HANZO THE RAZOR 3: LA CHAIR ET L'OR

Titre: Hanzo the Razor: Who's Got The Gold
ou:

Goyôkiba: Oni no Hanzô yawahada koban

Réalisateur: Yoshio Inoue
Interprètes: Shintaro Katzu

 

Ko Nishimura
Mako Midori
Mikio Narita
Daigo Kusano
 
Année: 1974
Genre: Jidai Geki / Chambarra / Erotique
Pays: Japon
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite: Hanzo the Razor 3: La Chair et l'Or

60%

Résumé:

L'inspecteur Itami "the Razor" Hanso enquête sur une étrange histoire impliquant un fantôme, de l'or volé, des dignitaires corrompus, etc. Heureusement, Hanzo, le sabre dans une main et la quequette dans l'autre, saura rendre justice!

Critique:

Hanzo the Razor, alias - selon moi - the "long dick of the law", revient pour conclure une trilogie de pure exploitation ne devant son statut soi-disant culte qu'à une petite poignée de scènes disparates.

Tout commence avec un faux fantômes, en fait une femme déguisée, que Hanzo décide de capturer (car "après tout une femme fantôme est d'abord une femme, donc elle mouille et je peux me la faire"!), mais - surprise - il s'agit d'un faux fantôme, laquelle fait bouh houh au bord d'un lac afin d'effrayer les pécheurs. Tout ça pour camoufler un louche trafic d'or, bien entendu. Hanzo ne tarde pas à prendre la demoiselle dans son filet (au sens propre) et à l'empaler sur son énorme kiki, menant rapidement la jeune femme au plaisir. Dès lors, elle est prête à tout pour que l'inspecteur Hanzo continue de lui enfoncer son gros gourdin. Mais, malheureusement, à l'entrée du paradis, la belle se prend un couteau dans le dos, laissant Hanzo perplexe alors qu'il doit enquêter sur une sombre affaire de corruption.

A partir de là, l'intrigue se disperse, entre le vol de l'or du Shogun, le meurtre d'un ami d'enfance de Hanzo assassiné pour une lance de grande valeur et un hors la loi agonisant décidé à prouver aux autorités la puissance des canons occidentaux.

HANZO THE RAZOR 3 s'éloigne de l'aspect outrancier développé par le précédent film. A la place, on découvre une très classique intrigue policière en costume, uniquement ponctuée de quelques gags récurrents. Les séquences d'entraînement de Hanzo sont reprises à l'identique: il se frappe la zigounette avec un bâton, verse de l'eau dessus et défonce des sacs de riz. De même, la technique du "filet" provient en droite ligne du second film et n'apporte rien de bien neuf. Le cinéaste ne semble pas vraiment intéresser par cet aspect campy, excessif et rigolard. Malgré quelques gags, un peu de sexe déviant et une pointe de violence, ce troisième volet apparaît franchement sage et donc pas vraiment palpitant. L'intrigue ne tient pas vraiment la route et l'énigme policière apparaît définitivement comme un simple prétexte, tant Hanzo se contente d'aller et venir avant que la solution ne lui tombe, toute cuite, dans les mains.

Peu convaincu, Shintaro Katsu se ballade donc au milieu des autres acteurs, sans que nul ne semble vraiment intéressé par le film. Sans doute le métrage a-t-il été entrepris dans un but purement mercantile. En tout cas la formule a ici clairement atteint ses limites et Hanzo, sans doute trop caricatural, disparut ensuite des écrans.

On retient quand même quelques passages amusants, si pas mémorables, comme cette séduction d'une femme par Hanzo alors qu'elle écoute son maître de koto (heureusement l'homme est aveugle et il se trouve flatté par les langoureux "encore" et autre "continue" de son auditrice privilégiée occupée à subir les assauts de notre policier bien membré). Le final, avec son tir de canon très BD, peut également amuser les plus indulgents.

Au final, ce HANZO 3 se suit sans trop d'ennui, même si il ne vole décidément pas très haut. L'ensemble offre un spectacle assez idiot mais relativement sympathique malgré un évident bâclage à de nombreux niveau. Son côté plus sérieux et moins porté vers la simple exploitation pourra en charmer certains mais risque surtout de décevoir les fans du personnage, ici présenté de manière plus positive.

Moins misogyne, cruel et justicier que dans l'épisode numéro 2, Hanzo apparaît comme un samouraï humain, délesté de ses oripeaux les plus bis. Triste!

Même si tout n'est pas noir, HANZO 3 peine donc à convaincre. Sa durée réduite (à peine une heure et vint minutes) aide à digérer la pilule mais le tout s'oublie sitôt le générique terminée. A voir une fois, à la rigueur, et puis c'est tout! On est loin du film culte annoncé pompeusement!