LES LARMES D'UN HEROS

Titre: Hero Shed No Tears
ou: Ying hung mo lui
Réalisateur: John Woo
Interprètes: Eddy Ko (Zhong)

 

Lam Ching-ying (Le Colonel)
Chen Yue-Sang
Lau Chau-sang
Cecile Le Bailly
 
 
Année: 1983
Genre: Guerre
Pays: Hong Kong
Editeur HK Video
Violence: * * * *
Erotisme: * *
Suite:  

70%

Résumé:

Un commando de mercenaires chinois est envoyé dans le triangle d'or par le gouverment thaïlandais pour kidnapper un puissant baron de la drogue. L'opération est un succès mais le retour s'annonce compliqué. Les hommes de main du gangster, l'armée vietnamienne et d'inquiétants indigènes ont pris les fuyards en chasse.

 

Critique:

John Woo, après des années de vaches maigres à jouer les yes-man pour ses producteurs, livre enfin un métrage personnel avec ce film guerrier. Le cinéaste tourne en Thaïlande cette histoire très classique qui s'apparente à une longue course poursuite dans la jungle.

Les pauvres mercenaires se sentent très vite bien seuls tant les méchants sont nombreux: trafiquants de drogue, indigène adepte des combats martiaux, soldats vietnamiens menés par un chef à demi fou et complètement sadique, etc.

John Woo se permet une véritable débauche de séquences d'action rondement menées et, surtout, extrêmement violentes. Il flirte même carrément avec le gore lors de séquences d'une rare cruauté: Eddie Ko a les paupières cousues pour que ses yeux ne puissent se fermer sous les rayons du soleil, Lam Ching Ying est éborgné sauvagement, un petit garçon est condamné à périr dans les flammes d'un gigantesque incendie, etc. Citons aussi une tentative de viol sur une touriste française dont le mari a été brutalement abattu. Le reste n'est pas plus modéré et les corps sont littéralement truffés d'impact de balles bien sanglants.

Le film connut en fait divers déboires: suite au remaniement du scénario par Woo, les producteurs de la Golden Harvest retournèrent divers passages pour adjoindre au film une séquence pseudo érotique et des passages humoristiques fort mal venus. Le résultat finit par sortir quatre ans plus tard suite au triomphe du Syndicat du Crime. Mais c'est en Occident que l'oeuvre gagna sa réputation de chef d'oeuvre oublié. Ce qu'il n'est évidemment pas. Il s'agit plutôt d'une série B brouillonne mais bien troussée, avec quelques passages fulgurants et d'autres nettement moins convaincants.

La relation entre le personnage d'Eddie Ko (efficace et carré) et son fils est traité avec un certain talent et s'inspire ouvertement de la saga Baby Cart, reprenant carrément la séquence où le gamin s'enterre pour échapper aux flammes.

Les Larmes d'un Héros n'est pas un chef d'oeuvre, loin de là, mais il s'agit d'un actionner bien ficelé et très violent qui plaira aux amateurs de récit guerrier, de nobles sentiments, d'amitié virile et de loyauté. Evidemment, si le réalisateur n'avait pas été John Woo mais un vulgaire tâcheron le résultat eut été nettement moins intéressant. D'un autre côté il est certain que seule l'aura culte qui entoure le cinéaste explique la sortie de ce produit assez mineur.

Surestimé mais globalement réussi.