HANZO THE RAZOR 2: L'ENFER DES SUPPLICES

Titre: Hanzo the Razor: The Snare
ou:  
Réalisateur: Yasuzo Masumura
Interprètes: Shintaro Katzu

 

Toshio Kuosawa
Ko Nishimura
Kei Sato
Kazuko Inano
 

 

Année: 1973
Genre: Jidai Geki / Chambarra / Erotique
Pays: Japon
Editeur Wild Side
Violence: * * *
Erotisme: * * *
Suite: Hanzo the Razor 3: La Chair et l'Or

65%

Résumé:

L'inspecteur Hanzo Itami, surnommé The Razor, enquête sur une affaire d'avortements clandestins. Ses investigations le mènent à un couvent dans lequel les religieuses sont abusées par de riches personnages.

Critique:

Hanzo The Razor est un personnage phare du cinéma bis nippon, incarné par Shintaro Katsu qui, bien sûr, en fait des tonnes. Son rôle est celui d'un inspecteur de police rebelle à tout forme d'autorité, prêt à tout pour que son enquête progresse. Ce "prêt à tout" se traduit généralement par le viol et la torture des suspectes, lesquelles en redemande d'ailleurs bien vite!

Ce second volet de la trilogie demeure le plus déjanté et cette outrance, ouvertement bis, ne peut que charmer les amateurs d'excès cinématographiques en tout genre. Le métrage use donc abondamment de deux arguments imparables: du sexe et de la violence.

Pour l'aspect érotique, HANZO THE RAZOR joue à la fois la carte du burlesque et celle du sado-maso bon enfant. Notre inspecteur a donc recours à des techniques d'entraînement spartiates pour garder intacte la vigueur de son instrument de travail favori, à savoir son "gros machin". Il faut voir le bonhomme se verser de l'eau sur la zigounette avant de la frapper à l'aide d'un morceau de bois pour ensuite défoncer des sacs de riz avec une belle énergie. Séquence complètement hallucinante de folie assumée qui, à elle seule, résume le film et en rend la vision indispensable!

Evidemment, si Hanzo prend autant soin de son engin ce n'est pas pour rien, c'est uniquement dans le but de servir la justice. Car notre homme, "the strong dick of the law" pourrait on dire, rencontre au cours de son enquête diverses demoiselles qui cachent des informations importantes. Après avoir essayé la torture traditionnelle (il broie les jambes d'une bonzesse à l'aide de grosse plaque de pierre), Hanzo nous permet d'assister au "supplice du filet": la religieuse, emprisonnée dans un filet, est placée - nue évidemment - au dessus du "gros machin" d'Hanzo. Ses assistants n'ont donc plus qu'à le faire aller et venir pour empaler la jeune femme sur le membre viril de notre zélé inspecteur. Alors que la scène - tout comme la demoiselle d'ailleurs - approche de sa conclusion, Hanzo interrompt ses mouvements et n'a plus qu'à attendre les aveux de la belle, laquelle aura ensuite le droit d'être "terminée" par le macho man ultime du cinéma nippon.

On le voit, HANZO THE RAZOR donne dans l'érotisme fantasmatique, très bande dessinée SM, qui suggère que, finalement, les longues séductions sont inutiles, autant passer directement au viol pur et simple, de toute manière, l'outragée ne tardera pas à apprécier et à en redemander. Et une petite fessée ou flagellation supplémentaire ne peut, d'ailleurs, pas faire de mal à ces chaudes trentenaires délaissées par leur mari parti batifoler avec leurs jeunes maîtresses.

Du côté de la violence, le spectateur a droit à des coups de sabre bien saignants et à une maison emplie de pièges mortels qui vont exterminer une bande mal intentionnée de manière fort sanglante. Nous ne sommes pas loin des grands jets écarlates des premiers BABY CART.

Cet épisode de HANZO THE RAZOR constitue donc un bon exemple de divertissement déjanté, un poil sadique et dégénéré sans doute mais jamais malsain de part son côté complètement bis, la minutieuse reconstitution d'époque voisinant avec une violence et une sensualité hors de propos mais réjouissantes, au son d'une musique funk rock carrément inappropriée, ou plutôt décalée, qui saura charmer un public avide de spectacle "autre".

Bien filmé, interprété avec une conviction inébranlable (contrairement à Hanzo, donc!) mais également avec une belle dose de cabotinage en roue libre, HANZO THE RAZOR 2 déroule un scénario simpliste mais pas plus mauvais qu'un autre, permettant de donner au public ce qu'il est venu chercher: sa ration de sexe, de sang et d'humour.

Nous sommes loin du chef d'œuvre mais le tout se laisse voir et constitue un peu plus qu'une simple curiosité datée.