GOODBYE BRUCE LEE: HIS LAST GAME OF DEATH

Titre: Goodbye Bruce Lee - His Last Game of Death
ou: The New Game of Death
Réalisateur: Lin Pin & Harold B. Shwarz
Interprètes: Bruce Li

 

Lung Fei
Wong Ging Ping
Ron Brown
Big Jonny Floyd
Lee Keung
Kareen Abdoul-Jabbar (US version only)
Année: 1975
Genre: kung fu / bruceploitation
Pays: Taiwan / Allemagne
Editeur Arrow
Violence: * *
Erotisme: *
Suite:  

55 %

Résumé:

'Lee' est chargé de terminer le grand oeuvre inachevé de Bruce Lee: "Game of Death". Il est emmené dans un cinéma et assiste à la projection d'un film au sujet d'un traffic d'argent. 'Bruce Lee' voit ensuite sa copine kidnappée et, pour la sauver, il doit combattre les sept meilleurs combattants du monde dans la Tour de la Mort.

Critique:

Goodbye Bruce Lee est la première imitation du Jeu de la Mort, alors que ce dernier n'existait pas encore en tant que film (si tant est qu'on puisse appeler ainsi le patchwork grotesque compilé par Robert Clouse). Il s'agit d'une production germano-Taiwanese (!) dans laquelle nous retrouvons le plus célèbres des imitateurs du Petit Dragon, Ho Chung Tao, alias Lee Roy Lung, alias Bruce Li. Ce dernier partage la vedette avec le vétéran Lung Fei, spécialiste des rôles de méchants.

Il est probable que les producteurs de cette mascarade ont eu accès d'une manière ou d'une autre aux véritables séquences tournées par Bruce Lee. Ils décidèrent donc de les décalquer au travers d'une intrigue prétexte.

Le générique débute par de nombreuses couvertures de magazines présentant le Petit Dragon en pleine gloire. Le morceau musical utilisé pour l'illustrer est un titre disco-funk très kitsch mais assez irrésistible chanté par un certain Candy: King of Kung Fu ('He's the King of Kung Fu / Let 'em show what he can do'). Après quelques démonstrations martiales devant sa copine, 'Lee' est attaqué par une demi-douzaine de méchants. Evidemment il se défend et envoie ses adversaires au tapis de manière rapide et brutale. Pas de fioritures ni de chorégraphies élaborées, juste des mouvements efficaces mais exécutés contre des combattants peu impliqués qui semblent n'être que des sparring-partners pour Ho Chung Tao.

Mais tout ça n'est qu'un film! Notre ami 'Lee' a été choisi par de rusés producteurs pour reprendre le rôle de Bruce Lee dans son film inachevé: Game of Death. Et il est alors emmené dans une salle de cinéma privée pour assister à la projection de ce métrage. Lequel débute…ainsi que ce Goodbye Bruce Lee proprement dit puisque tout le reste du film est constitué par les images de ce soi-disant Game of Death inachevé.

Nous avons donc un Chinois en train de fuir on ne sait trop qui ou quoi. Il porte un paquet et se fait agresser par un voyou décidé à le voler. Le Chinois refuse de donner le mystérieux paquet précité et le voleur le poignarde. Mais 'Lee' (qui porte alors le costume blanc de Bruce Lee dans La Fureur de Vaincre) passe par là et défait le meurtrier, avant de récupérer le colis, lequel contient en fait de l'argent dérobé à la mafia. Mais apparemment tout cela n'est qu'une mise en scène afin d'utiliser 'Lee' comme passeur.

A partir de là il faut avouer que le scénario devient confus et pratiquement incompréhensible dans son développement: même si la trame directrice est simpliste, les actions des différents protagonistes et les retournements de situations semblent aberrants. 'Lee' affronte donc quelques méchants, dont un basketteur noir géant (ça ne vous rappelle rien?) nommé Big Jonny Floyd.

Le tout n'est guère passionnant: les combats ne volent pas très haut et les dialogues inutiles sont pesants et sans beaucoup d'intérêt. La mafia kidnappe finalement la petite amie de 'Lee' et lui donne rendez-vous à la (roulement de tambour!) Tower of Death! Notre héros, qui porte à présent la célèbre combinaison de training jaune, arrive dans la pagode où il est soumis à un odieux chantage dont l'intérêt n'est toujours pas démontré: atteindre le sommet de la tour, dont chaque étage est défendu par un expert en arts martial, afin de sauver sa copine détenue au sommet.

Les méchants se suivent donc durant une petite demi-heure: deux kung fu fighters, un samouraï, un karatéka muni d'un bâton, un boxeur noir, un lutteur / catcheur bestial, un spécialiste du nunchaku et un expert dans le maniement du fouet, l'inévitable Lung Fei. Le problème est que le budget est misérable: alors que la pagode est impressionnante de l'extérieur, il est difficile d'en dire autant de son intérieur: une pièce (sans doute unique) vide, avec juste un escalier et une "fenêtre" donnant sur un décor peint assez ridicule.

Les combats ne sont pas très bien filmés ni chorégraphiés mais 'Lee' (ce bon vieux Bruce Li) assure plutôt bien le boulot en imitant le Petit Dragon de manière éhontée (et je me gratte le nez, et je grimace, et je pousse le cri qui tue, etc.). Il possède quand même de belles dispositions martiales et seules la médiocrité de ses adversaires empêche cette succession de combats d'être véritablement passionnante. Ainsi le boxeur noir du niveau 5 reste en garde sans grande conviction et supplie 'Lee' de ne plus lui faire mal après avoir reçu deux ou trois coups de pieds! Pour un des sept plus grands combattants du monde ça ne fait pas très sérieux!

Après une heure et quinze minutes, le métrage montré à 'Lee' dans le cinéma est terminé (rappelez vous que tout ce qu'on nous montre depuis plus d'une heure est supposé être le métrage inachevé de Bruce Lee!) mais Goodbye Bruce Lee l'est également. Nous ne revoyons même pas 'Lee' donner sa réponse aux producteurs du début, un début qui ne paraît que plus inutile. Il fallait sans doute atteindre la durée réglementaire et comme l'ensemble est déjà bien court, cet ajout semblait adéquat.

En résumé, ce Goodbye Bruce Lee s'apparente à un divertissement tout juste passable. Les fans de bruceploitation et de "gamexploitation" devraient néanmoins s'amuser à suivre ce décalque hélas bien pauvre à tous niveaux.

Heureusement, le tout est très court et la dernière demi-heure s'avère assez agréable à regarder. Nettement plus fréquentable que le True Game of Death, le métrage est pourtant inférieur à Enter The Game of Death et à Tower of Death, les deux autres imitations répertoriées du G.O.D. inachevé. Pour les curieux, donc!

Le DVD de Arrow est un zone2 en anglais (avec s/t néerlandais optionnels) tout à fait correct. Pour un prix dérisoire nous avons le métrage en scope avec une image de bonne qualité et une piste son acceptable. Le tout est accompagné d'une bande annonce, d'une petite bio de Bruce Li (et d'une filmo).

La version proposée n'inclut pas la présentation de Kareen Abdoul Jabbar (présent dans un remontage américain) même si son nom figure sur la jaquete.