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David Chiang et Ti Lung sont les héros de
ce très classique "eastern soja" réalisé par un Chang Cheh n'ayant
pas encore vraiment trouver sa voie. C'est la première fois
que le cinéaste utilise les deux acteurs qui, par la suite,
deviendront ses interprètes fétiches. David Chiang, dans le
rôle du combattant et sabreur solitaire compose une figure archétypale
apparemment empruntée aux Westerns spaghetti alors en vogue.
Mais également aux produits américains puisque l'inspiration
générale vient manifestement de la série télévisée de Andrew
V. Mc Laglen, HAVE GUN, WILL TRAVEL dans laquelle, six ans durant
(1957-1963), Richard Boone incarna le pistolero héros tiraillé
par ses problèmes de conscience.
Brave, généreux, chevaleresque, vaguement romantique
mais surtout naïf et parfois même un peu stupide, David Chiang
incarne sans aucun doute le héros typique de Chang Cheh et son
amitié viril avec Ti Lung sera, une fois de plus contrariée
par une belle demoiselle, Li Ching. Comme disait l'autre "c'est
toujours les gonzesses qui nous créent des tas de problèmes".
Evidemment, tout finira mal, nos deux beaux mâles auront fort
affaires face à tous ces méchants qui désirent les voir mourir
alors qu'eux ne souhaitent sans doute que parcourir le monde,
main dans la main si possible. On rigole mais, finalement, le
côté intimiste et la psychologie des personnages sont plus développés
que de coutume et l'ensemble tient assez bien la route.A l'image
des Westerns, David Chiang est un solitaire dont le seul ami
est son…cheval, qu'il doit même se résoudre à vendre pour assurer
sa subsistance.
Historiquement important, en ce sens qu'il
contient les germes de toutes les futures obsessions du cinéastes
(lesquels les reprendra jusqu'à plus soif au travers de VENGEANCE!,
DEUX HEROS ou LA RAGE DU TIGRE), le métrage accuse malheureusement
assez mal le passage du temps. Les chorégraphies sont encore
brouillonnes, pas vraiment maîtrisées, et assez brêves, même
si elles sont relativement nombreuses. Quant aux sauts impossibles
réalisés à l'aide de trempolines et autres câbles, ils sont
carrément maladroits et un peu risibles. Dommage aussi que Chang
Cheh ne maîtrise pas encore vraiment le rythme de son métrage
et que l'ensemble paraisse souvent un peu artificiel - à l'image
de nombreuses productions de la Shaw Brothers l'ensemble est
théâtral. |
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Mais tout n'est pas noir pour autant: quoique
classique et sans passion, l'intrigue se laisse regarder avec
un certain plaisir, les acteurs semblent y croire et les décors,
costumes et extérieurs sont de qualité. LE SABREUR SOLITAIRE
se clôt logiquement sur un carnage final assez sympathique où
Chang Cheh donne libre cours à son goût pour les flots d'hémoglobine
rouge vif.
Durant une vingtaine de minutes, nous suivons
David Chiang qui monte lentement vers le sommet d'une pagode
(celle, bien connue des fans de la Shaw Brothers que l'on voit
également dans LES GRIFFES DE JADE) en se battant avec une belle
énergie. Bref, un produit indiscutablement mineur mais, finalement,
pas désagréable à suivre pour peu que l'on apprécie un simple
divertissement exotique un peu daté mais qui annonce, joliment,
les excès ultérieur d'un des plus grands cinéastes du cinéma
martial.
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