HULK

Titre: Hulk
ou: The Hulk
Réalisateur: Ang Lee
Interprètes: Eric Bana

 

Jennifer Connelly
Sam Elliott
Josh Lucas
Nick Nolte
Paul Kersey
Année: 2003
Genre: science-fiction
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

30%

Résumé:

Le scientifique Bruce Banner, victime d'une expérience ayant mal tourné, devient ponctuellement le monstrueux Hulk, un géant vert à la force prodigieuse.

Critique:

HULK, le géant vert mythique de Stan Lee au cinéma.

Depuis le grand succès du film X-MEN, amplement mérité, nous avons pu voir arriver sur nos écrans plusieurs longs métrages s'inspirant des super héros Marvel. De plus en plus de projets sont annoncés, suites multiples ou nouveaux personnages tels que les QUATRE FANTASTIQUES, THE PUNISHER et bientôt, sans doute, Ghost Rider, Iron Man, etc.

L'industrie Hollywoodienne semble avoir trouver un nouveau filon inépuisable pour combler son manque de créativité cinématographique chronique. Seulement, il ne suffit pas d'une bonne idée avec quelques acteurs connus (ce qui ne veut pas dire que ce soient de bons acteurs), pour réaliser un bon film. Pour preuve, le décevant SPIDERMAN, et le monstrueusement pathétique DARDEVIL.

Alors, je dois avouer que c'est avec une certaine angoisse que j'ai regardé HULK. Mes craintes étaient de toute évidence justifiées au regard de l'interprétation d'Eric Bana qui, contrairement à son personnage, ne casse pas des briques. Les jeux de Nick Nolte et de Sam Elliot sont assez loin de leurs capacités. Nick Nolte apparaît presque grotesque par moment, lorsque le scénario le pousse dans les retranchements d'une pseudo folie, avec un tel goût de déjà vu que l'on y prête même pas attention. Seule Jennifer Connely arrive à émouvoir tant par sa beauté que son charisme et son interprétation.

Le scénario, qui tient sur un timbre poste, ne mérite pas vraiment que l'on s'y attarde, mais il est vrai que dans de telles adaptations, il est difficile de se montrer innovant dans ce domaine. Cependant, en ce qui concerne la réalisation, il y a un point de particulièrement jouissif. Ang Lee a réussi à conférer à son film un esprit bande dessinée très bien rendu par le montage et la réalisation. En effet, on assiste assez souvent à un superbe découpage de l'écran en plusieurs images, des découpages horizontaux et verticaux, des zooms sur une image plus importante qui va se superposer aux autres, et divers procédés bien pensés et mis en ouvre pour symboliser les cases de bande dessinée. Ainsi, on a parfois l'illusion de feuilleter un livre, une image étant chassée par les pales d'un hélicoptère qui, une fois passé sur l'écran, laisse derrière lui une autre image.

De même, nous pouvons noter de réels efforts pour donner de la profondeur à l'oeuvre. Au cours du film, on nous amène à nous interroger sur la différence, sur l'acceptation de soi et le poids du regard des autres. La nature de l'homme est également froissée. On peut sentir la critique de l'éternelle envie de dominer les lois de la nature par la science, qui conduit irrémédiablement à une catastrophe par perte de contrôle.

Mais Ang Lee, très loin du lyrisme qu'il avait montré dans TIGRE ET DRAGON, se perd dans les méandres d'un film sans aucune profondeur réelle, et la relation « King Kongesque » entre Jennifer Connely et Eric Bana est assez lourde.

Au final, malgré quelques bonnes idées, souvent mal exploitées ou pas assez poussées, HULK montre rapidement ses limites et c'est bien dommage étant donné qu'il dure près de 2h10. Les effets spéciaux sont dans l'ensemble assez grossiers, et seul le visage relativement expressif du « monstre vert » est vraiment réussi.

C'est un film très décevant, un peu divertissant, mais beaucoup trop long pour ne pas être indigeste.

Cette critique est de Yann Jegodtka