GONG TAU

Titre: Gong Tau - An Oriental Black Magic
ou:  
Réalisateur: Herman Yau
Interprètes: Mark Cheng

 

Lam Suet
Maggie Siu
Kenny Wong
 
 
 
Année: 2007
Genre: Horreur / CatégorieIII
Pays: Hong Kong
Editeur  
Violence: * * * *
Erotisme: * * *
Suite:  

75 %

Résumé:

Un policier nommé Rockman va se trouver confronter, au cours d’une enquête, au pouvoir de la magie noire. Aidé par un de ses collègues Rockman remonte alors la piste afin d’éclaircir les raisons de la malédiction qui semble s’acharner sur lui et les siens.

Critique:

GONG TAU (« magie noire ») est un film très inégal mais qui en donne pour son argent au spectateur. Le nom de Herman Yau ne sera pas étranger aux habitués de bizarreries asiatiques puisqu’il a signé, dans les années 90, quelques productions de CatégorieIII extrêmes et réputées comme UNTOLD STORY ou l’insurpassable EBOLA SYNDROME.

Après avoir exploré d’autres horizons durant une dizaine d’années, Herman Yau a finalement décidé de revenir au genre qui fit sa gloire en mettant en scène une nouvelle « CatIII » bien gouleyante. Sans vouloir surenchérir avec les titres précités (les temps ont de toutes manières bien changés pour le cinéma de Hong Kong), le cinéaste nous offre un thriller horrifique parsemé de scènes chocs. Malheureusement le scénario est très mince et se contente de décalquer les grands classiques de l'horreur made in Shaw Brothers (BEWITCHED et BLACK MAGIC en tête).

Pas vraiment originale cette intrigue qui reprend les grandes lignes du BLACK MAGIC de Ho Meng Hua (dont le titre hongkongais était d’ailleurs « Gong Tau » !), datant du milieu des années 70, pour en proposer une version actualisée. Nous retrouvons donc les inévitables mixtures peu ragoutantes à base de brouet infâme et de tatouilles mêlant sperme, sang, tripailles et autres bestioles rampantes comme les mille-pattes. Herman Yau étant rodé aux techniques de l’exploitation il étale également une bonne dose d’érotisme en prouvant à ceux qui en doutaient encore que les Thaïlandaises sont décidément chaudes comme la braise.

Le gore se montre pour sa part plutôt présent mais se concentre essentiellement dans les premières minutes (un bébé placé sur une table d’autopsie dont les blessures grouillent d’asticots !) et lors d’un final assez gratiné. Notons aussi la présence d’une tête tranchée volante pour ajouter un soupçon de délire bis à un programme déjà bien corsé. GONG TAU ne fait donc pas dans la dentelle mais ses nombreux excès s’avèrent, au second degré, souvent plus humoristiques que franchement répugnants.

Niveau casting on note le rôle principal attribué à Mark Cheng, vétéran du cinéma hongkongais vu aussi bien dans l’exploitation (RAPED BY AN ANGEL, CHINESE TORTURE CHAMBER STORY 2,…) que dans les productions plus renommées (ELECTION 2, INVISIBLE TARGET) ou même dans les grosses machines américaines comme WAR. A ses côtés le très reconnaissable et typé Lam Suet, présent dans quasiment tous les films de Johnny To et de sa MilkyWay, toujours aussi convaincant. Enfin Maggie Siu, une actrice ayant 20 ans d’expérience sans être une véritable star, complète la distribution en incarnant de manière crédible la pauvre épouse victime des pires envoutements de la magie noire orientale.

Techniquement GONG TAU se révèle soigné et joliment photographié, avec une belle image et une mise en scène étudiée, tranchant résolument sur l’esthétique à l’emporte pièce de la décennie précédente. Les effets spéciaux, eux, ne sont pas pleinement réussis mais Hong Kong n’a jamais été réputé pour la qualité de ses trucages. Avec un peu de bonne volonté on peut néanmoins se laisser prendre au jeu des maquillages à l’ancienne qui sentent bon le latex et le sirop de grenadine. En dépit d'un scénario inexistant l'ensemble fonctionne donc étonnamment bien et se révèle très divertissant.

Quelques scènes déjantées, un peu de trash, de la nudité et du gore sauront satisfaire les amateurs qui passeront probablement un bon moment devant cette série B bien sympathique. GONG TAU doit néanmoins se voir, de préférence, sur un grand écran au milieu d’une meute de passionnés prêt à applaudir au moindre "plan nichon" ou à chaque scène gore. C’est là qu’il trouve sa véritable dimension.