TERREUR A HONG KONG

Titre: Shu dan long wei
ou: High Risk
ou: Meltdown
Réalisateur: Wong Jing & Corey Yuen Kwai
Interprètes: Jet Li

 

Jackie Cheung
Chingamy Yau
Wu Ma
Billy Chow
 
 
Année: 1995
Genre: Action
Pays: USA
Editeur  
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: The Black Sheep Affair - Another Meltdown

55 %

Résumé:

Kit, un flic de Hong Kong, laisse mourrir sa femme et de nombreux enfants dans un attentat terroriste. Devenu garde du corps et doublure d'une star alcoolique du kung-fu, il a l'occasion de se racheter une conscience lorsque des criminels prennent en otage les invités d'une réception.

 

Critique:

Voilà une variation typiquement "à la manière de Wong Jing" sur la trilogie Die Hard. Le premier film, Piège de Cristal, étant pillé quasi intégralement. Nous trouvons donc un policier Kit (Jet Li) devenu un cascadeur et garde du corps après avoir laissé mourir sa femme et une dizaine d'enfants dans un attentat terroriste. Kit est donc au service de Frankie Lone (Jackie Cheung), une star du cinéma HK qui s'inspire outrageusement de Jackie Chan (et un peu de Bruce Lee). Wong Jing présente son pseudo-Jackie comme un pleutre alcoolique truquant ses cascades, le producteur tyrannique et opportuniste ayant apparemment mal digéré les divergeances d'opinion de la satr sur le tournage de Nicky Larson. Evidemment, le "Docteur", à savoir le terroriste jadis responsable de la mort de l'épouse de Kit kidnappe Frankie Lone et retient en otage plusieurs dizaines d'innocents dans un immeuble. Kit va devoir intervenir.

Le reste du métrage consiste majoritairement en grosses séquences d'action plus ou moins convaincantes, en humour gras du bide et en sous-entendus sexuels typiques de la méthode Wong Jing. Nous voyons donc notre star doubler une séquence en imitant maladroitement Bruce Lee, puis il se met à pousser de petits cris horrifiés car il voit un cafard poser sur sa main. Et tout le monde est content. Ensuite il quitte le studio en affirmant vouloir travailler aux Etats-Unis avec de vrais professionnels.

L'humour est horrible les trois quart du temps, Jackie Cheung passant son temps à bondir et à rater ses sauts, s'affalant dans une piscine vidée de son eau, etc. Le contenu sexuel est naïf et vulgaire et les gags volent bas. Chingamy Yau est surprise sur le pot, camouflée dans un décor tropical, par des méchants qui lui lancent des centaines de serpents. Pour continuer dans l'imbécillité, un gros varan débarque dans les toilettes et mord Jackie Cheung aux fesses. Bien sûr, Jet Li est prêt à sucer le venin de la blessure de Chingamy mais le pauvre Jackie Cheung se débrouillera avec son cul mordu.

Totalement crétin, ce passage montre clairement que Wong Jing se fiche complètement de garder la moindre cohérence ou même la plus élémentaire vraissemblance. On trouve aussi un concours de pisse entre Jackie Cheung et la brute Billy Chow et de nombreux autres éléments indispensables à une production Wong Jing: des scènes comiques dans le plus pur style débile / scato. Notons aussi ce Jackie Cheung agrippé par les couilles par un agonisant dont il ne peut se dépétrer. C'est fin et de bon goût!

Bref, le cinéaste nous donne un nouvel aperçu de sa manière de faire pour le pire et le...moins pire (on ne parlera pas de meilleur dans son cas!). Comme toujours nous trouvons donc un mélange bourratif et indigeste entre gags lourdingues, romance à deux balles, violence gratuite (corps défénestré, main coupée, impacts de balles bien sanglants) et puérilité. Au final Jet Li balance carrément un hélicoptère dans l'immeuble: une séquence explosive qui montre suffisamment le total manque de respect de Wong Jing envers la vie humaine. Comment le personnage de Li peut-il accomplir un acte aussi absurde? Explosions, déluge de flammes, rotor meurtrier, tir nourri, etc. Drôle de façon de secourir des otages.

Reste heureusement les scènes d'action, pas toujours très bien foutues mais assez impressionnantes malgrè tout: l'arrivée explosive et précité d'un hélicoptère crashé dans un immeuble, les explosions bigger than life, les gunfights, etc. Wong Jing ne se hisse pas à la hauteur de son modèle américain - loin de là - mais se livre à un déchainement pyrotechnique assez efficace. Quand aux chorégraphies de Corey Yuen Kwai, elles sont tout à fait correctes mais rarement géniales. Jackie Cheung, qui n'a pourtant aucune compétences martiales, se livre pourtant, par la grâce d'un montage approprié à un combat de kung-fu entre Cheung et le méchant Billy Chow totalement réjouissant. Jet Li, lui, s'en sort nettement moins bien et n'a droit qu'à une baston un peu molle. Niveau comédie se n'est pas la joie mais la direction d'acteur n'est surement pas la priorité de Wong Jing, plus soucieux d'exhiber le physique de sa copine Chingamy ou de faire exploser le décor.

La musique hip-hop bien naze rajoutée pour l'exploitation américaine rend le tout encore plus indigeste...

L'ensemble est donc indubitablement mauvais mais comporte quelques excès décérébrés et jouissifs qui ont fait la réputation du cinéma HK. Terreur à Hong Kong s'avère donc être un plaisir coupable qui se laisse regarder sans trop d'ennui mais disparaît rapidement des mémoires.