ICHY THE KILLER

Titre: Koroshyia 1
ou: Ichy The Killer
Réalisateur: Takeshi Miike
Interprètes: Nao Omori

 

Tadanobu Asano
Shinya Tsukamoto
Paulyn "Alien" Sun
 
 
 
Année: 2001
Genre: Action / Horreur / Gore
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

45 %

Résumé:

Le chef Yakuza Anjo disparaît en emportant 300 millions de yens. Son gang, maintenant mené par le tueur masochiste Kakihara, tente de le retrouver mais se heurte à un tueur à gages sadique et psychopathe, Ichy.

Critique:

Précédé d'une réputation de film extrême et barbare, ICHY THE KILLER est souvent présenté comme le métrage le plus gore de Takeshi Miike, son réalisateur fou, stakhanoviste de la pellicule comptant de nombreux détracteurs et une poignée d'admirateurs fanatiques. Une fois de plus la vision effective du métrage (dans sa version Uncut Intégrale) s'avère donc une déception.

Le gros problème d'ICHY THE KILLER réside sans doute dans son scénario rabâché et peu intéressant qui s'apparente d'ailleurs davantage à une suite de saynètes plus ou moins barrées qu'à une intrigue cohérente. Les personnages présentés, par contre, sont tous bien détraqués et certains atteignent même un tel niveau de folie que le film glisse complètement dans l'univers bande dessinée (dont il est issu à la base) pour s'abroger de tout réalisme. Difficile d'ailleurs de prendre au premier degré ce monument de délire, de misogynie crasse et de violence extrême.

Au niveau de la mise en scène Miike ne démontre aucun génie, loin de là: tout paraît bâclé, miséreux et moche, excépté dans les rares moments de sexe et de sang, traités avec un peu plus de soin mais toujours à la manière d'un téléfilm un peu audacieux de seconde partie de soirée. Car ICHY THE KILLER ne cherche mainfestement qu'à choquer et seuls les passages gore retiennent l'attention du spectateur. Des scènes finalement pas très nombreuses et assez répétitives, alternant tortures réalistes et moments de pure boucherie déservis par des effets spéciaux numériques pas vraiment convaincants.

Les amateurs de gore risquent d'ailleurs de se sentir floués tant ces passages gore, disséminés sur plus de 2 heures (et on les sent passer!) de film ne constituent finalement que la partie visible de l'iceberg…Le reste est rempli (le mot est adéquat) par les pérégrinations de personnages qui se cherchent, se croisent, se trouvent et se tuent parfois.

Pour garder son statut de cinéaste important, Miike glisse de ci de là quelques considérations, pensées ou dialogues vaguement philosophiques sur la violence et la place de celle-ci dans la société. Un sous-texte légèrement intellectualisant qui dissimule surtout le néant que constitue cet ICHY THE KILLER.

En toile de fond se noue aussi une sorte de relation amoureuse entre les deux tueurs, sorte de fascination sado masochiste assez peu creusée et limitée à des excès démonstratifs alors qu'une certaine retenue aurait sans doute été plus efficace. Ce thème, pas vraiment neuf d'ailleurs puisque nombre de métrages utilisent plus ou moins consciemment l'attirance homo-érotique (si pas homosexuelle) de ces protagonistes principaux, n'est une fois de plus qu'effleuré, Miike semblant incapable d'approfondir un minimum un métrage conçu dans le seul but, sans doute, de choquer le public.

Même la scène finale de confrontation tant attendue tourne court et se transforme en une suite de gérémiades à la consternation d'un spectateur dont Miike semble, une fois de plus, se foutre royalement. Quoique le cinéaste parvienne à garder une certaine ligne directrice tout au long du métrage sans verser dans l'incohérence et le joyeux n'importe quoi qui ont fait sa marque de fabrique, ICHY THE KILLER reste pénible à regarder et son manque de rythme flagrant constitue un défaut supplémentaire à son encontre.

Miike aurait sans doute été avisé de couper un peu dans la masse pour élaguer le produit d'une bonne demi-heure afin de le rendre plus regardable. En l'état, le film est donc loin de mériter son étiquette - bien galvaudée - de culte!

Globalement très ennuyeux, ICHY THE KILLER alligne les scènes d'un goût douteux (les masturbations de Ichy à la vue du sang, les jets de sperme, la scène de séduction, les passages à tabacs de demoiselle, l'intervention du "meilleur limier de la ville",…) censément provocantes mais, à l'image de DEAD OR ALIVE, l'ensemble ressemble surtout à une grosse baudruche qui se dégonfle très rapidement et ne laisse finalement rien, si ce n'est un vague mauvais goût dans la bouche.