les acteurs, eux, sont excellents: Andy Lau parvient à jouer sobrement et il est totalement crédible dans le rôle d'un "bad guy" tandis que Tony Leung incarne le gentil avec toute la décontraction classieuse nécessaire à l'intrigue.
Niveau mise en scène on pouvait craindre le pire de la part de Andrew Lau, yes-man sur des productions tape à l'oeil comme "The Duel", "A Man Called Hero", "Stormriders" ou "Avenging Fist". Heureusement, accompagné d'Alan Mak, il trouve ici l'inspiration et ses plans s'avèrent efficaces sans être démonstratifs, par exemple dans les scènes d'action, peu nombreuses mais bien ficelées. Une mise en scène discrète mais inspirée servie par une musique prenante.
"Infernal Affairs" s'impose comme une belle réussite dans le domaine du polar pur et dur. Un grand moment prenant où le suspense ne faiblit jamais.
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