LES 13 FILS DU DRAGON D'OR

Titre: The Heroic Ones
ou: Sap Saam taai bo
Réalisateur: Chang Cheh
Interprètes: David Chiang

 

Ti Lung
Ku Feng
Lilly Li
Chin Han
Chen Sing
Bolo Yeung
Lo Wei
Année: 1970
Genre: Aventures / Epique / Wu Xia Pian
Pays: Hong Kong
Editeur CTV
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

70%

Résumé:

Un roi tyrannique et ses treize fils sont au coeur de moult intrigues et guerres sanglantes

Critique:

Réputée pour être une des productions les plus colossales de la Shaw Brothers, Les 13 Fils du Dragon d'Or est, en effet, un métrage majestueux. Chang Cheh dirige ici un casting composé de toutes les grandes stars de la compagnie, ce qui n'est pas peu dire! Ku Feng incarne ainsi le roi mongol, lequel règle sur ses treize "fils", également généraux de son armée, menés par David Chiang (qui défait Bolo "la brute" Yeung au cours du premier duel martial) et Ti Lung. Vu l'ampleur épique du métrage, il faut avouer que la mise en place n'est pas toujours fluide et certaines séquences d'exposition n'échappent pas à une certaine lourdeur héritée des gros péplum hollywoodien un peu patauds dans leur volonté d'écraser le spectateur par leur faste classieux. Au cours de cette présentation, on découvre également Chen Sing dans le rôle d'un officiel qui parie impulsivement sa ceinture de jade impériale, un acte qui va entraîner des conséquences fâcheuses. A partir de là, le métrage adopte un rythme beaucoup plus alerte et multiplie les confrontations et les combats à grandes échelles.

Dans sa seconde partie, une nouvelle sous intrigue se développe: deux des 13 fils tentent de violer une jeune fille (Lilly Li) ayant héberger la petite troupe. David Chiang intervient, conduisant à une scission entre les 13 généraux, les 2 précités rejoignant le camp ennemi. De nombreux combats s'en suivent à nouveau, souvent grandioses, rythmés et sanglants à souhait. A ce sujet, la mort de David Chiang constitue une scène authentiquement gore puisque la star est écartelée par quatre chevaux. Impossible de ne pas penser à la séquence identique du 2000 Maniacs de Hershell Gordon Lewis, d'autant que Chang Cheh ne se prive pas de détailler les membres déchiquetés et ensanglantés.

Contrairement à la majorité des classiques ultérieurs de la Shaw, Les 13 Fils du Dragon d'Or se déroule majoritairement en extérieurs, sur des plateaux impressionnants. Forteresse imposante, campement composé de dizaine de tentes, armée en marche, chevaliers en mouvement, etc. On sent la volonté évidente du studio de se démarquer de nombreux films moins coûteux en livrant un véritable étalage de spectacle. Chang Cheh, en effet, se surpasse dans la représentation d'un environnement colossal, entre récit épique, cadre (pseudo) historique, et pure fiesta martiale. A ce niveau, Liu Chia-liang et Tang Gaai assurent évidemment la qualité générale, c'est-à-dire un niveau élevé même si on n'y trouve aucune séquence véritablement (et intrinsèquement) mémorable.

Quoique son gigantisme devienne parfois gênant et même si le rythme n'est pas toujours maîtrisé (passages haletants et scènes à l'utilité toute relative voisinent avec plus ou moins de bonheur), le film reste impressionnant et sanglant à souhait. Dommage aussi que la conclusion donnée soit aussi décevant que celle de…Gladiator (en gros on prépare deux heures durant une guerre monstrueuse et on termine l'intrigue par du "un contre un" traditionnel). Malgré ces quelques réserves, Les 13 Fils du Dragon d'Or demeure une pierre blanche de l'histoire de la Shaw, un spectacle monumental auquel bien des productions ultérieures durent se mesurer.