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SHAOLIN CONTRE NINJA est souvent présenté comme
le plus grand film de Liu Chia-liang avec LA 36ème CHAMBRE DE
SHAOLIN et certains prétendent même qu'il s'agit là du meilleur
film d'arts martiaux de tous les temps. Comme "certains" pourraient
bien avoir raison, ou peu sans faut (à coup sûr ce titre se
doit de figurer dans le Top 10 de tous les amateurs du genre),
détaillons quelque peu le bestiau.
L'intrigue n'est pas très compliquée: une belle
japonaise spécialiste du karaté épouse un chinois adepte du
kung fu (Gordon Liu, of course). Très vite les deux tourtereaux
s'opposent sur les qualités respectives de leur art et la querelle
prend des proportions de plus en plus importantes jusqu'à ce
qu'une bande d'experts nippons viennent défier le mari, décidé
à restaurer l'honneur perdu du Japon.
SHAOLIN CONTRE NINJA commence de manière purement
comique, développant une relation de couple où les scènes de
ménages se règlent à grands coups de pieds de lancer de mobilier.
Bien sûr, le spectateur a le droit de penser que Lui Chia-liang
n'y va pas avec le dos de la cuillère et que le tout n'est pas
toujours léger. Mais l'essentiel est d'assurer un divertissement
de qualité et le métrage assure efficacement ce contrat.
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Ensuite, Gordon Lui doit affronter une série
d'adversaires, tous adeptes d'un art particulier, tous présentés
de manière respectueuse, grand changement par rapport à la quasi-totalité
des kung fu pian hongkongais dans lesquels les Japonais sont
toujours les grands méchants. Gordon Lui aura besoin de tout
son savoir pour triompher des différents adversaires placés
sur sa route. Armé de ses poings, d'une épée droite, d'un triple
bâton, d'une lance, de deux épées…Bref la grande démonstration
des techniques de Shaolin, en passant par le drunken style et
me pur kung fu. Tout cela sera bien nécessaire pour combattre
les katana, nunchakus et autres lances des maîtres nippons qui
sont également experts en karaté, sans oublier un redoutable
Sumo et un Samouraï. Le combat final oppose Gordon Lui à Yasuaki
Kurata, le premier usant de techniques "honnêtes" et nobles,
le second préférant miser sur le ninjustu et son cortège de
pièges, d'armes dissimulées et de frappes "déloyales".
Le spectateur comprend de suite qui sera le
grand vainqueur de cet affrontement dantesque mais l'intérêt
n'est évidemment pas là. Dans ce grand final qui vire soudainement
au portnawak martial (mais avec le souci d'offrir un pur bonheur
au spectateur), Gordon Lui n'aura pas de trop de ses épées,
lances, fléchettes et autres gadgets pour contrer les techniques
du Ninja qui passent par les ustensiles ensuite repris par les
"ninjateries" des années 80 comme les grappins, les déguisements
divers, les shurikens, les attaques surprises et les indispensables
bombinettes à fumées chères aux amateurs de nanars. Le grand
moment restant, toutefois, l'utilisation du délirant style du
crabe par notre Ninja. Kurata et Gordon Lui, tous deux excellents,
concluent ce métrage avec une énergie et un brio qui, certes,
vire un peu au délire bis sur ces quinze dernières minutes mais
n'en demeure pas moins une pièce maîtresse du cinéma kung fu.
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Débutant comme une comédie vaudeville et burlesque
(inspirée des classiques de l'âge d'or hollywoodien) parfois
légèrement irritante mais souvent amusante, SHAOLIN CONTRE NINJA
se transforme dans sa seconde partie en monstrueuse machine
de guerre martiale qui ne laisse pas souffler le spectateur
un seul instant. Ce n'est plus que scènes de combats se succédant,
au point que le cinéaste ne prend même plus la peine de placer
des scènes de transition, qu'ils considèrent probablement -
et avec raison - comme inutiles à ce moment.
Désireux de se surpasser (et lorsqu'on vient
de signer un classique bourrin comme LA MANTE RELIGIEUSE et
un sommet comme LA 36ème CHAMBRE DE SHAOLIN le terme prend vraiment
tout son sens), Lui Chia-liang nous invite à un voyage au cœur
des arts martiaux qui donnera un pèche d'enfer à tous les amateurs
de ce style de cinéma. Le seul petit reproche que l'on pourrait
adresser au cinéaste est sans doute d'avoir scindé le métrage
en deux parties assez distinctes: la comédie basée sur la rivalité
entre l'homme et la femme qui occupe la première partie laisse
ensuite la place à un catalogue de techniques martiales certes
formidable mais qui relègue la querelle entre les nouveaux époux
au second plan.
Dénué de la moindre violence (il importe de
démontrer la valeur d'un noble art, pas de tuer un adversaire
vaincu), SHAOLIN CONTRE NINJA est sans doute un des films martiaux
les plus à même de fédérer un public large, y compris les enfants
et ceux qui sont habituellement réfractaires au genre. Lui Chia-liang
peut donc être fier d'un tel chef d'œuvre!
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