HEX

Titre: Xie
ou: Hex
Réalisateur: Chin Hung kuei
Interprètes: Wong Yung

 

Tanny Tien Ni
Si Gaai Chan
 
 
 
 
Année: 1980
Genre: Fantastique / horreur
Pays: Hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: * *
Suite: Hex Vs Witchcraft

55%

Résumé:

Une femme malade et sa servante se débarrassent d'un mari alcoolique et violent...Mais son fantôme ne tarde pas à pourchasser les deux criminelles.

Critique:

Hex appartient à la vague horrifique lancée par la Shaw Brothers au tout début des années 80, voire déjà à la fin des seventies. Une poignée de titres dont les plus "fameux" représentants sont probablement HUMAN LANTERNS, BLACK MAGIC, SEEDING OF A GHOST, CORPSE MANIA et quelques autres séries B à l'intérêt souvent limité.

Le public local, lassé des kung fu interchangeables et des Wu Xia poussiéreux, demandait un apport de sang neuf, au propre comme au figuré. Alors que la vague démoniaque touchait de plein fouet les USA et l'Europe avec des classiques comme AMITYVILLE, LA MALEDICTION, L'EXORCISTE ou encore les méconnus L'EMPRISE et LA SENTINELLE DES MAUDITS, l'Asie eut droit, elle aussi, aux récits de fantômes, de maisons hantées et de malédiction. Le tout étant souvent additionné d'un érotisme prononcé.

HEX appartient à cette catégorie si ce n'est que la référence inavouée et pourtant transparente est ici le chef d'œuvre français de Clouzot, LES DIABOLIQUES. Nous sommes donc en présence d'un mari violent et sans cœur, lequel insulte sa femme malade et passe ses nerfs sur la servante. Lorsque cette dernière quitte la demeure, une remplaçante vient s'occuper de l'épouse. Les deux femmes persécutées finissent par noyer le mari dans un tonneau avant de jeter son corps dans un étang. Un fantôme revanchard ne tarde pas à se manifester. Mais les apparences sont parfois trompeuses…

Commencé comme un produit d'exploitation un peu bis, HEX s'oriente ensuite vers le thriller psychologique. Puis, à mi-parcours, l'aspect outrancier et délirant reprend le dessus, les apparitions spectrales se multipliant sans négliger une dose d'horreur gore et une pincée d'érotisme prononcé. Le gore n'est pas très convaincant mais possède cet aspect un peu kitsch typique de la Shaw Brothers et même de nombreuses séries Z italiennes de la même époque. L'érotisme est essentiellement concentrée au cours du finale, avec danse sexy et héroïne dévêtue couverte de tatouages rituels.

Avec ses nombreux rebondissements et ses multiples fausses pistes, le métrage change régulièrement de genres et offre au spectateur un divertissement sympathique. Malheureusement, et en dépit de qualités artistiques réelles (photographie excellente, décors de studio surannés et somptueusement kitsch), HEX ne parvient pas à véritablement convaincre l'amateur. Le scénario finit par lasser, incapable de maintenir l'intérêt malgré une bonne volonté réelle pour relancer la machine à coup de twists plus ou moins efficaces.

Tout comme les nombreuses productions Shaw Brothers précitées, orientées fantastiques / violences / sexe (de la pré-Cat3 donc), l'ensemble demeure anecdotique. Sans être désagréable pour autant.

A voir donc, essentiellement par curiosité!