HOUSE OF TRAPS

Titre: Chong xiao lou
ou: House of Traps
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: Philip Kwok

 

Lu Feng
Sun Chien
Lo Meng
Chiang Sheng
Ricky Cheng
 
Année: 1982
Genre: Kung fu
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

50 %

Résumé:

Divers voleurs tentent de s'emparer de précieux trésors cachés dans une maison emplie de pièges mortels.

Critique:

Réalisé alors que la Shaw Brothers entamait son déclin, HOUSE OF TRAPS sera l'avant dernier film tourné par Chang Cheh pour le mythique studio. Les Venoms sont une dernière fois de la partie dans cette intrigue plutôt originale mais qui, malheureusement, ne s'élève pas à la hauteur de nos attentes.

L'intrigue tourne une fois de plus autour d'intrigues de palais. Un prince tente de regagner son pouvoir après l'assassinat de sa mère et l'exécution de son assassin, qui n'est autre que son père. Décidé à former une petite armée, le prince rassemble quelques valeureux combattants pour l'aider dans sa mission. Le prince souhaite aussi se constituer une petite collection de trésor, qu'il va enfermer dans une maison équipée de nombreux pièges mortels. Mais les nombreux vols d'objets précieux (un cheval de jade, une couronne et un sceau royal) attirent l'attention d'un juge décidé à coincer le prince.

La "maison des pièges" du titre est évidemment l'attraction principale d'un métrage, qui en tire d'ailleurs son originalité et évite la banalité des intrigues de pouvoir, même si celles-ci restent le principal élément dramatique. Il faudra donc s'armer d'un minimum de courage pour apprécier les circonvolutions d'un scénario multipliant les trahisons et autres traîtrises pour maintenir l'intérêt du public.

Hélas, le tout n'est pas toujours complètement digeste et les spectateurs moins sensibles à cette série de retournements de situations assez feuilletonesques risquent de trouver le temps long entre les différentes scènes d'action. Comme souvent, le nombre important de personnages hâtivement présentés n'aide pas à la compréhension d'une histoire assez difficile à suivre et dénuée d'un véritable héros auquel s'identifier. Les costumes des protagonistes sont, pour leur part, complètement folkloriques et les couvre-chefs ridicules des héros (le Papillon et le Renard Volant en particulier) confèrent pourtant à HOUSE OF TRAPS un certain parfum nostalgique, hérité à la fois des comics américains que des serials les plus bis.

Certaines armes farfelues sont également de la partie, on retient en particulier une espèce de foreuse mortelle dissimulée dans un parapluie. Cette imagerie colorée et complètement déconnectée de la réalité historique annonce d'ailleurs fortement les délires "disco gay" des cinéastes indépendants de Taiwan. A ce propos, HOUSE OF TRAPS est encore plus connoté "homo-érotique" que les précédents films des Venoms puisque pas une seule femme n'est de la partie, le cinéaste délaissant complètement les petites romances un peu niaises qu'il aimait jadis. Niveau violence, Chang Cheh réfrène un peu ses ardeurs belliqueuses mais ne peut s'empêcher d'offrir quelques passages gore à souhait, en particulier un interrogatoire brutal qui relève davantage de la torture pure et simple.

Les combats sont d'ailleurs assez peu nombreux, un comble sans doute pour un métrage de la troupe des Venoms. Si les chorégraphies sont incontestablement efficaces et agréables à l'œil, on peut regretter qu'elles ne soient pas plus nombreuses. Seul le final, une fois de plus, verse dans l'excès martial coutumier de Chang Cheh sans pourtant, il faut l'avouer, retrouver la verve de titres comme CRIPPLED AVENGERS, SUPER NINJAS ou MASKED AVENGERS.

HOUSE OF TRAPS est, en définitive, assez décevant même si il procure un certain amusement immédiat. La Maison piégée s'avère sous-exploitée et les différentes chausse-trapes ne sont pas assez nombreuses pour intéresser le spectateur parfois appâté par la promesse d'un décalque kung-fu de la série "Mission: Impossible". Réservé aux inconditionnels de Chang Cheh, des Venoms et de la Shaw Brothers, donc.