HEROES OF SUNG

Titre: Long hu hui feng yun
ou: Heroes of Sung
Réalisateur: San Kong
Interprètes: Shih Szu

 

Lo Lieh
Chen Chun
 
 
 
 
Année: 1973
Genre: Wu Xia Pian
Pays: hong Kong
Editeur Celestial
Violence: * * *
Erotisme: *
Suite:  

65%

Résumé:

Le Prince Sung est emprisonné et deux chevaliers, Jing et Meng, viennent lui rendre visite secrètement. Ils reçoivent des sceaux royaux qu'ils doivent remettre au jeune frère du prince afin que ce dernier soit couronné empereur.

Critique:

Wu Xia Pia assez classique et bien rythmé, HEROES OF SUNG n'est sans doute pas le meilleur film sorti des mythiques studios de la Shaw Brothers mais l'ensemble s'avère néanmoins divertissant.

L'intrigue, très simple pour ne pas dire simpliste, ressemble à une bande dessinée ou à un antique sérial: Le Prince Sung est emprisonné et deux chevaliers, Jing et Meng, viennent lui rendre visite secrètement. Ils reçoivent des sceaux royaux qu'ils doivent remettre au jeune frère du prince afin que ce dernier soit couronné empereur. Le reste du film consiste en une série de traîtrise et autres retournements de situation afin de déterminer si les sceaux sont vrais ou non. Et l'ensemble, après bien des complications, se clôt par une énorme bataille qui règle la situation.

Shih Szu (ou Si Si) est la grande épéiste de ce métrage, un des derniers Wu Xia à jouer la carte féminine (ou féministe). En effet HEROES OF SUNG met en scène quelques femmes fortes, lesquelles mènent véritablement l'intrigue. Ce sont des chevaliers, au sens le plus noble du terme, et même la méchante est présentée sous un jour plutôt positif, loin des clichés du vilain irrécupérable et sadique, au rire tonitruant, que l'on trouvera dans de (trop) nombreux Wu Xia ultérieurs.

HEROES OF SUNG n'a pas vraiment le souci du réalisme et de la modération. Le cinéaste n'hésite pas, d'ailleurs, à pratiquer une certaine surenchère pour maintenir l'intérêt et les combats sont donc chorégraphiés en utilisant de nombreux trucs comme les câbles et les trampolines. Dommage que ces techniques ne soient pas parfaitement au point, certains sauts et autres acrobaties apparaissant un peu ridicules. Heureusement, Lo Lieh et surtout la dynamique Shih Szu remportent le morceau en accomplissant un beau travail et en délivrant des performances martiales convaincantes.

Au niveau de l'originalité, HEROES OF SUNG propose en outre quelques armes originales. La technique des héros est de combattre par paire, liés l'un à l'autre, mais le méchant, pour sa part, possède une arme spectaculaire, aperçue dans un certain nombre de films martiaux, une sorte de griffe d'acier mortel, ici attachée à une chaîne et capable par conséquent de dégâts considérables. Un autre chevalier est, lui, cloué sur une chaise roulante et combat ainsi, son fauteuil étant équipés de fléchettes et autres gadgets à rendre jaloux James Bond.

Mais HEROES OF SUNG, en dépit de son cœfficient de sympathie élevé, n'est pas exempt de défaut. Il se déroule, en premier lieu, dans des décors très théâtraux qui apparaîtront immédiatement faux aux yeux du moins regardant des spectateurs. Certes, les productions Shaw Brothers n'ont jamais été réputées pour la véracité de leurs décors mais ici la pauvreté des décors s'avère vraiment criantes. De manière similaire les effets gore sont aussi nombreux que médiocrement exécutés mais rappelleront sans doute les excès des long-métrages d'Hershell Gordon Lewis et possèdent, il faut l'avouer, un certain charme rétro. Reste que l'intrigue franchement peu passionnante n'aide pas à rester sur une impression vraiment positive.

En définitive, HEROES OF SUNG est un petit Wu Xia sans saveur particulière qui s'apparente aux productions sanglantes de Chang Cheh de la même époque mais, malgré tous ses défauts, l'ensemble se révèle suffisamment distrayant pour mériter une petite vision.