GUINEA PIG 2: FLOWERS OF FLESH AND BLOOD

Titre:

Za Ginipiggu 2: Chiniku No Hana

ou: Guinea Pig
Réalisateur: Hideshi Hino
Interprètes: Kirara Yugao

 

 
 
 
 
 
 
Année: 1985
Genre: Hard gore pseudo snuff
Pays: Japon
Editeur Neo Publishing
Violence: * * * * * (au moins!!!)
Erotisme: * *
Suite: Guinea Pig - Mermaid inside the Manhole

75%

Résumé:

Un homme capture une jeune femme et la torture jusqu'à la mort

Critique:

Guinea Pig 2 constitue sans doute une sorte de passage à la limite du cinéma gore. Où du moins d'une certaine conception du gore, puisque nous sommes ici fort éloigné de la gaudriole et du grand guignol jubilatoire associé à des films comme, par exemple, Re-Animator ou Bad Taste. Non, le gore de Guinea Pig 2 se montre totalement sérieux et sans le moindre humour. On ne peut le rapprocher, et encore très lointainement, que de certains œuvres comme Maniac, Massacre à la Tronçonneuse, Driller Killer ou Cannibal Holocaust. Il inspira, ensuite, d'autres extêmistes cinématographiques, comme I Piss on Your Grave ou surtout August Underground.

Guinea Pig (surtout le 2) devint célèbre suite à une enquête du FBI lancée par un Charlie Sheen horrifié persuadé d'avoir découvert un snuff movie. La polémique refit surface en 1992 lorsque la police anglaise arrêta un jeune homme de 26 ans ayant Guinea Pig 2 (décrit au tribunal comme un "Thoroughly revolting piece of film") en sa possession, ainsi que plusieurs mondo movies, conduisant à une amende de 600 livres sterling. A cette époque, le fait d'avoir Guinea Pig chez soi, que ce soit en Angleterre ou en Amérique, pouvait entrainer sa confiscation, une amende et même un emprisonnement ("this is a verious serious matter which would normally attract a sentence of imprisonment").

Le métrage, d'une durée de près de 45 minutes, se passe pratiquement de scénario. La trame générale réside dans la capture d'une jeune fille par un maniaque. Celui-ci la drogue, la ligote sur un lit et la démembre, ponctuant le carnage de considérations vaguement poétiques sur "les fleurs de chair et de sang" destinées à éclore sur la peau de la malheureuse victime. C'est tout!

La fille est muette, le sadique (habillé comme un samourai) s'adresse à la caméra. La musique est quasi absente, laissant la part belle aux bruitages écoeurants. Techniquement, le métrage se permet quelques coquetteries: changements d'angles de prises de vue variés, ralentis, élipses (on ne verra pas l'amputation de la seconde jambe) et insistance. Pas de quoi révéler un génie du cinéma mais suffisamment éloquent pour immédiatement dissipé toutes les rumeurs voulant que le métrage soit un authentique snuff movie. L'enquête du FBI sur la question parait donc hors de propos, puisque le film possède, en outre, un texte d'introduction avouant la reconstitution, sans oublier un générique de fin.

Les effets de maquillages sont néanmoins prodigieux, en particulier cette main tranchée dont les doigts se contractent sur le poignet du tortionnaire. Car, le tueur s'y prend lentement, appliquant jusqu'à l'absurde le fameux principe cher à Alfred Hitchcock ("tuer quelqu'un est très long, très pénible et très douloureux"). Les deux mains sont sectionnées, puis les bras à hauteur des épaules, puis les jambes. Après que la victime ait été éventrée, le maniaque la décapite et lui ôte les yeux des orbites à la petite cuillère. Pour finir, il présente sa collection de membres amputés et de cadavres mis en pièce.

Guinea Pig fut parfois qualifié de Violent Pornography et il est vrai que nous sommes un peu dans le même domaine que du porno hard-crad: une narration sommaire, un script réduit à sa plus élementaire expression et un seul focus: une séquence choc étalée sur toute la durée du métrage. Le spectacle n'est jamais plaisant à regarder et constitue finalement une expérience limite dans laquelle on n'est pas certain de vouloir se plonger une seconde fois, au risque de passer pour le dernier des malades mentals.

[Les citations en anglais sont tirées de l'excellent ouvrage Killing For Culture de David Kerekes et David Slater, Creation Books, 1993)